Chien 51
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 02 janvier 2026
Dans un futur proche, Paris a été divisé en trois zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★
Flics et IA :
L’impasse

Le roman éponyme de Laurent Gaudé est une chose, le film de Cédric Jimenez (entre autres, Novembre) en est une autre. Le cinéaste, qui a coscénarisé souvent ses films avec Audrey Diwan, sa compagne dans la vie, traite d’un sujet risqué. Particulièrement lorsque deux visions du métier de flic se disputent sur la façon de mener le travail.
D’une part, Zem (Gilles Lellouche, ici les cheveux gris plus proches du blanc, privilégient les bonnes vieilles méthodes et promet une performance fidèle à sa pratique), de l’autre Salia (Adèle Excarchopoulos, de plus en plus à l’écran, habituée à donner le meilleur de son jeu quel que soit l’univers qu’elle épouse).
C’est l’IA qui entre en jeu dans le monde particulier de la police française, d’où un récit qui se passe dans un futur proche et où Paris est divisée en trois zones séparant les classes sociales ; comme si ce n’était pas le cas aujourd’hui !
Mais l’Intelligence artificielle a ceci de particulier que ses bases de données, selon l’endroit où elles se trouvent, sont manipulées par d’habiles cerveaux dont les dérives peuvent parfois se glisser, par hasard ou du pire, cupidité.
Entre le cerveau humain et ceux nombreux, techniques, de l’IA, une sorte d’incompatibilité qu’il faut ramener dans la case indissociable de l’entente. Revenir en arrière n’est plus une option.

Un cadre propice aux impossibles.
Bien entendu, comme tout film en provenance de l’Hexagone, une situation amoureuse, ici, rendue avec aplomb puisqu’elle ne se manifeste pas avec autant de précipitation que dans de nombreux films de flics, rompt un tant soit peu avec le véritable sujet, mais permet quelques moments de répit dans un film où la caméra de Laurent Tangy (L’amour ouf, de/avec Lellouche et Exarchopoulos) s’habitue volontiers à ces différents univers, le IA, pour l’instant, faisant état d’effets spéciaux). Attendons l’évolution !
Jimenez a été policier et ses interventions dans le scénario, la direction d’acteurs et la mise en branle du récit s’avère très contrôlée, d’autant plus qu’il prêche humblement par humanisme sa vision du monde.
Le roman éponyme de Laurent Gaudé est une chose, le film de Cédric Jimenez (entre autres, Novembre) en est une autre. Le cinéaste, qui a coscénarisé souvent ses films avec Audrey Diwan, sa compagne dans la vie, traite d’un sujet risqué. Particulièrement lorsque deux visions du métier de flic se disputent sur la façon de mener le travail.
La voix de l’IA, bien entendu, féminine, ressemble à s’y méprendre à celle dans le moyen Dalloway. Hasard ? Coïncidence ? Mais entre les deux films, un dénominateur commun qui consiste en cette lutte selon laquelle le cinéma, en général, redoute farouchement des véritables enjeux qu’il voit comme pernicieux dans cette forme d’appropration, voir de colonisation sociale, politique et individuelle.
Comme si on n’avait pas assez de dictateurs autour de nous.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Cédric Jimenez
Scénario : Cédric Jimenez, Olivier Demangel; d’après le roman de Laurent Gaudé. Direction photo : Laurent Tangy. Montage : Stan Collet, Laure Gardette. Musique : Guillaume Roussel.
Genre(s)
Suspense policier
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 45 min
Langue(s)
V.o. : français
Chien 51

Cédric Jimenez
Dist.
V V S Films
Contact / Prod.
[ Chi-Fou-Mi ]
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
