Love Me Tender

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 23 octobre 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une fin d’été, Clémence annonce à son ex-mari qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes. Sa vie bascule lorsqu’il lui retire la garde de son fils. Clémence va devoir lutter pour rester mère, femme, libre.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Élie Castiel

★★★

 

Il y a dans Love Me Tender — dont le titre emprunté à la célèbre chanson d’Elvis Presley clôt le film dans une version instrumentale déchirante — le goût du conflit et du déraisonnable. Le film explore la friction permanente entre le corps social hétéronormatif et l’intime homosexuel, mettant en lumière la manipulation feutrée, presque tue, qu’exerce la majorité sur les marges.

 

Moments

de la vie

d’une femme

 

C’est précisément ce qui bouscule Clémence, incarnée par une magnifique Vicky Krieps. L’actrice s’inscrit dans un jeu d’interprétation subtil, où la liberté entravée par le dehors et celle, conquise, du domaine privé se livrent un combat sans merci, reflet d’une société encore profondément empreinte d’homophobie. Clémence nage tous les jours, drague des filles, mais sa pensée revient sans cesse au petit Paul, le fils qu’elle a eu avec Laurent avant de réaliser son attirance pour les femmes.

Vivre sa nouvelle vie, tout en restant fidèle à son rôle de mère.

Ces bouleversements, la réalisatrice Anna Cazenave Cambet choisit de les filmer à l’accéléré. Sa mise en scène impressionniste privilégie le temps qui passe, l’instant suspendu, plutôt que le détail naturaliste. Ce que l’on saisit alors de l’entourage de Clémence devient le compte-rendu sensible du roman éponyme dont le film est adapté, guidé par la voix off psychanalytique de Vicky Krieps qui dévide le fil de son histoire.

Entre lesbophobie systémique et pseudo-normalité, Love Me Tender ne cesse d’asséner ces trois mots du titre comme un mantra. Une supplique pour que l’espace public cesse de tracer des frontières genrées et de régenter des vies quotidiennes qui, à défaut, déploient leur liberté sournoisement, la nuit — refuge de tous les possibles.

L’épilogue, d’une économie bouleversante digne d’une fin de roman, se résume à un équivalent de plan-séquence avançant vers l’horizon. Une fin en soi, sans doute, mais surtout une résolution lumineuse vers un nouveau futur.

Face à elle, dans le rôle de Laurent, la prétendue victime au visage diaboliquement innocent, Antoine Reinartz livre une performance étonnante de manipulateur. Derrière sa détresse, le film pose une question cruciale : si toute cette affaire n’était, après tout, qu’une blessure d’orgueil, une atteinte à sa virilité et à sa masculinité sacralisée.

L’épilogue, d’une économie bouleversante digne d’une fin de roman, se résume à un équivalent de plan-séquence avançant vers l’horizon. Une fin en soi, sans doute, mais surtout une résolution lumineuse vers un nouveau futur.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Anna Cazenave Cambet

Scénario : Anna Cazenave Cambet; d’après le roman éponyme de Constance Debré. Direction photo : Kristy Baboul. Montage : Joris Laquittant. Musique : Maxcence. Dussère.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
France / Luxembourg
Année : 2025 – Durée : 2 h 14 min
Langue(s)
V.o. : français
Love Me Tender

Distributeur
Axia Films

Contact info.
[ Be For Films ]

Diffusion
Cineplex

Anna Cazenave Cambet
Crédit : @ IMDb

Classification
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]