Quelle approche prendre pour définir cette ouverture
de la saison 2022-2023 à Tangente si ce n’est que
par ce goût de total abandon, de rejet de tous codes
de la représentation. Et mis en perspective avec
un enthousiasme délirant. La salle elle-même,
la scène chorégraphique au centre; des deux côtés, deux premières rangées en format coussins au sol
(il faut avoir le dos robuste et la patience soutenue),
une troisième composée de chaises placées contre
le mur, celles-ci confortable.
Arrivez dès l’ouverture des portes.
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 09 septembre 2022
SUCCINCTEMENT. Une jeune femme se rend à Détroit pour un entretien d’embauche, loue une maison, le temps de son séjour. Mais lorsqu’elle arrive tard dans la nuit, elle découvre que la demeure est occupée par deux personnes et qu’un homme étrange y réside déjà.
P R I M E U R [ En salle] Sortie Vendredi 09 septembre 2022
SUCCINCTEMENT. La saga de Shiva qui part à la recherche de l’amour et de la découverte de soi. Au cours de son voyage, il doit faire face à de nombreuses forces du mal qui menacent le monde.
CRITIQUE.
★★★½
texte Élie Castiel
De
DJ de discothèque
à
super-héros moderne
Ranbir Kapoor est sans doute la nouvelle coqueluche de l’industrie Bollywood comme l’ont été à leur époque (et continuent d’une certaine façon) les Salman Khan, Shah Rukh Khan, John Abraham, Akshay Kumar ou plus loin encore, l’indétrônable Amitabh Bachchan. On retrouve d’ailleurs S.R. Khan et Bachchan dans Brahmāstra – Chapter 1: Shiva Un récit fascinant où philosophie et mythologie indiennes se côtoient avec une farouche énergie, impliquant au même temps que si le jeune Ayan Mukherji (ou Mukherjee) semble avoir été influencé par les grosses productions hollywoodiennes (même certaines coproduites avec le Royaume-Uni), il ne déroge pas de sa propre culture.
Mais l’histoire d’amour entre Isha (toujours brillante et magnifique Alia Bhatt, autre grosse pointure de l’industrie) et Shiva (Kapoor, jouant les différents registres avec une aisance constante et un amour du métier) est parsemée de chansons (pas trop cependant) et de danses (peu, mais époustouflantes), indiquant ainsi qu’il s’agit d’un produit Bollywood et qu’il n’est pas question de s’en départir de n’importe quelle façon.
Inutile de raconter les dessous de ce conte mythologique, sauf que celui qui deviendra le super-héros, Shiva, doit retrouver un bout de relique, le préserver pour que plus tard…
Confronter frontalement les forces du mal.
À partir du moment où l’action se met de la partie, le reste du film ne cesse de stimuler nos cordes sensibles devant un tel amalgame de scènes d’action, d’effets virevoltants et d’aventures rocambolesques où mythologie et modernité s’assemblent pour mieux préserver cette aventure que représentent les images en mouvement populaires.
Si Shah Rukh Khan apparaît dans un rôle secondaire mais essentiel à la compréhension du récit, Amitabh Bachchan vient consolider l’idée qu’il continue à endosser son métier de façon vertigineuse, s’appropriant, malgré ses presque 80 ans, de chaque séquence où il est présent.
Il y a aussi la sculpturale et magnifique Mouni Roy dans un rôle de personnage mythique qui œuvre pour les forces du mal. Son nom : Junoon, qui veut dire « passion ». C’est dans ce paradoxe nominal qu’elle livre une performance inoubliable.
En attendant, Shiva (Kapoor, qui a toujours la gueule de l’emploi) a totalement oublié son travail de DJ même s’il n’a pas changé, tout au cours du film, sa tenue vestimentaire. Mythe et modernité assument ainsi leurs correspondances.
Après Wake Up Sid (2009) et Yeh Jawaani Hai Deewani / This Youth is Crazy (2013), deux productions dans le pur style bollywoodien, Mukherji chemine vers de nouveaux horizons qui lui ouvrent les portes d’Hollywood. Tout en reconnaissant que son film baigne dans une perspective culturelle indienne, la Fox n’a pas hésité à l’affranchir avec des capitaux U.S. participants. Bien entendu, comme tout produit étranger financé en partie, s’attendant à ce que Brahmāstra puisque attirer les spectateurs américains. Et pour le cinéma hindi, une nécessité face à la nouvelle force économique (pas toujours synonyme de qualité) à Bollywood que constitue le cinéma pendjabi.
En attendant, Shiva (Kapoor, qui a toujours la gueule de l’emploi) a totalement oublié son travail de DJ même s’il n’a pas changé, tout au cours du film, sa tenue vestimentaire. Mythe et modernité assument ainsi leurs correspondances.