Les huit montagnes

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 19 mai 2023

SUCCINCTEMENT.
Pietro est un garçon de la ville, Bruno est le dernier enfant à vivre dans un village oublié du Val d’Aoste. Ils se lient d’amitié dans ce coin caché des Alpes qui leur tient lieu de royaume. Mais la vie les éloigne sans pouvoir les séparer complètement.

 

COUP de ❤️
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★★ 

Comme

une

bromance

inachevée

 

Un film inhabituel par son thème, rarement abordé, l’amitié masculine, la forte, l’innocente, imberbe, celle qui n’a rien de controversée et qui occupe l’espace de l’adolescence pour se poursuivre autrement par la suite.

texte
Élie Castiel

Le roman éponyme du transalpin Paolo Cognetti est courageusement mis à l’épreuve du temps dans cette adaptation à la fois élégante, raffinée, pudique et transcendante. Le regard dépasse souvent les mots. Il atteint les paysages, notamment les montagnes où subsistent des « oasis » de petites maisons isolées et de bêtes de ferme où la vie continue malgré tout. La vie continue, isolée du reste du monde.

L’enfance, où les jeux parfois imprudents sont bercés par le génie de l’innocence s’arrêtent lorsque l’adolescence apparaît. L’un d’eux reste à la ferme. L’autre est envoyé étudier ailleurs, dans la grande ville. Hasards du temps, circonstances inexplicables. Toujours est-il que Pietro et Bruno ne se revoient qu’une fois devenus adultes.

Que sont-ils devenus, chacun de son côté? Film sur le temps qui fuit à vive allure, les nouvelles prérogatives que chaque âge de la vie impose, des choses qu’on cache, d’autres qu’on se dit à moitié. Les prouesse de l’enfance n’ont plus droit de cité.

Comme la nature qui se regénère, essayer de reconstruire ce qui a été.

Et aux retrouvailles, tout d’abord une sorte de distanciation, de banalités qu’on se dit, bien que parfois tentant l’impossible pour réamorcer le dialogue, tout en admettant, consciemment sans qu’on s’en aperçoive que les choses ont changé. Contre toute attente, petit à petit, un renouveau qu’on accueille avec bienveillance, comme si les souvenirs de l’enfance se dessinaient encore plus nettement. Une sorte de parenthèse enchantée.

Suivant le roman, le film s’étale sur plusieurs décennies. Les gens évoluent ou restent les mêmes, mais pas la nature, ces montagnes entre le Val d’Aoste en Italie et celles du Népal. Des paysages magnifiques que la caméra de Ruben Impens (plus récemment du controversé Titane de Julia Ducournau ou, avant, My Beautiful Boy / Un garçon magnifique du même Felix Van Groeningen) filme dans un 1.33:1 qui se rapproche du rituel, entre le calme inspirant et la colère et l’amertume d’une nature rebelle, quoique majestueusement splendide.

La coréalisation, dont l’esprit féminin et le masculin unissent leurs accords et leurs antinomies favorise l’éclosion de divers contradictions, paradoxes et doutes d’une vie. Entre Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch, couple dans la vie, une sorte d’énergie, de tension farouche mais contrôlée, de partages qui, justement, font que la mise en scène traverse le temps à une vitesse de croisière.

La sublime partition musicale (sa première au grand écran) et les chansons de Daniel Norgren participent de ce jeu entre le dit et le non-dit, la nature sereine et la révoltée, les émotions indéfinissables, mais surtout ce qui se cache à l’intérieur de ces âmes en peine.  

La montagne ou la Nature, et non pas la grande ville, où tout se perd dans la cohue. Entre les deux cinéastes, une envie d’aller dans ce qui préoccupe une grande partie de la population occidentale d’aujourd’hui. Et si on revenait aux sources face à tous ces conflits mondiaux, sociaux et écologiques? Pour sans doute se dépolluer.

Entre ces considérations, l’amitié entre deux enfants, devenus adultes et qui ne voient plus leur parcours de la même façon. Les liens qui unissent l’enfance se dissocient involontairement par la force des choses, même si l’un d’eux, Bruno, choisit de demeurer comme au premier jour.

La sublime partition musicale (sa première au grand écran) et les chansons de Daniel Norgren participent de ce jeu entre le dit et le non-dit, la nature sereine et la révoltée, les émotions indéfinissables, mais surtout ce qui se cache à l’intérieur de ces âmes en peine.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE

Réalisation
Felix Van Groeningen
Charlotte Vandermeersch

Scénario
Felix Van Groeningen
Charlotte Vandermeersch
D’après le roman de Paolo Cognetti
Direction photo
Ruben Impens

Montage
Nico Leunen
Musique
Daniel Norgren

Felix Van Groeningen & Charlotte Vandermeersch
Le visage des gagnants.

Genre
Drame

Origine
Italie / Belgique
France / Grande-Bretagne
Année : 2022 – Durée : 2 h 27 min

Langue(s)
V.o. : italien; s.-t.a. ou s.-t.f.

The Eight Mountains
Le otto montagne

Dist. [ Contact ] @
Enchanté Films
[ FilmsWeLike ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cinéma du Parc
                                                 Cinémathèque québécoise

Classement
 Tout public

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon.★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]