Diane Keaton
| 1946-2025 |

un Hommage
d’Élie Castiel

Annie s’en

est partie

 

Elle restera le symbole de Annie Hall, indubitablement le film le plus connu de Woody Allen, maître-chanteur d’une nouvelle séduction, avec tous les incidents de parcours qui se sont succédé où DK n’était, heureusement, pas impliquée, pourvoyeur du monde cinématographique féminin qui renvoit à un certain Bergman, Ingmar pour les intimes, tout en demeurant original dans sa douce folie, notamment dans ce qu’on appelait, à l’époque, la Jewish Touch new-yorkaise. Parfois même, toujours dans Annie Hall, faisant appel à F. Truffaut, le seul avec ce nom dans le monde du cinéma.Suite

Claudia Cardinale
| 1938-2025 |

un Hommage
signé Élie Castiel

 

La beauté diaphane

de la Méditerranée

 

Typique chez certaines femmes des années 60 du siècle dernier. Dans le cas de Claudia Cardinale, à l’instar de tant d’autres vedettes du Grand Écran, une beauté qui laisse transparaître le lumineux même si elle cache en elle, au désespoir du regard masculin de cette époque, ce quelque chose difficile à déchiffrer, de mystérieux, d’infranchissable. Et pourtant, à l’écran, totalement vouée aux caprices de la caméra.

Dans le cas de Claudia Cardinale, un objectif qu’elle contrôle, le directeur photo totalement perdu, subjugué par une présence féminine, féministe sans l’être, surtout ne voulant pas perdre les codes de son sexe, à l’époque, le deuxième sexe, qu’elle arbore, toujours comme tant d’autres stars, égale à l’homme.

Il était une fois dans l’Ouest

Elle a grandi à la Goulette, dans la municipalité de Tunis, en Tunisie, là comme comme en Algérie et surtout au Maroc, Musulmans, Juifs et Chrétiens semblent unis par un amour de la vie, tout simplement. Nous épargnerons les détails politiques de l’un ou l’autre de ces territoires nationaux.

La Cardinale, c’est le cinéma italien, c’est Federico Fellini et Luchino Visconti, où la même année, elle brille dans 8 ½ (Otto e mezzo) et Le Guépard (Il gattopardo). Et ne pas oublier, sous la houlette de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest (C’era uuna volta il West). Tous les yeux sont braqués sur elle. Ce qui étonne, c’est son naturel (encore une fois, méditerranéen) qui ne s’explique pas, mais se sent, se savoure, nous fait enivrer, et certains hommes se voient intimidés par sa beauté radieuse.

Le guépard

Mais on apprenant son décès, ce sont des souvenirs personnels qui nous viennent à l’esprit, ceux par exemple, de La fille à la valise (La ragazza con la valigia) de Valerio Zurlini, où sa présence au son de la magnifique chanson Il cielo in una stanza, chantée par la célèbre Mina, ensorcelle, rend le contenu de l’image inoubliable et la situation immortelle. C’est personnel, mais ça existe en chacun de nous.

8 ½

Avec Cardinale, qu’il s’agisse de cinéma d’auteur ou grand public, l’intention est ce qui domine. Avec Jean-Paul Belmondo, elle partage l’affiche dans Cartouche, le cap et épée de Philippe de Broca ; tous les deux possèdent une italianité incommensurable, car cette identité brille depuis toujours, elle diffuse malgré le côté commercial de l’entreprise, un attrait certain, une poésie libertaire et non pour le moins, si l’on observe de près, romantique et peu soucieuse des conventions.

Les pétroleuses

Elle sera dans Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) un autre Visconti. Et dans Les pétroleuses, de Christian Jaque et Guy Casaril, où elle confronte amicalement Brigitte Bardot. L’une respecte l’autre.

Nous vous éviterons la liste des films traditionnelle. Aujourd’hui, elle se trouve partout dans les réseaux traditionnels d’aujourd’hui.

Claudia Cardinale ou la beauté consacrée, le visage de muse, l’attitude corporelle universelle, la peau lisse, de marbre reluisant, sans tatouages ou piercing, ou encore la chevelure colorée, tous ces artifices qui ne font que fausser irrémédiablement l’identité ; c’est l’attrait sensuel et familial en même temps qui se manifeste sans mauvaises pensées. Nous avons presque envie de dire que tout simplement… « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que le temps que dure notre regret.

La fille à la valise

Michael Madsen
| 1957-2025 |

 

un Hommage
de Pascal Grenier

 

Une (sale)

gueule sympa

Michael Madsen en 2024.

 

Il avait cette dégaine usée des grandes figures du cinéma américain, un mélange de virilité cabossée et de désenchantement qu’on ne forge plus. Michael Madsen, qu’on vient de perdre à 67 ans, était de ces comédiens qui n’avaient pas besoin de parler pour exister à l’écran : il suffisait d’un regard, d’une mâchoire crispée, d’un sourire narquois ou d’un mouvement d’épaule pour qu’on comprenne à qui on avait affaire. Un dur à cuire, un vrai, mais avec cette fragilité intérieure qu’on ne percevait qu’à demi-mot. Une gueule, oui, dans tous les sens du terme — comme il n’en pousse presque plus à Hollywood.Suite

1 2 3 4 11