Laarm de Plœrs
@ Prospero
CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel
★★★ ½

Crédit : @ Théâtre Prospero
Un personnage inventé de toutes pièces, situant la nouvelle dramaturgie québécoise, car de ce cas-ci, elle innove, bien plus encore, se radicalise intentionnellement comme s’il s’agissait d’un acte de résistance. Christian Lapointe est l’homme de la situation, assumant entièrement sa prise de position.
Notes sur la
subversion
Autrement que nous déranger par son extrême subversion, la création de Lapointe place le spectateur dans une zone grise, en éveil, en (ré)veil auquel on ne s’attend pas, qui surprend, choque, scandalise d’aucuns, se permet des va-et-vient entre un semblant de réel et un surréalisme narratif théâtral auquel nous pouvons nous attendre désormais, si la tendance se maintient.
Une écriture à la fois incendiaire, du coup attendrissante, oui, vraiment, il faut bien observer autant le décor, l’éclairage qui agit en tant que personnage et donne des tons particuliers, et même ses mots qui nous semblent, par brefs moments, insensés.
Laarm de Plœrs, un titre qui se distingue par son caractère inusité, extraordinaire coup de marketing pour épater la galerie, c’est-à-dire les supporteurs de ce théâtre, qui y croit mordicus comme un acte de libération. Des politisés tout simplement.
En une heure que dure le spectacle, toutes sortes de dérives : la politique, la sociale, la sexuelle, avec ses activités décrite sans filtre. Le privé n’existerait plus.

Un univers intérieur désacralisé.
Crédit : @ Valérie Remise
La mise en scène Christian Lapointe se présente comme un cours de littérature théâtrale donné par l’auteur (campé par un habité Sylvio Arriola) et sa muse (versatile Amélie Dallaire). Parfois, existe une confrontation entre les deux, comme si l’écriture devenait présente sur scène, le personnage clé ne se mettant pas d’accord avec le créateur. Plus qu’immersion, c’est à une colonisation de l’activité théâtrale que nous assistons.
Il faut tuer les hommes, les enfants, les femmes, se débarrasser de la condition humaine. Pas moins que cela, un véritable acte génocidaire ? À moins que tout cela ne soit qu’un sérieux questionnement quant à la radicalisation d’un monde devenu fou, notamment sur le plan politique. Est-ce nécessaire de citer les conflits auxquels nous faisons face ? Le pire, sans possible acte de cessation.
L’ensemble est volontairement froid, distant, mais retient une sorte de chaleur humaine peu perceptible néanmoins, qui est là, présente, tout le long de la pièce, même dans ces moments auxquels on ne s’y attend pas.
On réagit sans vraiment réagir, notre esprit ne cesse de remettre les pendules à l’heure.
L’ovation debout n’a pas eu lieu à la fin ; des applaudissements de circonstance seulement. Peut-être bien que la plupart des spectateurs n’avaient pas encore saisis et digéré ce à quoi ils venaient d’assister.
Il faut tuer les hommes, les enfants, les femmes, se débarrasser de la condition humaine. Pas moins que cela, un véritable acte génocidaire ? À moins que tout cela ne soit qu’un sérieux questionnement quant à la radicalisation d’un monde devenu fou, notamment sur le plan politique. Est-ce nécessaire de citer les conflits auxquels nous faisons face ? Le pire, sans possible acte de cessation.
Laarm de Plœrs prend alors tout son sens.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Texte & Mise en scène
Christian Lapointe
Assistance à la Mise en scène
Claude Gagnon
Interprètes
Sylvio Arriola, Amélie Dallaire
Scénographie
Julie Lévesque
Lumière
Martin Sirois
Musique & Conception vidéo
Christian Lapointe
Diffusion & Billets
Prospero
(Salle principale)
Durée
1 h
(Sans entracte)
Jusqu’au 16 mai 2026
