Vivaldi et moi

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 10 juillet 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
La rencontre entre une orpheline violoniste et un célèbre compositeur.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Luc Chaput

★★★ ½

 

Introduite dans un hospice, une femme présente la moitié du gage qu’elle avait cousu aux langes du bébé qu’elle avait déposé dans un dispositif construit à cet effet dans un des murs de l’institution. La directrice prend le gage et va le vérifier dans la pièce contenant sous clef tous les répertoires de ces existences.

Une jeune femme assiste à la scène. Elle a le prénom prédestiné de Cecilia, patronne des musiciens. Elle est comme les autres orpheline ou abandonnée par ses parents dans cette organisation de la Pietà. Sise près de la place Saint-Marc à Venise, elle est en concurrence avec d’autres églises et hospices pour récolter des dons.

 

La musique

comme

clef de sortie

 

Le scénario du réalisateur et de Ludovica Rampoldi adapte librement le Stabat Mater de l’écrivain vénitien contemporain Tiziano Scarpa. Cecilia est le moi du titre de cette coproduction française dont le libellé original est Primavera, le printemps des Quatre saisons d’Antonio Vivaldi.

La cinématographie de Daria D’Antonio privilégie les clairs-obscurs dans cet orphelinat aux règles strictes. Cecilia, interprétée avec une poignante sensibilité par Tecla Insolia, trouve un moyen d’échapper par ses lettres à sa mère à cette quotidienneté toujours renouvelée. Son talent de musicienne la fait remarquer par le nouveau maître de musique.

Une sorte d’entente professionnelle particulière.

Vivaldi auquel Michele Riondino apporte une fébrilité intérieure, est un mélodiste brillant et un compositeur polyvalent. Ce prêtre asthmatique aux cheveux roux devient donc la pierre de taille du renouveau financier du Pio Ospedale della Pietà. L’orchestre féminin caché derrière une grille dans les hauteurs de l’église attire ainsi les regards qui montent aussi vers Dieu. Leurs prestations enchantent littéralement les fidèles qui paient ensuite pour des concerts privés.

Le metteur en scène reconnu d’opéra Damiano Michieletto élabore ainsi par petites touches incidentes ou non un portrait critique d’une société dans laquelle les nantis et titrés ont bien plus que le haut du pavé en regard des autres casés au plus près des canaux humides. La musique de Vivaldi retrouve ainsi son terreau fertile et l’apport essentiel de ces instrumentistes longtemps relégués sur les bas-côtés.

Ces incursions dans la Sérénissime ville des doges sont captées dans une luminosité plus grande, interrompue par entre autres une scène de boucherie qui relie la couleur du sang à d’autres rouges et des irruptions de violence.

Le metteur en scène reconnu d’opéra Damiano Michieletto élabore ainsi par petites touches incidentes ou non un portrait critique d’une société dans laquelle les nantis et titrés ont bien plus que le haut du pavé en regard des autres casés au plus près des canaux humides. La musique de Vivaldi retrouve ainsi son terreau fertile et l’apport essentiel de ces instrumentistes longtemps relégués sur les bas-côtés.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Damiano Michieletto

Scénario : Damiano Michieletto, Ludovica Rampoldi; d’après le roman de Tiziano Scarpa, Stabat mater. Direction photo : Dario D’Antonis. Montage : Walter Fasano. Musique : Fabio Massimo Capogrosso.

Genre(s)
Drame d’époque
Origine(s)
Italie / France
Année : 2025 – Durée : 1 h 51 min
Langue(s)
V.o. : italien; s.-t.f.
Primavera

Distribution
K-Films Amérique

Contact info.
[ Memento Film International ]

Damiano Michieletto
Crédit : @ IMDb

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]