At the Place of Ghosts
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 8 mai 2026
Le destin de deux frères réunis par l’irruption d’un esprit maléfique, et qui explorent les forêts primaires des Mi’kmaq, un peuple autochtone canadien.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★
Flottante
spiritualité
Depuis toujours, les autochtones ont eu un rapport différent de leurs colonisateurs en ce qui a trait non seulement à l’orientation sexuelle, mais bien plus, au rapport qu’ils entretiennent à la spiritualité.
L’âme, bien sûr, la mystique, et plus encore l’immatérialité. Non pas des codes religieux, car il ne s’agit pas de foi judéo-chrétienne ou musulmane, celles des trois religions monothéistes, mais d’un rapport à la nature privilégié.
Le cinéaste Bretten Hannam, qui nous avait séduit avec l’abouti Wilwood, plus ouvertement queer, semble ici moins interpellé, trop enthousiaste envers une thématique qui lui tient à cœur, trop peut-être. À part lui, rares sont les cinéastes de Premières Nations à avoir abordé ces thèmes aussi importants à l’époque actuelle.
Cet emballement, poussé un peu trop loin, joue en sa défaveur. Si le film commence par un incident mystique où le mystère des rapports étranges entre la Nature et le Corporel est filmé avec un doigté exemplaire et à la fois sans paroxysme, annonçant ainsi une suite encore plus prometteuse, il n’en est pas ainsi tout au long du film.

Un environnement qui malgré son étrangeté, ne leur est pas impénétrable.
Sur ce récent long de Hannam, on a maintes fois commenté dans le milieu (celui de la critique) qu’il était question d’un film LGBTQ où les codes de la sexualité et de l’appartenance identitaire prendrait une importance particulière dans le récit.
Au lieu, des zones d’ombres, thèmes sur la question à peine perceptibles, comme si du coup, le cinéaste, pourtant talentueux à filmer les personnages et les lieux, les atmosphères aussi, comme atteint par la foudre du Grand Esprit (ce que nous appelons Dieu) l’empêchait d’utiliser le cinéma pour en parler.
Un film imparfait, et c’est peut-être dans cette insuffisance narrative que réside une des rares forces du film : le cinéaste n’étant pas, lui-même, en mesure de répondre aux interrogations. Comme quoi les forces de la Nature et les liens qui les unissent à l’Humain se superposent dans ce film intelligemment inabouti, et qui assume totalement sa destinée.
De ces deux frères, Mise’l (Blake Alec Miranda) et Antle (Forrest Goodluck), tous les deux très présents tout en retenant une certaine distance qu’exige la ligne discursive, beaucoup de marches à travers la nature, la forêt, atteinte de douceur en même temp d’aspérités et de colère. Rien de nouveau pour ces deux jeunes gens au passé dramatiques qu’ils tiennent à oublier, justement pour lui administrer un effet rédempteur leur donnant la force de continuer leur chemin.
Un film imparfait, et c’est peut-être dans cette insuffisance narrative que réside une des rares forces du film : le cinéaste n’étant pas, lui-même, en mesure de répondre aux interrogations. Comme quoi les forces de la Nature et les liens qui les unissent à l’Humain se superposent dans ce film intelligemment inabouti, et qui assume totalement sa destinée.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Bretten Hannam
Scénario : Bretten Hannam. Direction photo : Guy Godfree. Montage : Shaun Rykiss. Musique : Jeremy Dutcher, Devon Bate.
Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
Canada / Belgique
Année : 2025 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : mixte; s.-t.a.
Sk+té’kmujue’katik

Bretten Hannam
Dist.
V V S Films
Contact/Prod.
[ Prospero Pictures ]
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
