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The Smashing Machine

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 03 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’histoire de Mark Kerr, légende du MMA des années 1990.

Le FILM
de la semaine

ANGLE
CRITIQUE
Pascal Grenier

★★★★

Le combat

derrière

le combat

 

On savait Benny Safdie habité par une pulsion de cinéma brute, frontale, organique, mais on pouvait craindre qu’en s’émancipant de son frère Josh, ce cinéma perde sa densité nerveuse et son chaos maîtrisé. Or, avec The Smashing Machine, le cinéaste signe une œuvre dense et rugueuse, à la fois profondément personnelle et résolument tournée vers la figure mythique qu’est Mark Kerr, ancien champion de lutte, pionnier de ce qu’on appelait encore le « combat libre » à la fin des années 1990. Le film, qui ne couvre qu’un mince fragment de sa trajectoire – essentiellement son tournoi au Japon en 1999 et ses démons intérieurs –, s’impose comme un drame biographique à la fois intime et immersif, un geste de cinéma qui hésite constamment entre l’hommage et l’épreuve.

Évidemment, la première surprise et peut-être la plus grande c’est Dwayne Johnson dans le rôle de Kerr. On s’entend : The Rock est presque du même âge que le vrai Mark Kerr aujourd’hui, et il paraît à mille lieues de ses années de gloire dans l’Octagon de Pride. Sur papier, c’est un contresens de casting, un anachronisme grotesque. Et pourtant, sur l’écran, le miracle opère. Enfin débarrassé de son vernis hollywoodien de super-héros en plastique et de films familiaux qu’il campe trop souvent, Johnson plonge corps et âme dans ce rôle. Il livre sans doute la performance de sa carrière, un rôle de vie, un contre-emploi absolu. Ses épaules massives portent cette fatigue existentielle, cette douleur muette d’un homme écrasé par ses choix et ses excès. On ne voit plus « The Rock »,  on voit Kerr, abîmé, déchiré, mais obstinément vivant.

Une profonde réflexion sur le prix du succès.

Certains diront qu’un tel biopic était superflu, que John Hyams avait déjà tout dit avec son documentaire de 2002 du même titre – œuvre crue, dévastatrice, toujours difficile à oublier. Safdie ne l’ignore pas : il intègre Hyams comme consultant, et emprunte d’ailleurs à son approche documentaire une esthétique sensorielle volontairement chaotique. Tourné en 16 mm pour les moments intimes, et en HD vidéo pour les combats, The Smashing Machine cherche moins à raconter qu’à immerger. Le spectateur est plaqué au sol, pris dans la sueur, les respirations, les tremblements, et ce cinéma-là, viscéral, justifie en partie la redite. Ce n’est pas tant « l’histoire de Kerr » qu’on revoit, c’est son vécu immédiat, comme si l’on rouvrait une plaie encore vive.

L’autre atout du film, c’est sa galerie de personnages secondaires. Ryan Coleman, incarné par le véritable combattant Ryan Bader, trouve sous la direction attentive de Safdie une justesse étonnante, ni héroïsée ni ridiculisée, mais inscrite dans la fraternité compétitive et l’ombre de Kerr. Et puis il y a Emily Blunt, dans un rôle qui pourrait paraître cliché – l’épouse frustrée, témoin silencieux des dérives d’un homme – mais qui, entre les mains de l’actrice, prend une teinte ambiguë, presque mystérieuse. Son regard, souvent plus que ses mots, pèse sur l’errance de Kerr et l’inscrit dans une dimension tragique, presque opératique.

En définitive, The Smashing Machine n’est ni un chef-d’œuvre, ni un film inutile. C’est une œuvre imparfaite, mais habitée, à la fois hommage vibrant aux pionniers d’un sport devenu planétaire et portrait d’homme tragique. Safdie réussit son pari solo, et Dwayne Johnson, à la surprise générale, trouve enfin un rôle à la mesure de son corps et de sa fragilité. On sort du film avec la sensation paradoxale d’avoir assisté à un combat, pas seulement sur le ring, mais entre un homme et son propre destin.

On ne peut pas, évidemment, éviter les comparaisons. Safdie semble assumer de se placer dans la filiation directe de The Wrestler d’Aronofsky et de Raging Bull de Scorsese. Deux monuments. Bien entendu, The Smashing Machine ne les égale jamais mais il en propose une variation crédible, sincère et habitée. Là où Aronofsky misait sur le pathos et Scorsese sur la transcendance stylistique, Safdie privilégie le collage documentaire, la matière brute, la confusion des sensations.

Enfin, il faut souligner l’apport sonore : la musique de Nala Seniphro, musicienne de jazz expérimental, installe une ambiance flottante, quasi hypnotique. Ses nappes sonores accompagnent les silences, les errances nocturnes de Kerr, et contrastent violemment avec la brutalité des combats. C’est une présence fantomatique, sensorielle, qui élève l’œuvre au-delà du simple biopic sportif.

En définitive, The Smashing Machine n’est ni un chef-d’œuvre, ni un film inutile. C’est une œuvre imparfaite, mais habitée, à la fois hommage vibrant aux pionniers d’un sport devenu planétaire et portrait d’homme tragique. Safdie réussit son pari solo, et Dwayne Johnson, à la surprise générale, trouve enfin un rôle à la mesure de son corps et de sa fragilité. On sort du film avec la sensation paradoxale d’avoir assisté à un combat, pas seulement sur le ring, mais entre un homme et son propre destin.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Benny Safdie

Scénario : Benny Safdie. Direction photo : Maceo Bishop. Montage : Benny Safdie. Musique : Nala Sinephro.

Genre(s)
Chronique biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 2 h 03 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Le combattant

Benny Safdie

Dist. @
V V S Films
Contact @
[ A24 ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

 

Claudia Cardinale
| 1938-2025 |

un Hommage
signé Élie Castiel

 

La beauté diaphane

de la Méditerranée

 

Typique chez certaines femmes des années 60 du siècle dernier. Dans le cas de Claudia Cardinale, à l’instar de tant d’autres vedettes du Grand Écran, une beauté qui laisse transparaître le lumineux même si elle cache en elle, au désespoir du regard masculin de cette époque, ce quelque chose difficile à déchiffrer, de mystérieux, d’infranchissable. Et pourtant, à l’écran, totalement vouée aux caprices de la caméra.

Dans le cas de Claudia Cardinale, un objectif qu’elle contrôle, le directeur photo totalement perdu, subjugué par une présence féminine, féministe sans l’être, surtout ne voulant pas perdre les codes de son sexe, à l’époque, le deuxième sexe, qu’elle arbore, toujours comme tant d’autres stars, égale à l’homme.

Il était une fois dans l’Ouest

Elle a grandi à la Goulette, dans la municipalité de Tunis, en Tunisie, là comme comme en Algérie et surtout au Maroc, Musulmans, Juifs et Chrétiens semblent unis par un amour de la vie, tout simplement. Nous épargnerons les détails politiques de l’un ou l’autre de ces territoires nationaux.

La Cardinale, c’est le cinéma italien, c’est Federico Fellini et Luchino Visconti, où la même année, elle brille dans 8 ½ (Otto e mezzo) et Le Guépard (Il gattopardo). Et ne pas oublier, sous la houlette de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest (C’era uuna volta il West). Tous les yeux sont braqués sur elle. Ce qui étonne, c’est son naturel (encore une fois, méditerranéen) qui ne s’explique pas, mais se sent, se savoure, nous fait enivrer, et certains hommes se voient intimidés par sa beauté radieuse.

Le guépard

Mais on apprenant son décès, ce sont des souvenirs personnels qui nous viennent à l’esprit, ceux par exemple, de La fille à la valise (La ragazza con la valigia) de Valerio Zurlini, où sa présence au son de la magnifique chanson Il cielo in una stanza, chantée par la célèbre Mina, ensorcelle, rend le contenu de l’image inoubliable et la situation immortelle. C’est personnel, mais ça existe en chacun de nous.

8 ½

Avec Cardinale, qu’il s’agisse de cinéma d’auteur ou grand public, l’intention est ce qui domine. Avec Jean-Paul Belmondo, elle partage l’affiche dans Cartouche, le cap et épée de Philippe de Broca ; tous les deux possèdent une italianité incommensurable, car cette identité brille depuis toujours, elle diffuse malgré le côté commercial de l’entreprise, un attrait certain, une poésie libertaire et non pour le moins, si l’on observe de près, romantique et peu soucieuse des conventions.

Les pétroleuses

Elle sera dans Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) un autre Visconti. Et dans Les pétroleuses, de Christian Jaque et Guy Casaril, où elle confronte amicalement Brigitte Bardot. L’une respecte l’autre.

Nous vous éviterons la liste des films traditionnelle. Aujourd’hui, elle se trouve partout dans les réseaux traditionnels d’aujourd’hui.

Claudia Cardinale ou la beauté consacrée, le visage de muse, l’attitude corporelle universelle, la peau lisse, de marbre reluisant, sans tatouages ou piercing, ou encore la chevelure colorée, tous ces artifices qui ne font que fausser irrémédiablement l’identité ; c’est l’attrait sensuel et familial en même temps qui se manifeste sans mauvaises pensées. Nous avons presque envie de dire que tout simplement… « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que le temps que dure notre regret.

La fille à la valise

Le Point |.| 39
du Ven 26 sept au Jeu 03 oct 2025

Enfants et ados
… le retour

Sauf dans le cas des blockbusters, ils avaient délaissé les salles de cinéma depuis longtemps, privilégiant les autres formes de diffusion, cellulaires, Youtube, Streaming et autres. Les ados dans ce cas-ci, non seulement ceux et celles de 13 à 19 ans, mais dans le contexte social des dernières décennies, incluant les 20 à 30 ans, celles et surtout ceux qui ont conservé cette attitude de blanc-bec, ou dans le meilleur des cas, font semblant.

Suite

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