SUCCINCTEMENT Des scientifiques et des artistes des quatre coins du monde posent un regard sur les bienfaits des sons et des rythmes dans leur quotidien et leur domaine d’expertise.
CRITIQUE.
★★★½
texte Élie Castiel
Nourrir les sons de l’affect
L’importance des divers sons dans les films, aussi bien que dans nos vies, qu’il s’agisse de bruits de fond, de musique, de chants, de toutes sonorités valables. C’est à cela que s’intéresse Marie-Julie Dallaire, cinéaste d’ici, qui prend un soin considérable à décortiquer ce qui compose l’aspect acoustique de notre existence.
Configuration qui passe le plus souvent inaperçue, mais au visionnement de Big Giant Wave, ou Comme une vague, si vous préférez, on n’écoutera plus de la même façon. Aucun rapport entre les intervenants si ce n’est que la relation qu’ils entretiennent avec le son est une de plus intimes car elle participe à une vision de la vie et des choses où l’ouïe n’est plus qu’un simple moteur auditif, mais une outil complice, une entité virtuelle qui traverse autant l’esprit que le cerveau.Suite
SUCCINCTEMENT Une veuve excentrique, habituée des milieux mondains new-yorkais, voit sa vie basculer par l’annonce de son insolvabilité imminente.
CRITIQUE.
★★★
texte Élie Castiel
Michelle Pfeiffer, qu’on n’avait pas vue au grand écran depuis quelque temps dans un rôle important alors que Hollywood n’est pas trop friand de rôles principaux pour actrices dépassant la quarantaine, s’impose finalement – En 2019, elle se cache sous des maquillages grandiloquents dans Maleficient: Mistress of Evil / Maléfique : Maîtresse du mal (2019). Ici, elle se permet un cadre propice à toutes éventualités dans le jeu d’interprétation. Pour l’occasion, un mélange de cynisme aguerri, de fausse méchanceté et de sensibilité occultée. Et pour cadres, un New York mondain et une ville de Paris idéalisée.
Face au sous-utilisé Lucas Hedges, entre autres, du sensible et intelligent Waves(2019) de Trey Edward Shultz, elle ne vole pas la vedette, partageant ce goût pour le champ/contre champ équitable, chacun situant son personnage dans un univers entre l’imaginaire et la réalité, résultat du travail de scénarisation singulier de Patrick DeWitt, merveilleusement coupable de l’inusité The Sister Brothers / Les frères Sisters (2018).
La veuve joyeuse
tristement ruinée
Michelle Pfeiffer dans un décor désuet mais chaleureux.
Une petite communauté se crée à la suite d’évènements qui dépassent l’entendement, mêlant occultisme, réincarnation et réalité. Dans la majeure partie du film, dans ce Paris quasi fabriqué qui ressemble à celui qu’aurait choisi Woody Allen, presque de carte postale, là où même les itinérants, surtout lorsqu’ils sont des migrants, s’en tirent malgré les coups bas des forces de l’ordre.
Et une maison prêtée, assez grande pour accueillir des excentriques. Tous formant une commune, un rassemblement de gens partageant, comme par miracle, la même notion de vie, des personnages issus du théâtre, de la comédie burlesque.
Là où le dialogue se permet des disparités, des contre-sens et ce jeu de rôles et d’influences qui finit par se dénouer dans la plus triste tradition. Puisque French Exit, titre annonciateur, est un film malheureux comme peuvent être ceux qui pensent et se comportent autrement. Car derrière ces accoutrements de faux bonheur, de oisiveté maladive et plus que tout, d’une envie de vivre qui peine à s’affirmer, ce cache un monde de déceptions.
Sous la forme d’un salon mondain, le film d’Azazel Jacobs (plusieurs inédits) impose comme cadre un décor désuet mais chaleureux, une commune excentrique composée de protagonistes d’une richesse inoubliable. Singuliers, humains, correspondant à une idée détachée, mais salvatrice, du monde.
Michelle Pfeiffer profite de cet instant qu’on lui octroie pour magnifier une veuve fallacieusement joyeuse, tristement abandonnée en termes d’argent et particulièrement d’abandon.
Sous la forme d’un salon mondain, le film d’Azazel Jacobs impose comme cadre un décor désuet mais chaleureux, une commune excentrique composée de protagonistes d’une richesse inoubliable. Singuliers, humains, correspondant à une idée détachée, mais salvatrice, du monde.
SUCCINCTEMENT Dans un monde futuriste, Kong est gardé en captivité dans un univers technologique contrôlé par des scientifiques. Mais Godzilla, gigantesque monstre radioactif, se déchaîne et met en péril l’humanité.
CRITIQUE.
★★★
texte Élie Castiel
Les deux sont gagnants
par la voie de la médiation
La proposition, un tant soit peu égarée, des scénaristes Eric Pearson et Max Borenstein, sans nul doute grands connaisseurs en la matière, abreuvés de nombreux « films de monstres », ont concocté un récit qui s’inscrit admirablement bien à l’air du temps, en l’occurrence, nouvelles technologies, dispersions néfastes de la science, progrès parfois envahissants, pernicieux, comme la création d’un nouveau MegaGodzilla technologique, alliant reptile préhistorique et bouts de ferrailles, sans compter sur ses organes intérieurs contrôlés en partie par les nouveaux technocrates, les jeunes comme les moins jeunes. Une société d’individus qui contrôlent tout à partir de leur écran d’ordi. Et non seulement de l’Occident, mais de partout dans le nouvel espace mondialisé.
Godzilla, notre Godzilla, celui des générations précédentes, celui qui est devenu à travers les décennies notre compagnon de voyage cinématographique, n’a ici qu’un rôle secondaire, Kong prenant la place qu’il mérite si l’on se fie à un scénario qui s’en va de tous côtés. Pour une simple raison : Kong est plus proche de l’humain, c’est un de nos ancêtres. Et dans Godzilla vs. Kong, il fait tout pour que son jeu, particulièrement en ces moments où la chaleur de son visage, l’expression de ses yeux et l’ensemble de son comportement nous rapproche de lui. Enfin, façon de parler.
Parmi les moments les plus attendus.
Mais, blague à part, à tel point que la communication entre le personnage tenu par la jeune Kaylee Hottle, touchante par son humanité, détachée presque des avancées cybernétiques, est un pur dialogue, un champ/contre champ d’une rigueur remarquable, aux frontières de l’émotion. En quelque sorte, comme des frères autrefois ennemis.
Pendant une partie du film, notre Godzilla disparaît. On aura quand même l’occasion de le voir se battre contre Kong, occasionnant les moments les plus attendus du film, au grand dam des fans de « Godzil » (pour les proches intimes) car c’est le Gorille puissant qui gagne.
La mise en scène assurée par Adam Wingard, coupable assumé de plusieurs courts, de quelques longs et, entre autres, du segment Phase I Clinical Trials dans le collectif V/H/S/2 (2013), choisit le chemin le moins escarpé par le biais de références cinématographiques bien minutieusement codées. Il y a de tout en matière de cinéma d’anticipation, mais évitons les fameuses listes, vous obligeant intentionnellement à les découvrir en visionnant le film.
Godzilla vs. Kong s’avère un film, dans le genre, touche-à-tout, sympathiquement hybride, adorablement conciliateur, nourri d’une tentative de plaire au plus grand nombre.
Reste néanmoins la question ultime, la plus concluante, celle qui réconciliera les adeptes des deux bestioles adorables qui ont bercé une grande partie de notre adolescence et pourquoi pas âge adulte… jusqu’à toujours.
Une amitié inattendue entre Godzilla et Kong ? Une tentative de plaire aux adeptes des deux monstres ? Une finale hollywoodienne qui répond aux exigences d’un public de plus en plus sensible, incapable de renouer avec la notion originale de catharsis, quelle que soit la conclusion ?
Toujours est-il que Godzilla vs. Kong s’avère un film, dans le genre, touche-à-tout, sympathiquement hybride, adorablement conciliateur, nourri d’une tentative de plaire au plus grand nombre. Paris réussi. Tout le monde il est satisfait, tout le monde il est content.
NOTE : Pas de visionnement de presse, pas d’avant-première, pas de lien. Toujours est-il que seuls certains privilégiés ont eu droit à ces égards. Situation totalement inadmissible alors que nous faisons la promotion du film, quelle que soit la tenue de notre critique. Nous l’avons donc vu en salle, le jour de la sortie, le mercredi 31 mars.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Adam Wingard
Scénario Adam Wingard Michdael Borenstein D’après un récit de Terry Rossio, Michael Dougherty & Zach Shields
Images : Ben Soresin
Montage : Josh Schaeffer
Musique Junkie XL
Adam Wingardentouré de ses deux puissantes bestioles.
Genre(s) Aventures de science-fiction
Origine(s) États-Unis Australie
Année : 2021 – Durée : 1 h 53 min
Langue(s) V.o. : anglais & Version française Godzilla vs Kong
Dist. @ Warner Bros. Canada
Classement Tous publics [ Déconseillé aux jeunes enfants ]