Nirvanna the Band the Show the Movie

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Deux artistes tentent divers moyens pour se faire connaître.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

 

Sur le trottoir d’une rue passante de la métropole canadienne, deux hommes dans la quarantaine remarquent une version plus jeune de leurs personnes devant une salle de spectacles. Ils font tout pour les éviter.

 

Effets papillon torontois

 

Le scénario de Matt Johnson, Jay McCaroll et Jared Raab est construit dans un jeu sur l’espace-temps dont le titre complet du film indique les étapes. Le film tourné avec de plus gros moyens en été 2023 contient des séquences pour une web série de 2008 devenue un série télé de 2017 ayant connu un certain succès. Ces itérations mettaient en vedette toujours les mêmes protagonistes, aux prénoms identiques à ceux des concepteurs, qui sont membres du duo inconnu Nirvanna qui tentait par divers moyens de se produire dans la salle indiquée au début.

Une sorte d’autodérision par le biais de l’humour.

Leurs essais étaient infructueux et de plus en plus échevelés portés par l’imagination trop fertile de l’extra-volubile Matt, interprété avec un allant pas toujours contagieux par le réalisateur. Le pianiste et compositeur Jack essaye de tempérer ces élucubrations mais y participe habituellement avec une réticence certaine. La dernière cascade publicitaire qui ouvre le film est très dangereuse. La caméra cachée du directeur photo complice Jared Raab capte  des scènes qui oscillent entre le documentaire et une prise de tels risques qui incite à se demander à plusieurs reprises quel accord il y a avec les autorités compétentes alors que les événements déboulent.

La satire du milieu du spectacle contient quelques pointes acérées et l’ensemble est animé d’une telle bonhomie que le périple, avec ses fréquents passages de l’autre côté du miroir du temps, réussit à créer au moins quelques sourires et peut-être plus.

Un hommage sérieux et répété à Back to the Future, épicé de références canadiennes, prend alors son envol pour le retour en 2008 qui provoque quelques effets papillon et d’autres séquences dans lesquels les passants sont mis à contribution dans ce documenteur. La satire du milieu du spectacle contient quelques pointes acérées et l’ensemble est animé d’une telle bonhomie que le périple, avec ses fréquents passages de l’autre côté du miroir du temps, réussit à créer au moins quelques sourires et peut-être plus. Le cinéaste Johnson, après Blackberry, démontre encore une fois une autre manière efficace d’ironiser sur la culture canadienne.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Matt Johnson

Scénario : Matt Johnson, Jay McCarrol; d’après leur télésérie. Direction photo : Jared Raab. Montage : Curt Lobb, Robert Lipchurch. Musique : Jay McCarrol.

Genre(s)
Comédie fantaisiste
Origine(s)
Canada
Année : 2025 – Durée : 1 h 39 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f. & Version française
Nirvanna le band le show le film

Matt Johnson

Dist.
Entract Films
Contact & Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

O’ Romeo

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans le Mumbai de l’après-Indépendance, alors que la ville se transforme, le crime organisé émerge dans l’ombre.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Vishal Bhardwaj

Genre(s)
Action
Origine(s)
Inde
Année : 2026 – Durée : 2 h 58 min
Langue(s)
V.o. : hindi, s.-t.a.
O’Romeō

Vishal Bhardwaj

Dist.
Imtiaz Mastan
Contact & Prod.
[ T-Series Films ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Pillion

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Colin, un jeune homme introverti, rencontre Ray, le séduisant et charismatique leader d’un club de motards. Ray l’introduit dans sa communauté et fait de lui son soumis.

Le FILM
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★

 

Jeux interdits

 

Il m’a bien fallu quelques jours de réflexion avant de porter mes doigts sur le clavier et commencer à rédiger ce texte. Tant par la teneur du film, des scènes jamais vues au cinéma et un traitement d’une brutale autorité, comme si le jeune réalisateur britannique menait une sorte de règlement de compte envers un cinéma trop conservateur, ou encore lui-même subjugué par un profond désir de déconstruire ces vidéos associés à l’industrie porn. Allez savoir pourquoi !

Toujours est-il que ce premier long métrage de Harry Lighton est marqué du signe de la totale liberté, ce à quoi rêvent tous les cinéastes, sans contrainte, sans censure. Rien n’est laissé au hasard. L’homosexualité de Colin (jeu très habité de Harry Melling qui était dans les Harry Potter) bien que problématique (sa timidité, son esprit de soumission) et qui à la toute fin, produit un effet d’une force aussi poétique que joyeusement transgressive, demeure une des forces majeures magnifiquement exprimée de ce long métrage ouvertement sulfureux.

Le rapport amoureux est-il possible dans une relation de dominant/dominé ? Quels sont les enjeux qui s’imposent ? Et la vie de tous les jours en dehors des rapports dits « interdits ». Comme la relation entre Colin et ses parents, qui paraissent plus ouverts que lui et lui donnent même des conseils sur comment entretenir une relation amoureuse stable avec un homme. Sauf qu’à un moment…

C’est dans ces rapports de force, dans ces moments inattendus qui éclatent au grand jour que Pillion, qui indique le siège-arrière dans une moto, titre aussi emblématique que sujet à plusieurs surfaces, organise son modus operandi et donne du fil à retordre à la plupart des spectateurs et des critiques qui ne l’auront pas compris.

Une autre façon d’aimer, autant que ça dure.

Pillion est un projet, une proposition, un premier long qui indigne, exaspère, mais dans le même temps alimente certains fantasmes enfouis. Ces fantasmes existent aussi dans la communauté hétéro, mais le fait qu’il s’agisse, ici, d’un regard LGBTQ sur la question, souligne le caractère scandaleux du propos.

C’est dans ces rapports de force, dans ces moments inattendus qui éclatent au grand jour que Pillion, qui indique le siège-arrière dans une moto, titre aussi emblématique que sujet à plusieurs surfaces, organise son modus operandi et donne du fil à retordre à la plupart des spectateurs et des critiques qui ne l’auront pas compris.

Car avant tout, le film de Lighton parle de solitude, de ce que nous sommes prêts, quelle que soit notre orientation sexuelle, à faire pour la contrer, nous donnant l’opportunité d’aimer et d’être aimé. Mais du même coup, le jeune cinéaste semble indiquer que dans tout rapport sexuel, quelle que soit sa nature, l’environnement naturel disparaît, le fantasme s’invite, la perte de ce qui est permis ou pas prend le dessus, les fonctions naturelles s’animent sur un autre rythme et rien n’est plus comme avant.

Le reste, un récit de motards gais, quelque part en Grande-Bretagne, un histoire de dominant/dominé, une famille pas si ouverte que ça et bien d’autres choses que vous découvrirez, soit transis par le traitement de Lighton, ou au contraire, signalant votre désapprobation, aussi peu convaincante qu’elle soit.

À noter la présence électrisante d’Alexander Skarsgård, qu’on peut voir dans The Moment, toujours à l’affiche à Montréal.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Harry Lighton

Scénario : Harry Lighton; d’après le livre d’Adam Mars-Jones, Box Hill. Direction photo : Nick Morris. Montage : Gareth C. Scales. Musique : Oliver Coates.

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Grande-Bretagne / Irlande
Année : 2025 – Durée : 1 h 46 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
Pillion

Harry Lighton

Dist.
Maison 4.3
Contact & Prod.
[ MUBI ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
[ Érotisme]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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