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La salle des profs

PRIMEUR
Sortie
Vendredi 26 janvier 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT.
Une nouvelle professeure tente de découvrir le coupable de larcins dans son école secondaire.

 

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★ ½

 

Faire ses classes

Dans une passerelle entre deux édifices, une jeune femme constate que tous les autres piétons sont habillés de blanc et ne remarquent pas sa présence.

Clara Nowak est une nouvelle professeure dans une école secondaire allemande. Elle est chargée d’un cours de mathématiques et d’un autre d’éducation physique. Ses relations avec ses étudiants d’une douzaine d’années semblent bonnes ainsi qu’avec la plupart de ses collègues plus au fait des pratiques de l’établissement et dont certains sont d’origine polonaise comme elle.

Une approche pédagogique difficilement gérable

Une série de vols crée une tension dans l’établissement et certaines décisions étonnent Carla qui décide de prendre une initiative pour trouver le coupable. Le scénario du réalisateur et de son ami Johannes Duncker, en se concentrant sur la vie de cette école, examine les conséquences de cette action dans un milieu dans lequel les différences de langue et de culture ont aussi un effet. La mise en scène d’İlker Çatak navigue avec précision dans les divers lieux et activités de cet établissement à la hiérarchie bien établie. La salle des profs est l’endroit dans lequel des remarques éclatent dans des rapports professionnels et souvent amicaux. La cinématographie en 4:3 de Judith Kaufmann encadre au plus près ces individus adultes ou adolescents et des caractères se précisent.

Le portrait de ce microcosme apparaîtra à certains bien dur mais pas si éloigné des constats journalistiques sur des institutions de nos pays.

Leonie Benesch, découverte dans Le Ruban blanc (Das weisse Band) de Michael Hanecke, apporte une grande intelligence dans l’interprétation de Carla dévoilant un savoureux mélange d’empathie et de contrôle. Le portrait de ce microcosme apparaîtra à certains bien dur mais pas si éloigné des constats journalistiques sur des institutions de nos pays.

Il vient d’être nommé finaliste dans la course à l’Oscar du long métrage en langue étrangère.  De toute manière, Maria Speth donnait en 2022 un autre regard sur la fine éducation au primaire accomplie par son vieux compatriote dans le documentaire Mr. Bachmann and His Class (Herr Bachmann und seine Klasse).

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

İlker Çatak

Scénario
İlker Çatak, Johannes Duncker
Direction photo
Judith Kaufmann

Montage
Gesa Jäger
Musique
Marvin Miller

İlker Çatak

Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
Allemagne
Année : 2022 – Durée : 1 h 38 min
Langue(s)
V.o. : allemand; s.-t.f.

Das lehrerzimmer

Dist. [ Contact ] @
Métropole Films
[ Mongrel Media ]

Diffusion @
Cinéma du Musée
 Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Les colons

 

PRIMEUR
Sortie
Vendredi 26 janvier 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT.
Terre de Feu, République du Chili, 1901. Trois cavaliers sont engagés par un riche propriétaire terrien, José Menendez, pour déposséder les populations autochtones de leurs terres et ouvrir une route vers l’Atlantique.

 

Le FILM
de la semaine

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★★

La terre

de la

grande promesse

Sommes-nous en mesure d’accorder une quelconque ressemblance aux Colons, premier long métrage du Chilien Felipe Gálvez, à La terre promise / La tierra prometida (1973), un des longs de son compatriote Miguel Littín? Même si les évènements dans le film du second ont lieu 30 ans plus tard, force est de souligner qu’entre les deux cinéastes, un sens de la rigueur, une mise en scène cadrant avec l’idéologie politique qui prévaut dans chacun des cas, une sorte de distanciation qui relate les évènements dans une suite de dialogues disjoints, soudainement s’enchevêtrant magnifiquement, soulevés aussi par les lieux de tournage et les mouvements de caméra.

Une pampa chilienne vierge, prête à la colonisation par les premiers habitants, particulièrement les audacieux. Mais pour les besoins de la fiction et plus particulièrement du scénario politique, la présence surtout de ces nouveaux propriétaires terriens venus du vieux continent, la présence d’un Britannique et d’un mercenaire Américain. Une Europe qui installe au pays les rudiments du capitalisme qui poursuit sa route, soulignant aussi, discrètement, certains penchants, pour l’époque, qu’on ne nomme pas.

Une chose est certaine, Gálvez, sans doute inspiré par ces courants cinématographiques politisés latino-américains des fertiles années 70, illustre cet immense terrain situé dans la Terre de feu comme un lieu prêt à être conquis, en 1901, première année du XXe siècle, date emblématique qui ouvre une nouvelle époque.

Trois façons de voir le même territoire.

La mise en scène, en dehors des considérations politiques et idéologiques qu’elle renferme, montre aussi que cet immense terrain vague, aussi sauvage que luxuriant est prêt à être exploré, exploité vicieusement, quitte à user de la violence puisque le pays est peuplé d’autochtones, comme en Amérique du Nord, opprimés dans leur mode de vie et leurs coutumes, hypocritement christianisés par-dessus le marché.

Peu importe les détails d’un récit d’une simplicité exemplaire, c’est plus la réalisation qui suscite tant d’attrait. Un travail de lumières, entre les éclairages sombres et les parties clairement aveuglantes, comme s’il fallait réduire les étapes racontées à des histoires personnelles. Celles des Blancs qui ignorent la présence millénaire de ces habitants; celle des insulaires, pris par ce nouveau courant de colonisation dont ils ne savent pas quoi faire.

Une citation du court essai Utopia (L’utopie), de l’Anglais Thomas More, publié dans les premières années du 16 siècle, inaugure le film. Un exergue qui explique la démarche suivie tout le long d’un anti-récit, exercice de conscientisation plus que tout autre chose. Ce fantasme, exclusivement, de l’hégémonie blanche, resonne dans le désordre actuel des choses à travers un plan final d’une force vertigineuse qui réoriente notre esprit de façon hallucinante.

Si l’idéologie politique est claire de la part de Gálvez, le cinéaste ne s’empêche guerre d’utiliser une certaine violence stylisée dont les atrocités ressemblent à des coups de peinture d’un tableau historique dessiné pour la pérennité.

Une citation du court essai Utopia (L’utopie), de l’Anglais Thomas More, publié dans les premières années du 16 siècle, inaugure le film. Un exergue qui explique la démarche suivie tout le long d’un anti-récit, exercice de conscientisation plus que tout autre chose. Ce fantasme, exclusivement, de l’hégémonie blanche, resonne dans le désordre actuel des choses à travers un plan final d’une force vertigineuse qui réoriente notre esprit de façon hallucinante.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Felipe Gálvez

Scénario
Felipe Gálvez, Antonia Girardi,
avec la collaboration de Mariano Llinás
Direction photo
Simone D’Arcangelo

Montage
Matthieu Taponier
Musique
Harry Allouche

Felipe Gálvez

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Allemagne / Argentine / Chili
Danemark /France / Suède
Grande-Bretagne / Taïwan
Année : 2023 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais, espagnol; s.-t.f. ou s.-t.a.

The Settlers
Los colonos

Dist. [ Contact ] @
Enchanté Films
[ MUBI ]

Diffusion @
Cinéma du Parc
Cinémathèque québécoise

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

ÉTOILES

Origin

 PRIMEUR
Sortie
Vendredi 26 janvier 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT.
Une écrivaine parcourt quelques pays pour comprendre l’influence des castes dans les structures sociales oppressantes.

 

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★

La quête

d’une auteure

 

Une rencontre entre un couple blanc et un autre afro-américain, tous les deux en voiture, a lieu sur une route secondaire dans l’état du Mississippi dans les années 30.

L’auteure Isabel Wilkerson publie en 2020 un essai historique intitulé Caste: The Origins of Our Discontents qui redéfinit les relations entre les groupes aux États-Unis en utilisant le concept de caste. Le livre connaît un grand retentissement et confirme la place de l’écrivaine après son étude The Warmth of Other Suns sur la grande migration des Noirs du sud vers les états industriels du Nord et de l’Ouest de leur pays. La cinéaste Ava DuVernay décide d’en faire l’objet de son prochain film en intégrant des événements personnels majeurs de la vie de Wilkerson comme conférencière et dans son travail de recherche et d’écriture de ce livre.

Au mileu de la foule indifférente.

Le résultat est malheureusement bancal surtout quand il met en scène des épisodes des camps de concentration ou des vaisseaux-geôles d’esclaves vers le Nouveau Monde. La partie plus documentaire prend son envol dans les sections se déroulant en Inde à la rencontre des Dalits, ex-Intouchables, et de leur défenseur le plus célèbre  Bhimrao Ramji Ambedkar, par ailleurs président du comité de rédaction  de la constitution de sa contrée maintenant indépendante. Le tournage en caméra à l’épaule, sous la direction de  Matthew J. Lloyd, dans la rue et dans diverses immeubles rend palpable l’étonnement d’Isabel devant ce sous-continent et les relations amicales avec ses interlocuteurs. Aunjanue Ellis-Taylor incarne avec toutes les fibres de son être cette femme qui, après avoir surmonté des épreuves, retrouve dans  cette quête intellectuelle et viscérale par moments une nouvelle raison de vivre.

L’auteure du film historique prenant Selma, sur un moment crucial de la lutte pour les droits civiques, n’a pas trouvé ici dans son montage l’art d’intégrer des éléments d’information trop fournis. Son long métrage servira pourtant de point d’introduction à plusieurs pour revoir d’une autre façon l’histoire des États-Unis et d’autres nations.

La cinéaste dissémine des extraits audios significatifs certaines de ses reconstitutions trop posées pour la plupart. DuVernay redonne ainsi droit de cité aux deux couples Davis et Gardner, auteurs de l’étude anthropologique Deep South sur les fondements du racisme institutionnalisé.

L’auteure du film historique prenant Selma, sur un moment crucial de la lutte pour les droits civiques, n’a pas trouvé ici dans son montage l’art d’intégrer des éléments d’information trop fournis. Son long métrage servira pourtant de point d’introduction à plusieurs pour revoir d’une autre façon l’histoire des États-Unis et d’autres nations.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Ava DuVernay

Scénario
Ava DuVernay. Inspiré du texte
Caste: The Origins of Our Discontents,
d’Isabel Wilkerson
Direction photo
Matthew J. Lloyd

Montage
Spencer Averick
Musique
Kris Bowers

Ava DuVernay

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2023 – Durée : 2 h 21 min
Langue(s)
V.o. : anglais

Origin

Dist. [ Contact ] @
Entract Films
[ Elevation Pictures ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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