SUCCINCTEMENT
Ahmed rencontre Malak et leur relation évolue rapidement, passant d’une simple admiration à un amour réciproque. Autant elle que lui tente d’impressionner l’autre par sa personnalité et ses actions, espérant que leur histoire d’amour durera toujours et résistera à tous les obstacles.
Genre(s) Comédie dramatique Origine(s) Émirats Arabes Unis Année : 2025 – Durée : 2 h 02 min Langue(s) V.o. : arabe; s.-t.a. The Ladder and the Snake: Kid’s Play
Tarek Alarian
Dist. En attente Contact / Prod. [ RAW Entertainment ]
SUCCINCTEMENT
Trois histoires qui parlent des relations entre des enfants adultes et leur(s) parent(s) quelque peu distant(s), et aussi des relations entre eux.
ANGLE | CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★ ½
Les silences
de
l’évanescence
Autrement dit, dans le cas présent, lorsque qu’on n’a plus rien en commun avec les membres de notre famille, contrairement à lorsqu’on était enfant.
Une maison au bord d’un lac au Nord-Est des États-Unis. Dublin, en Irlande, dans un quartier cossu ; et finalement Paris, dans l’Hexagone. Lieux cinématographiquement emblématiques où le septuagénaire Jim Jarmusch, toujours aussi porté par son cinéma, parie le tout pour le tout en se jetant volontairement dans une aventure minimaliste sur les relations familiales floues et surtout non résolues, si l’on en juge par son propre scénario. Que dire de ce Father Mother Sister Brother, titre en forme de quatuor, divisé en tryptique pour la cause dont il est question ?
Faire un film sur les silences qui disent peu, sur le non-dits faits de banalités, sur ces choses qu’on cache pour ne pas blesser, ou mieux pour ne pas se blesser soi-même, une sorte d’arme à double tranchant que chacun porte en soi, notamment lorsque les partis impliqués ne se rencontrent qu’une fois par année et qu’on n’a plus grand-chose à se dire.
Première partie : Père Un rapport au silence et à l’obligation morale : sauf que…
Une grande partie de la critique, à la Biennale de Venise, s’est déchaînée en dithyrambes face au nouveau Jarmusch. Trois histoires simples qui consistent en une rencontre entre le Père et ses deux enfants, la fille, le fils, déjà adultes ; la Mère et ses deux filles, à Dublin ; finalement, la Sœur et le Frère, dans Paris, comme jamais filmée auparavant grâce aux regards de la caméra de Frederick Elmes et Yannick Le Saux.
Le scénario, signé Jarmusch, ne s’embarrasse guère d’avoir recours à ces moments de silence, particulièrement dans les deux premières parties, beaucoup moins prononcés dans la troisième où le frère montre à sa sœur ce qu’il a pu trouver dans ce que leur parents, décédés, ont laissé derrière eux et que les divers dialogues entre eux relèvent d’une dialectique propre à la fiction, quasi en rupture avec les deux chapitres précédents.
Deuxième partie : Mère Surtout, ne pas absoudre les bonnes manières.
Le film a bouleversé la Mostra de Venise. On peut se demander si c’est le film lui-même ou s’il s’agissait simplement d’un film de Jarmusch. Mais bon, les critères actuels en matière de récompenses festivalières sont parfois étranges, Dieu merci, pas très fréquemment.
Jim Jarmusch, avant tout, a construit un film obéissant à ses principes narratifs parfois fragiles, qui transparaissent si on observe de près. Des questionnements existentiels comme l’évanescence du vécu, l’insoutenable solitude de l’être, notamment lorsque sa propre existence ne s’accorde pas à ses désirs. Alors, le reste lui importe peu.
Troisième partie : Soeur Frère Nous serons toujours liés par notre gémélité.
Mais il y a peut-être un moyen de comprendre la proposition du réalisateur de Stranger Than Paradise, son meilleur film. Force est de souligner les nombreuses activités artistiques menées par Jarmusch, telle réalisateur, scénariste, auteur, musicien, monteur ; bref, tout ce qui touche, côté-cinéma, à toutes les étapes de production. Si on adhère sérieusement à cette constatation, notre évaluation du film peut varier d’une personne à l’autre, mais on peut comprendre néanmoins la démarche proposée.
Jim Jarmusch, avant tout, a construit un film obéissant à ses principes narratifs parfois fragiles, qui transparaissent si on observe de près. Des questionnements existentiels comme l’évanescence du vécu, l’insoutenable solitude de l’être, notamment lorsque sa propre existence ne s’accorde pas à ses désirs. Alors, le reste lui importe peu.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Jim Jarmusch
Scénario : Jim Jarmusch. Direction photo : Frederic Elmes, Yorick Le Saux. Montage : Affonson Gonçalves. Musique : Annika Henderson, Jim Jarmusch.
Genre(s) Sketches Origine(s) Allemagne / États-Unis France / Irlande / Italie Année : 2024 – Durée : 1 h 50 min Langue(s) V.o. : anglais; s.-t.f. Père mère sœur frère
Jim Jarmusch, au centre, portant lunettes noires.
Dist. Film Service Supérieur Contact / Prod. [ MUBI ]
SUCCINCTEMENT Un homme, après de trop longues années de prison, trouve réconfort dans la maison d’un prêtre .
ANGLE | CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★
Un homme au tournant
Éconduit dans un village par deux aubergistes, un homme imposant et mal habillé va sonner au presbytère pour demander de l’aide. Il est un bagnard récemment sorti de prison et fort démuni. Son nom dans l’histoire de la littérature est assez connu pour qu’il puisse servir de titre à cette adaptation des Misérables de Victor Hugo. Le cinéaste se concentre sur les deux premiers livres de ce chef d’œuvre et redonne à l’évêque Myriel la place importante que plusieurs des versions précédentes avaient circonscrite.
Le bien prénommé Bienvenu reçoit le pauvre hère et lui offre repas, conversations et gîte. Bernard Campan réussit à incarner avec justesse dans un dispositif de retours en arrière à la fois le côté obséquieux du prélat et la version récente du prêtre frappé par la grâce. Ce personnage a d’ailleurs été inspiré à l’auteur par un véritable évêque de Digne au patronyme similaire maintenant en lent processus de béatification.
Un chemin vers des horizons incertains.
Le réalisateur introduit dans les séquences du travail ardu à la mine le forçat Claude Gueux un véritable détenu sur lequel l’écrivain avait produit un texte en 1834 sur ce cas emblématique contre la peine de mort. Malgré la présence d’Albert Dupontel, vibrant dans ce rôle, la séquence est trop courte et risque de ne pas être remarquée.
Grégory Gadebois, complice encore une fois d’Éric Besnard, fait de sa masse une assise essentielle de ce taiseux renfrogné qui trouve dans cet accueil, critiqué par la bonne Magloire interprétée avec finesse par Alexandra Lamy, une source complexe de changement.
De plus la narration explicative est trop présente tout au long de ce long métrage retrouvant, dans les contreforts du Vaucluse filmés par Laurent Dailland, des lieux encore pleins d’aspects dramatiques. Grégory Gadebois, complice encore une fois d’Éric Besnard, fait de sa masse une assise essentielle de ce taiseux renfrogné qui trouve dans cet accueil, critiqué par la bonne Magloire interprétée avec finesse par Alexandra Lamy, une source complexe de changement.
Scénario : Éric Besnard; d’après les deux premiers ouvrages des Misérables, de Victor Hugo. Direction photo : Laurent Daillant. Montage : Lydia Boukhrief. Musique : Christophe Julien.
Genre(s) Drame Origine(s) France Année : 2025 – Durée : 1 h 38 min Langue(s) V.o. : français Jean Valjean