Le Point |.| 25
du Ven 19 au Jeu 25 juin 2026
Bollywood
un nouveau venu se rebiffe
Élie Castiel
Rédacteur en chef

Jangjeet Sandhu
Crédit : IMDb
Le nouveau réalisateur Jagjeet Sandhu retient l’attention avec son premier long métrage intitulé Oye Bhole Oye 2 (Hey, Innocent One). Fait remarquable, particulièrement au vu de la conjoncture actuelle, il tient encore l’affiche. Il bénéficie manifestement de l’intérêt d’un nouveau public issu des communautés culturelles, en quête de nouvelles propositions.
Né en 1991, Sandhu aborde la mi-trentaine, un âge charnière où s’ouvrent tous les possibles. Fort d’un charisme certain, ce comédien issu du théâtre et du cinéma livre une performance remarquable, qui emprunte tant à l’art du pantomime qu’à la dynamique du mouvement perpétuel. Au grand écran, il résout les conflits maladroitement avec une nonchalance et une désinvolture qui se muent invariablement en triomphe.
Originaire du Pendjab, le comédien a déjà collaboré à une trentaine de productions. Dans le film dont il question, il se donne le rôle principal et on pourrait d’emblée soupçonner un opportunisme de complaisance, une telle conclusion s’avérerait erronée. Il s’agit, en vérité, d’une révélation artistique majeure.
Jagjeet Sandhu structure et rythme ses séquences à la manière de véritables chorégraphies animées. Porté par une profonde conviction artistique, il multiplie les ruptures de ton et plonge le spectateur dans un état de sidération admirative face à l’ingéniosité de sa mise en scène. Cette démarche n’est pas sans rappeler celle de Raj Kapoor, figure emblématique d’une époque révolue.
Jagjeet Sandhu mesure le chemin qui sépare sa maîtrise technique de celle de son modèle spirituel, mais sa persévérance témoigne d’une grande maturité artistique ; la patience demeure, après tout, la vertu des forts.
