Un pays qui se tient sage

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 27 août 2021

SUCCINCTEMENT.
Auscultation de la relation conflictuelle entre police et manifestants dans la France contemporaine.

| CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Dans une rue du quartier des Champs-Élysées à Paris, des policiers à moto ont des problèmes pour démarrer un de leurs véhicules. Les manifestants se rapprochent puis reculent devant la réaction d’autres représentants des forces de l’ordre. Commentant cette séquence, un sociologue la décrit comme un affrontement ritualisé marqué par le flux et le reflux.

La séquence montrée sur un grand écran a été captée par un téléphone cellulaire durant cette soirée de la période du mouvement des Gilets jaunes entre 2018 et 2020. Le journaliste David Dufresne, qui avait relayé sur son compte Twitter Allo Place Beauvau (adresse du ministère de l’Intérieur) de nombreuses vidéos de ce type, les réemploie dans un grand format qui leur redonne leur acuité spécialement pour les spectateurs étrangers n’ayant pas suivi au jour le jour ces événements.

Dialogues percutants entre mots et images

Un affrontement ritualisé marqué par le flux et le reflux.

Le fond de la salle de projection est sombre, les intervenants un peu éclairés par l’écran lorsqu’ils scrutent des moments les concernant ou avec lesquels ils ont un lien plus ou moins distant. Des dialogues, échanges plus ou moins courtois quelquefois acerbes, s’en suivent. Des spécialistes dont le sociologue Fabien Jobard évoqué plus haut sont également mis à contribution. Une histoire de la relation entre force publique et manifestants se construit ainsi montrant les avancées et les reculs depuis l’Ancien Régime.

La militarisation des moyens employés là, comme ailleurs par exemple aux États-Unis, surprend. Certaines déclarations du président Macron ou d’autres dirigeants français servent aussi à cautionner plutôt qu’à baliser, semble-t-il, ces actions de policiers employant une force qui est disproportionnée d’après ces images et les commentaires même de dirigeants de leurs syndicats.

La parole référencée et l’argumentaire répondent ainsi à ces images de blessures graves, ajoutant témoignages de la vie ardue à ce rappel par une grande professeure de droit de la pertinence de l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. David Dufresne a ainsi accompli œuvre nécessaire en auscultant le sens de la formule de la violence légitime de l’État dans un contexte qui pourrait se reproduire dans d’autres sociétés dites policées.

Une histoire de la relation entre force publique et manifestants se construit ainsi montrant les avancées et les reculs depuis l’Ancien Régime.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
David Dufresne

Scénario
David Dufresne

Direction photo
Edmond Carrère

Montage
Florent Mangeot

Son
Théo Serror

Genre(s)
Documentaire

Origine(s)
France

Année : 2020 – Durée : 1 h 29 min

Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
The Monopoly of Violence

Dist. [ Contact ]
Maison 4 :3

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Apatrides

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 20 août 2021

SUCCINCTEMENT.
En République dominicaine, depuis 2013, la citoyenneté de quelque 200 000 Dominicains d’ascendance haïtienne a été révoquée par décision de la cour constitutionnelle, créant ainsi un peuple apatride.

| Le Film 
de la semaine.

| CRITIQUE.

★★★★

texte
Élie Castiel

Sans lieu ni loi

            Présents dans un territoire précis, mais sans être dans leur plénitude, pourtant nés là et en principe, intégrés, assumant leur identité nationale sans reconnaissance aucune des insulaires, parlant la langue de la majorité; dans ce cas, l’espagnol, comme on le parle un peu à Cuba, territoire pas si éloigné. Un film-choc, notamment dû à son propos : le racisme. Rien de neuf dans la planète-cinéma, mais entre les mains de Michèle Stephenson, un cri de cœur, une thèse à défendre, non pas démonstrative, mais baignée par l’émotion que peuvent procurer des images conceptuelles, celle que peut créer le cinéma, par les paroles simples qui peuvent émaner d’un personnage-clé, des mots interventionnistes, éclairés, allant droit au but, ne reculant devant rien pour délégitimer l’injustice sociale et, par défaut, ou mieux dit, extension, la parole politique.Suite

Envole-moi

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 20 août 2021

SUCCINCTEMENT.
Pour éviter de se faire couper les vivres, Thomas doit accompagner Marcus, un jeune garçon de 12 ans toujours souffrant en raison de son diabète et d’une malformation cardiaque incurable, dans ses activités quotidiennes.

| CRITIQUE.

★★ ½

texte
Élie Castiel

            Christophe Baratier, c’est le réalisateur des bons sentiments à la française. C’est soumettre les spectateurs à une surenchère d’émotion, certes bien orchestrée et menée tambour battant par des comédiens compétents, investis dans leurs rôles auxquels ils croient mordicus, conscients que leurs performances atteindre le plus grand nombre d’adhérents, mais c’est sans doute un peu trop.

Sur ce point, un certain cinéma grand public hexagonal continue son petit bonhomme de chemin sans rénover le genre. Nakache et Toledano avaient épater la galerie avec Intouchables, où un déclassé social  avait pour mission de s’occuper d’un paraplégique. Deux classes sociales. Mais là où le duo de cinéastes arrivait à éviter l’émotion gratuite, préférant opter pour la subtilité, quoique parfois mise à rude épreuve, Baratier, lui est sans doute un peu trop conscient que sa proposition va culminer en « feel-good movie ». Nos recherches indiquent que ces messieurs-dames de l’Office québécois de la langue française proposent comme traduction « film pur bonheur ».Suite

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