Logic of the Worst
CRITIQUE.
[ SCÈNE ]
★★★
texte
Élie Castiel
Au cours de quelques brefs moments, lorsque les deux comédiennes et les trois comédiens vivent les silences, leur présence sur scène se fait sentir. Une fois le verbe reconquis, chacun déploie du mieux qu’il peut pour arriver à raconter un récit sur la « platitude » de la vie, sur la remise en question de nos existences, sur ce qui nous touche quotidiennement de près ou de loin et fait en sorte que nous nous accrochons à notre corps.
Le texte d’Étienne Lepage est un argumentaire existentiel et c’est par le mode de la parole urbaine contemporaine qu’il déplie son savoir-faire, mieux encore son « savoir dire ». Il est question des relations (limitées à celles hétéronormatives, ou du moins si on se fie à ce qu’on nous raconte) qui envahissent nos vies. Pour ne pas vivre seul, pour s’identifier à l’autre ; pour être aimé et peut-être aimer. Logic of the Worst est justement baigné des fausses attentes, des interrogations parfois douteuses qu’on se donne la peine de « vivre » avec trop de sérieux.
Et la finale est l’une des plus belles à laquelle nous ayons assisté depuis longtemps. Peut-être même jamais vue. Simplement, il suffit de partir. Pour ne plus rien dire.

