You Can See Everything

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 16 octobre 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les deux réalisateurs suivent la fondatrice déchue de Theranos, Elizabeth Holmes, et son compagnon Billy Evans pendant les 34 jours précédant son entrée en prison fédérale.

 

Le Film
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Élie Castiel

 

★★★★ ½

 

C’est dans l’ADN de plusieurs humoristes (on dit aujourd’hui stand-up, c’est plus universel). C’est aussi le cas de Nathan Fielder, associé à Lance Oppenheim pour ce qui est, sans doute, l’un des meilleurs films américains de l’année. S’il ne figure pas aux Oscars, c’est que les États-Unis auront atteint le seuil de pauvreté absolue en matière de cinéma.

 

Le regard

instigateur

 

Objet cinématographique non identifié (OCNI), tel se présente You Can See Everything. Le titre, déjà accrocheur — un des codes du stand-up, sans doute —, force le spectateur à s’accrocher continuellement à ce qui ressemble à une enquête sans retenue, manipulatrice, bifurquant de tout côté, quelles qu’en soient les conséquences. Notre « sommaire succinct » indique de quoi il s’agit ; d’ailleurs, nous ne vous dirons rien non plus des questions posées au couple. Les demandes s’apparentent à un harcèlement que les répondants semblent pourtant, malgré les apparences, apprécier. Comme si, soudain, entre le mensonge et la vérité, entre le courage et la fausse modestie, la peur, la crainte et la faiblesse, le tout se résumait à tracer une extraordinaire mise en scène, réglée à la minute près, pour constituer l’essence même du cinéma.

En fait, nous irons plus loin : c’est comme si les soi-disant coupables et les réalisateurs s’étaient mis d’accord. Car la coréalisation de Nathan Fielder et Lance Oppenheim est aussi — et vraisemblablement pour certains critiques — davantage un film sur les images en mouvement que sur l’enquête dont il est question. Ces images paraissent d’abord banales, quotidiennes.

Une fausse innocence atteinte pourtant de confiance en soi.

Puis, soudain, lorsque l’entrevue reprend ses droits et que le gros plan absolu s’impose, fièrement et agressivement, sur les protagonistes (celui qui interroge et ceux qui répondent, la plupart du temps Elizabeth Holmes), le malaise s’installe. Le voyeurisme du spectateur et l’envie de savoir ce qui adviendra nous prennent alors à la gorge, avec l’intensité d’une première relation sexuelle, qu’elle soit hétéro ou homo. C’est dans le visage de Fielder, envahissant l’écran au format 1.33:1, que cette inquisition se propulse au-delà du film.

You Can See Everything est un film sur l’absurde, non pas dans sa définition populaire, mais dans son utilisation pure de l’acte cinématographique. Le procédé est constant, même dans les quelques plans d’ensemble qui, le plus clair du temps, s’inscrivent autour de la fiction et procurent un tant soit peu d’émotion. Oui, il est touchant de constater que ce film ménage quelques moments où l’âme — celle que nous cherchons tous — nous atteint. C’est provisoire, mais les cinéastes se permettent tout de même ce truchement.

La dernière partie du film, construite à partir d’images d’archives, montre jusqu’à quel point la quête de sa « propre vérité » reprend ses droits de plus belle. Elle profite, sans doute, d’un nouveau phénomène social et politique qui a pris le monde d’aujourd’hui par surprise — pour le meilleur ou pour le pire.

Après une première partie où l’interlocutrice défend, aidée de son conjoint, la thèse qui la conduira plus tard en prison, on découvre une vie personnelle assez fascinante.

Le film dissèque le pouvoir de l’argent, l’éthique familiale et ce qui mène le monde, à tort ou à raison, vers ce qu’on appelle « le nid familial » : se tenir ensemble contre vents et marées, quels que soient nos choix.

La dernière partie du film, construite à partir d’images d’archives, montre jusqu’à quel point la quête de sa « propre vérité » reprend ses droits de plus belle. Elle profite, sans doute, d’un nouveau phénomène social et politique qui a pris le monde d’aujourd’hui par surprise — pour le meilleur ou pour le pire.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Nathan Fielder
Lance Oppenheim

Idée : Nathan Fielder, Lance Oppenheim. Direction photo : David Bolen. Montage : Adam Locke-Norton. Musique : Ari Balouzian.

Genre(s)
Documentaire
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 2 h 54 min
Langue(s)
V.o. : anglais ; s.-t.f.
Vous pouvez tout voir

Distributeur
VVS Films

Contact info.
[ A24 ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]

Cineplex

Nathan Fielder et Lance Oppenheim
Crédit : @ Instagram

Classification
Visa GÉNÉRAL
[ Tous publics ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]