No Ordinary Man

PRIMEUR
Sortie
Vendredi 02 avril 2021

SUCCINCTEMENT
Dans les années 1930, Billy Tipton amorce sa carrière de musicien de jazz. À son décès en 1989, sa transidentité cachée est révélée au grand jour.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Regards multiples

Dans une ville américaine, loin de la plupart des grands centres, un homme d’une quarantaine d’années se pose des questions sur la vie secrète de son père qu’il découvrit trop tard.

Le musicien de jazz Billy Tipton, né en 1914, a vécu sous les projecteurs durant les années 30 à 50 puis à l’écart des foules comme agent après avoir enregistré quelques disques. La révélation à sa mort en 1989 qu’il était une femme a créé tout un émoi dont se sont emparés les médias sérieux ou plus avides de potins.

Une histoire en perpétuelle réécriture.

La caméra de Léna Mill-Reuillard est plus empathique dans les séquences à Spokane avec Bill Tipton Jr. qui découvre bien tard l’impact que la vie remarquable de son père a encore aujourd’hui comme chaînon hier décrié d’une histoire en perpétuelle réécriture.

À l’occasion du trentième anniversaire de ce décès, les réalisateurs canadiens Aisling Chin-Yee et Chase Joynt revisitent cette existence et l’impact qu’elle a eue en faisant appel à deux types d’intervenants. Tout d’abord, des séances d’auditions dans lesquelles des acteurs trans plus ou moins connus (dont Scott Turner Schofield, personnage majeur dans The Conductor) jouent des scènes possibles de la vie et en donnent des éléments d’interprétations souvent incisifs. Le dispositif de tournage est évident par la présence à la caméra des coréalisateurs et du scénariste Amos Mac qui y interviennent de différentes façons.

Dans un décor de club évoquant ceux que Tipton a fréquentés comme artiste et consommateur, des universitaires, scénaristes et producteurs aussi trans déconstruisent les discours anciens en rajoutant d’autres informations et réagissant entre autres fortement à la biographie Suits Me: The Double Life of Billy Tipton de la professeure Diane Middlebrook. La mise en scène théâtralise quelque peu ces entrevues ce qui en dynamise la réception. La caméra de Léna Mill-Reuillard est plus empathique dans les séquences à Spokane avec Bill Tipton Jr. qui découvre bien tard l’impact que la vie remarquable de son père a encore aujourd’hui comme chaînon hier décrié d’une histoire en perpétuelle réécriture.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Chase Joynt

Aisling Chin-Yee

Scénario
Aisling Chin-Yee
Amos Mac

Direction photo: Léna Mill-Reuillard

Montage : Aisling Chin-Yee

Musique
Richard Aucoin

Billy Tipton

Une mise en abyme : face aux candidats pour le rôle de Bill Tipton

Genre(s)
Documentaire

Origine(s) : Canada [ Québec]

Année : 2020 – Durée : 1 h 20 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

Un vrai gentleman

Dist. [ Contact ] @
Les Films du 3 mars

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma du Musée
[ Cinémathèque québécoise ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

One

PRIMEUR
Sortie
Vendredi 02 avril 2021

SUCCINCTEMENT
Élu ministre en chef, Kadakkal Chandran réalise l’importance de ses nouvelles responsabilités.

SANS
COMMENTAIRES.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Santhosh Viswanath

Scénario : Santhosh Viswanath

Images : Vaidy Somasundaran

Montage : Nishad Yousef

Musique : Gopi Sundar

Genre(s)
Drame
Thriller

Origine(s) : Inde

Année : 2021 – Durée : 2 h 31 min

Langue(s)
V.o. : malayālam; s.-t.a.

The One
Onn
Ek

Dist. [ Contact ] @
Imtiaz Mastan

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cineplex

 

Quo Vadis, Aida?

PRIMEUR
Sortie
Vendredi 02 avril 2021

SUCCINCTEMENT
Srebrenica, juillet 1995. Modeste professeure d’anglais, Aida vient d’être réquisitionnée comme interprète auprès des Casques Bleus, stationnés aux abords de la ville.

CRITIQUE.

★★★★

texte
Élie Castiel

Bosnie-Herzégovine

… mon amour

En 2006, Sarajevo, mon amour (Grbavica), nous laissait une impression d’accomplissement dans la mise en scène de  Jasmila Žbanić, cinéaste bosniaque que nous découvrions par la même occasion.

Retour quinze années plus tard à Srebrenica pour parler du conflit en Bosnie-Herzégovine, commencé en 1992, pour se terminer en 1995. Les Chrétiens, les Musulmans. Un conflit entre deux peuples, mais bien plus entre deux religions, entre deux croyances. Et une femme, une battante, qui tente d’épargner la vie de son mari et de ses deux fils. Égoïsme sans doute, surtout quand des jeunes enfants sont impliqués.

Drame de guerre, drame intime, condamnation des conflits armés, d’une certaine dictature militaire, mais en même temps, l’obéissance à des lois qui mettent l’humain littéralement en danger de mort, au nom des codes, des lois et des comportements de toutes armées du monde.

Une chose est certaine, Jasmila Žbanić demeure éperdument amoureuse de son pays. Et la religion n’a rien à avoir avec cette excitation de plénitude identitaire.

Les forces de l’ONU sont ici réprimandées, remises en question devant un conflit ignoré du monde, du moins par la majorité. Et qui a dit que les guerres n’existent plus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L’humain finit par se résoudre à la dictature du destin.

Conflits périphériques un peu partout à travers le monde. Qu’il s’agisse de l’Afrique, du Moyen-Orient ou encore du conflit bosniaque. La mise en scène de Žbanić favorise les moments forts, non pas par pur exhibitionnisme graphique, mais pour alerter, mettant en évidence une certaine façon de faire dans les cinémas des Balkans. Les mouvements de foules, magistralement maîtrisés donnent au film cette sensation d’invasion où l’humain doit se résoudre à la dictature du destin.

Et pourtant, une tentative, chez tous ces oubliés de la terre, de sauver sa peau, au nom de la survie, comme une victoire face à l’ennemi. Kusturica n’est pas loin, mais dans un esprit plus dramatique, la cinéaste demeurant constamment en proie à son sujet.

Un contraste entre la clarté du jour et les drames quotidiens nous rappellent jusqu’à quel point les conflits armées et les invasions barbares ne reculent devant rien pour assiéger. Comme cette scène où les « hommes » adultes, seulement les hommes sont rassemblés dans une sorte de hangar. Et puis… Image bouleversante, obscène, dérangeante, qui nous ne cesse de nous importuner, nous hanter, éveillant en nous les plus intimes sensations face à la mort, à la brutalité et à l’indifférence.

Et à la fin, une libération de l’esprit, une résilience face à l’ancien ennemi. Réapprendre à vivre en revenant à une vie antérieure : enseigner aux jeunes enfants. Bouleversant, d’une tristesse infinie. Le titre, en latin, interroge sans cesse cette héroïne qui ne se résout pas à la fatalité.

Une chose est certaine, Jasmila Žbanić demeure éperdument amoureuse de son pays. Et la religion n’a rien à avoir avec cette excitation de plénitude identitaire.

 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jasmila Žbenić

Scénario : Jasmila Žbenić

Images : Christine A. Meier

Montage : Jaroslaw Kaminski

Musique : Antoni Lazarkiewicz

Jasmila Žbenić en tournage.

Genre(s)
Drame de guerre

Origine(s)
Bosnie-Herzégovine / Autriche
Roumanie / Pays-Bas
Allemagne / Pologne
France / Norvège
Turquie

Année : 2020 – Durée : 1 h 44 min

Langue(s)
V.o. : multilingue; s.-t.a.

Where Are You, Aida?

Dist. [ Contact ] @
Entract Films

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

En salle(s) @
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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