Stillwater

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 30 juillet 2021

SUCCINCTEMENT.
Un ouvrier de l’Oklahoma se rend à Marseille pour aider à prouver l’innocence de sa fille condamnée et emprisonnée pour meurtre.

CRITIQUE.

★★★

texte
Luc Chaput

Le havre de la seconde chance

            À Marseille, dans un hôtel de deuxième catégorie d’une chaîne américaine, un client aide une petite fille à avoir une carte pour entrer dans sa chambre. Bill Baker est un ouvrier bourru américain de retour de l’Oklahoma pour revoir sa fille Allison emprisonnée pour le meurtre d’une colocataire.

            Le réalisateur américain Tom McCarthy est surtout connu pour Spotlight traitant de l’enquête du Boston Globe sur les crimes pédophiles de religieux américains. Pour rendre plus crédible cette investigation criminelle dans un autre pays, McCarthy également producteur, auteur avec Marcus Hinchey du canevas de la partie américaine du scénario, s’est associé avec Thomas Bidegain et Noé Debré pour naviguer dans les dédales de la cité phocéenne et les arcanes du système judiciaire français.

Une réconciliation souhaitée.

            La rencontre avec Maya la petite et sa mère Virginie permet d’ancrer l’histoire dans de nombreux quartiers de cette métropole méditerranéenne. Ainsi sont tissés d’autres types de liens qui constituent des moments plus joyeux en contrepoint de ceux passés dans les démarches administratives et les rencontres en prison avec Allison. Abigail Breslin interprète avec doigté cette jeune femme qui a quitté sa ville universitaire américaine de Stillwater pour venir étudier au loin, en Europe.

            Les ponts ont été presque rompus avec ce père qui a commis de nombreuses erreurs et auquel Matt Damon accorde aussi son aura habituelle de héros quasi anonyme. Cela permet au réalisateur de déjouer à plusieurs reprises les attentes des spectateurs. Il donne un peu trop de temps au temps pour rendre tangibles les évolutions des rapports entre les êtres et l’acclimatation de ce col bleu pas aussi borné qu’il en a l’air. Camille Cottin et Lilou Siauvaud apportent à leurs Virginie et Maya une salutaire fraîcheur et Moussa Maaskri donne à son personnage de Dirosa l’ambiguïté nécessaire.

            La photographie de Masanobu Takayanagi alterne élégamment entre les intérieurs plus sombres, les chausse-trappes des cités et les vues sur les calanques et autres lieux plus touristiques. Marseille devient donc ainsi un acteur de fond de ce drame policier où la résolution du problème a des réverbérations familiales.

Marseille devient… un acteur de fond de ce drame policier où la résolution du problème a des réverbérations familiales.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Tom McCarthy

Scénario
Tom McCarthy

Thomas Bidegain
Marcus Hinchay
Noé Debré

Direction photo
Masanobu Takayanagi

Montage
Tom McArdie

Musique
Mychael Danna

Tom McCarthy.

Genre(s)
Drame psychologique

Origine(s)
États-Unis

Année : 2020 – Durée : 2 h 19 min

Langue(s)
V.o. : anglais, français; s.-t.a., s.-t.f.

Stillwater

Dist. [ Contact ]
Les Films Séville

Classement
Général

[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

En salle(s) @
Cinéma du Parc
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Green Knight

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 30 juillet 2021

SUCCINCTEMENT.
Au Moyen-Âge, en Angleterre, un jeune chevalier part affronter de nouveau un géant d’une autre nature.

| LE FILM
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

De la nature du héros

     Dans une auberge, un jeune chevalier est dans une chambre avec sa copine. Celle-ci, d’un statut social inférieur, lui remet un ruban orné d’un grelot qu’il portera pendant son important voyage.

    La légende du roi Arthur et de Camelot a généré de nombres œuvres poétiques, dramatiques y compris des comédies musicales et des versions cinématographiques dont le très récent Kaamelott – Premier volet. Le réalisateur américain David Lowery (A Ghost Story / Une histoire de fantôme)  s’est inspiré d’un long poème britannique du 14e siècle Sir Gawain and the Green Knight pour échafauder son récit en en modifiant certains éléments. Il rend hommage à son auteur anonyme dès le début et garde le caractère de conte de l’ensemble en plaçant des titres de chapitres pour baliser son récit. Gawain ou Gauvain, pour montrer sa valeur, se propose durant un banquet des fêtes de fin d’année pour affronter le Chevalier vert, géant à l’aspect d’un arbre ceint d’une armure. Il réussit à gagner la première partie du défi.

S’apercevoir que la vie d’un héros est plus complexe que seulement accomplir une action d’éclat.

     Lowery utilise la mise en abyme d’un spectacle populaire de marionnettes pour transmettre au peuple le geste d’un de ses nobles et évoquer ce qui pourrait arriver. Dev Patel réussit tout au long du long métrage à nous faire partager les joies, les peines, les questionnements de ce jeune homme qui s’aperçoit que la vie d’un héros est plus complexe que seulement accomplir une action d’éclat. Le réalisateur-scénariste Lowery enveloppe sa trame de références au merveilleux, à la magie, transformant la fée Morgane en mère de Gawain. Celle-ci impulse donc dès le départ l’action en appelant à l’aide ses forces telluriques.

   Le voyage de Gawain vers la chapelle pour la revanche du Chevalier devient un périple initiatique rehaussé par les landes, les vallées, les montagnes et les forêts magnifiquement filmées. La direction photo, de son collaborateur pour A Ghost Story, Andrew Droz Palermo en fait également ressortir selon le contexte diverses couleurs. De la désolation d’une capture par des brigands, à la rencontre d’une fantôme jusqu’au séjour dans un riche château, le montage de Lowery ralentit le rythme, rembobine même une courte action puis accélère le rythme. Il désoriente Gawain et l’amène à contempler la nature en sa riche multiformité.

Le motif du cercle, couronne, auréole, percole tout long de cette ode filmique sur le cycle de la vie et la place de l’humain et de sa droiture dans cet écosystème.

     Le château-refuge, dont certaines décorations semblent postérieures à l’époque du poème initial, est habité par un châtelain et sa dame avec qui Gawain a des jeux plus sophistiqués mais aussi dangereux pour l’honneur chevaleresque. Le ruban avec grelot de la copine est échangé pour une ceinture verte protectrice donnée par la belle châtelaine d’ailleurs interprétée avec dextérité par la même Alicia Vikander. La troupe, réunie par Lowery, s’est ainsi également investie dans l’aventure et les nuances de jeu sont belles à voir.

     L’affrontement avec le Chevalier dans son antre-chapelle se décline dans des variations sur le courage et se poursuit dans un montage de quinze minutes sans paroles, vision d’un avenir aux multiples embranchements qui se clôt sur une scène similaire à celle du début. Le motif du cercle, couronne, auréole, percole tout long de cette ode filmique sur le cycle de la vie et la place de l’humain et de sa droiture dans cet écosystème.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
David Lowery

Scénario
David Lowery

Direction photo
Andrew Droz Palermo

Montage (remonté)
David Lowery

Musique
Daniel Hart

Genre(s)
Conte fantastique

Origine(s)
États-Unis / Grande-Bretagne
Irlande / Canada

Année : 2021 – Durée : 2 h 08 min

Langue(s)
V.o. : anglais & Version française

Le chevalier vert

Dist. [ Contact ] @
Entract Films

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

En salle(s) @
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Cpx-Hebdo 31
[ 07 @ juillet 2021 ]

UNE SÉLECTION D’ÉVÉNEMENTS MAJEURS
C I N E P L E X
Semaine
Du vendredi 30 juillet Au jeudi 05 août 2021

| CONCERTS / MUSIQUE
& DOCUMENTAIRES.

BLACKPINK The Movie
Su Yee Chung
Oh Yoon-Dong

SUCCINCTEMENT.
Rencontre avec les membres du groupe féminin sud-coréen BLACKPINK et nombreux extraits de concerts.

Suite

1 … 1 247 1 248 1 249 1 250 1 251 … 1 556