RÉSUMÉ SUCCINCT. Journaliste politique en disgrâce placée à la rubrique football, Mlle Pove est sollicitée pour suivre l’entre-deux tours de la campagne présidentielle. Le favori est Pierre-Henry Mercier, héritier d’une puissante famille française et novice en politique
Rapporter les mensonges.
BREFSAPERÇUS < Rare faux pas dans la carrière de cinéaste pour Albert Dupontel;
< Mélange laborieux et inintéressant d’enquête politique et de fable poétique aux images saturées; < Jeu de dupes qui sombre dans la sphère complotiste imbuvable; < Seul Nicolas Marié tire son épingle du jeu dans ce naufrage.
[ PG ] Cote :★ ½
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation Albert Dupontel
Genre(s) Satire politique Origine(s) France Année : 2023 – Durée : 1 h 36 min Langue(s) V.o. : français Second tour
RÉSUMÉ SUCCINCT. Les vicissitudes d’une jeune femme peule à la suite d’une attaque d’un groupe islamiste.
CRITIQUE Luc Chaput ★★ ½
Une traversée
combative du désert
Au début d’une réunion des dirigeants d’un village du Sahel, une femme intervient et leur dit ses quatre vérités concernant l’impréparation face aux groupes terroristes.
L’irruption de Daech et d’autres groupes islamistes depuis le début de ce siècle a été reflétée et analysée dans plusieurs films de fiction (Timbuktu) ou documentaires (Rojek). La réalisatrice burkinabé Apolline Traoré en donne ici un autre regard en se concentrant sur la vie de Sira, jeune femme peule musulmane allant avec sa famille dans la région dans laquelle vit son fiancé chrétien. La cinématographie de Nicolas Berteyac embrasse en cinémascope les grands espaces qui entourent cette caravane. L’irruption soudaine de camions portant des hommes armés change complètement la donne et Sira (la première fille) est amenée de force.
Un instinct de survie guerrier.
Le calvaire de la jeune femme, seule dans ce désert, assoiffée, meurtrie dans ses chairs et son esprit est illustré avec aplomb. L’héroïne trouve finalement refuge dans une petite grotte pas très éloignée d’un camp des mêmes terroristes. Le scénario de la réalisatrice multiplie alors les archétypes chez ces antagonistes. Une représentation de l’esclavagisme de jeunes filles capturées est mieux menée et permet à Sira d’espérer retrouver une sororité souterraine par la force des choses.
Toutefois le récit se perd en longueurs exprimées par des marqueurs de plus en plus patents. Les recherches entreprises par le fiancé se compliquent également dans un environnement difficile dans lequel la moindre erreur pourrait être fatale.
La dernière partie, mise en scène avec un certain talent, a une conclusion cathartique prévisible. Malheureusement, les soubresauts de l’intrigue réduisent la portée de cet hommage voulu à cette Agodjie (amazone) inattendue, symbole de la grandeur quotidienne de ses sœurs plus anonymes.
Nafissatou Cissé, dans le rôle-titre, montre de belles qualités avec des passages plus faibles étant donné la lourdeur de la tâche. La plupart des acteurs masculins peinent à tirer leur épingle du jeu. Seul le comédien ivoirien Ildevert Meda rend aisément préhensible l’attitude du vieux soldat qui en a trop vu.
La dernière partie, mise en scène avec un certain talent, a une conclusion cathartique prévisible. Malheureusement, les soubresauts de l’intrigue réduisent la portée de cet hommage voulu à cette Agodjie (amazone) inattendue, symbole de la grandeur quotidienne de ses sœurs plus anonymes.
RÉSUMÉ SUCCINCT. Sol, sept ans, passe la journée dans la grande maison de famille où se prépare une fête pour son père. Alors que les invités arrivent, une atmosphère étrange et chaotique s’installe, brisant les liens qui unissent chacun.
Le FILM de la semaine
CRITIQUE Élie Castiel
★★★★
De la vie des
morts et des vivants
En ce qui nous concerne, c’est effectivement la découverte d’une réalisatrice bien plus que prometteuse, déjà accomplie, le cinéma dans la peau, une sensibilité qui ne l’empêche pas d’établir des liens entre la culture insulaire de ces pays latino-américains, ici le Mexique, et les personnages qu’elle dépeint. L’œil aiguisé lorsqu’il s’agit de filmer le corps, plus particulièrement celui de la femme. Les jeunes, les gamines dans Tótem, et les autres, des adultes qui, dans cette maison du patriarche, ancien médecin, atteint d’une maladie qui l’empêche de s’exprimer normalement, témoin passif de tout ce qui se passe autour de lui, mais incapable de répondre à certaines situations qu’il dénonce de la simple expression de son visage.
Lila Avilés est l’auteure d’un premier film, La camarista / La femme de chambre (2018), c’est bien dommage, inédit ici. Les hasards de la distribution sont impénétrables. On ne le dira jamais assez. Quelques courts métrages probablement initiatiques ont précédé ses deux longs. Beau parcours qui annonce, on l’espère, des projets encore plus ambitieux.
Une sorte de totem en forme de mollusque protecteur.
Déjà, le titre Tótem (totem en français) renvoit au côté mythique des pays de l’Amérique latine, lieu de ces anciennes croyances païennes, le talisman vu comme ancêtre et protecteur d’une collectivité, ici réduite à une famille en particulier.
Récit d’une simplicité qui rompt astucieusement avec toutes ces productions qui étalent des histoires compliquées, complexes, aux rebondissements souvent redondants et inutilement laborieux.
Des membres de la même famille, ensemble en attente de la mort annoncé d’un des leurs et de la célébration de son probable dernier anniversaire.
Les fils brisés sont recousus, les liens affectifs tentent de survivre malgré tout, la notion de l’institution familiale survit à tout chambardement. Et l’attente de la perte n’a jamais été, malgré quelques éclaboussures, aussi bien gérée.
Avilés est méthodique. Le ratio du cadre, installé dans un 4 :3 intime, favorise le gros plan, parfois plus évident, comme s’il s’agissait d’entrer intimement dans le for intérieur des protagonistes. Cela inclut les deux gamines, Sol en particulier, sept ans, qui comprend déjà ce qui se passe autour d’elle et essaie de comprendre. Une sorte de maturité précoce que la petite Naima Sentíes exécute avec une finesse inégalée, un rapport à la caméra des plus organiques, une curiosité acquise.
Le deuil, autre point central de ce film qui ressemble à un puzzle familial qui se déchire et se panse comme si la vie n’était faite qu’ainsi.
Les fils brisés sont recousus, les liens affectifs tentent de survivre malgré tout, la notion de l’institution familiale survit à tout chambardement. Et l’attente de la perte n’a jamais été, malgré quelques éclaboussures, aussi bien gérée.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation Lila Avilés
Scénario Lila Avilés Direction photo Diego Tenorio Montage Omar Guzman Musique Thomas Becka
Lila Avilés
Genre(s) Drame Origine(s) Danemark / France / Mexique Année : 2023 – Durée : 1 h 36 min Langue(s) V.o. : Espagnol; s.-t.a. Totem