Cauchemar conseil

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 04 septembre 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lucie, une thésarde sans visa de travail et en proie à l’insomnie, est enfermée dans une liaison destructrice avec son directeur de thèse, en plus d’être pourchassée par un ex jaloux.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Élie Castiel

★★★ ½

 

N’eut été une fin longue, trop longue, sorte de rituel païen où les symboles, les déflagrations de toute sortes, des personnages atteints de folie, d’extase, parfois se donnant à des cérémonies secrètes, comme issues des temps anciens. Tout ce beau monde, de plus, improvise ces moments disparates, vite partagés, inventant des stratagèmes comme si, de la part des deux cinéastes, la direction d’acteurs et la mise en scène étaient reléguées aux oubliettes. J’ose avouer que cette longue partie n’était pas nécessaire et de plus, n’apporte absolument rien à la principale proposition.

 

La thésarde

et

la vagabonde

 

Avant cela, un film branché au titre à plusieurs significations, Cauchemar conseil, titre inusité qu’on essaie, à plusieurs reprises au cours de la projection, de saisir le sens. Et du coup, comme ça, on laisse tomber et préférons nous laisser séduire par ces dialogues à la Rohmer, et bien plus, à quelque chose de purement français, dont on retrouve la saveur romanesque dans un autre film qui sort cette semaine, Histoires parallèles, de l’Iranien Asghar Farhadi.

Du moment où l’on se parle, qu’importe le moyen.

Je ne suis pas certain si les deux filles dont il est question improvisent ou suivent un dialogue précis. Cela a-t-il avoir avec le jeu totalement volage, parfois secoué par des mouvements corporels entre la liberté et l’innocence de l’enfance et l’âge adulte décomplexé ?

Ce qui est intéressant, c’est que le Montréal autour d’elles ressemble à un endroit fantôme où seules les voitures circulent sans que les conducteurs fassent attention, comme si ceux-ci ne voyaient pas ces deux filles venues d’un ailleurs sans nom.

Cette colonisation de l’espace filmique n’est-elle pas, après tout, de la part des deux « combattants » (les cinéastes) une sorte de discours (statement, en anglais, c’est plus fort) sur le cinéma et ses multiples possibilités ?

[ … ] entre le cauchemar de l’insomnie, qui révèle parfois des surprises, et la fausse réalité, une thérapie filmique comme conseil venant de deux entêtés avenants qui osent remettre en question les codes parfois inflexibles des images en mouvement.

Mais arrive le temps où nous sentons la touche de Després-Larose et Rousiouk se faisant sentir, comme ça, par instinct, à condition d’avoir, comme nous le devrions en tant que critique, un rapport intime avec les images en mouvement. Entre le Québécois et celle d’origine équatorienne et ukrainienne, un parcours du combattant pour modifier les codes des images et des plans. Pari réussi, même si c’est à un public averti que le film s’adresse.

Dans un lieu bien défini de Montréal, un boisé quelque part dans le quartier Hochelaga, sis rue Notre-Dame, Béatrice rencontre souvent celui par qui les choses arrivent. Il s’agit d’un lieu enchanté. Tout compte fait, un endroit où la créativité narrative, si elle existe dans ce film totalement libre, non seulement dépasse la réalité, mais l’embrouille, la déconstruit, on pourrait même la détruit, puisque dans l’esprit totalement autonome, affranchi des deux esprits libres, le cinéma n’est nul autre que la décomposition d’un réel illusoire qu’on voudrait parfait, mais qui ne l’est pas.

C’est à un moment au cours du film que soudain, comme pris par un sursaut de lucidité, que nous apprenons la signification du titre : entre le cauchemar de l’insomnie, qui révèle parfois des surprises, et la fausse réalité, une thérapie filmique comme conseil venant de deux entêtés avenants qui osent remettre en question les codes parfois inflexibles des images en mouvement.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Renaud Després-Larose
Ana Tapia Rousiok

Idée : Renaud Després-Larose, Ana Tapia Rousiok, Geneviève Ackerman, Marie Eve Loyez. Direction photo : Renaud Després-Larose, Francis Leduc. Montage : Renaud Després-Larose. Musique : Tonalités expérimentales d’Ana Tapia Rousiok.

Genre(s)
Comédie expérimentale
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 2 h 29 min
Langue(s)
V.o. : français
Cauchemar Conseil
VA : Nightmare’s Advice

Distributeur
La Distributrice de films

Contact info.
[ Films Fragiles ]

Ana Tapia Rousiok @
Renaud Larose-Després
Crédit : @ LaDistributrice_de_films

Diffusion
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]