La fameuse invasion des ours en Sicile

PRIMEUR
Sortie
vendredi 28 février 2020

SUCCINCTEMENT
Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile. Le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes.

CRITIQUE

texte
Luc Chaput

★★★ ½

Voyage ludiquement éducatif

Dans un lieu retiré en montagne, Gedeone, un saltimbanque et Almerina, sa fille et assistante narrent, avec de multiples effets visuels, une fable sur la relation entre les ours et les humains à un seul spectateur qui est un vieil ours que les deux ont réveillé dans sa profonde tanière.

Dino Buzzati a publié, en 1945 dans un magazine italien, cette nouvelle qu’il racontait à ses enfants. L’auteur du Désert des Tartares avait aussi illustré ce texte de grands dessins. Le peintre Lorenzo Mattotti reprend une partie de ces dessins comme base des personnages et lieux de ce conte philosophique sur les relations entre des personnes issues d’environnements divers et voisins. L’action se déroule, d’après les uniformes des dignitaires, fin 18e siècle. Les décors naturels aux couleurs vives rappellent certaines peintures du Groupe des Sept canadien et accentuent la majesté des lieux où gouverne un débonnaire roi des ours. L’adaptation de Thomas Bidegain, de Jean-Luc Fromental et du réalisateur redouble les points de vue puisque l’ours spectateur devient après le narrateur d’une suite de l’histoire.

La participation du scénariste Bidegain et de son fameux collègue Jean-Claude Carrière en vieil ours à la troupe des interprètes apporte une mise en abyme à l’ensemble et rend encore plus engageante cette histoire qui charmera petits et grands.

Les aventures de ces plantigrades aux allures pataudes mais plus intelligents qu’ils ne paraissent et qui sont obligés d’entrer en contact avec les humains sont propulsées dans un entrain communicatif. Les dialogues contiennent quelques perles sur la corruption et la recherche effrénée du pouvoir et de la richesse. La numérisation des dessins au crayon gras et des pastels de Mattotti par son équipe rend également hommage à des peintres de diverses époques dans l’élaboration des décors urbains et maritimes où se meuvent en certains lieux des fantômes et d’étranges créatures issues du travail du magicien De Ambrosis et de ses concurrents. La participation du scénariste Bidegain et de son fameux collègue Jean-Claude Carrière en vieil ours à la troupe des interprètes apporte une mise en abyme à l’ensemble et rend encore plus engageante cette histoire qui charmera petits et grands.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Lorenzo Mattotti

Genre(s)
Animation

Origine(s)
France

Italie

Année : 2019 – Durée : 1 h 22 min

Langue(s)
Version française

V.o. : italien
La famosa invasione degli orsi in Sicilia

Dist. @
TVA Films

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Ma folle semaine avec Tess

PRIMEUR
Sortie
vendredi 28 février 2020

SUCCINCTEMENT
En vacances avec ses parents et son frère à Terschelling, une île de la commune néerlandaise, Sam se lie d’amitié avec Tess, une fille de son âge qui lui avoue ne pas connaître son véritable père.

BRÈVE

texte
Élie Castiel

★★★  ½

La saison de tous les possibles

La mi-trentaine, le Néerlandais Steven Wouterlood se trouve en terrain connu dans ce premier long métrage d’un charme intentionnellement désuet et d’une tendresse envoûtante. Remarqué dans son pays pour ses réalisations de courts sujets autant pour le cinéma que pour la télé, il s’inspire ici du roman d’Anna Woltz, avec comme point de départ, le questionnement sur l’existence et l’attachement aux autres du jeune Sam (excellent Sonny Coops Van Utteren dans un premier rôle). Le dialogue, simple pourtant, repose souvent sur les valeurs de la vie, sur ses côtés éphémères et sur ce besoin, si essentiel et pourtant quasi absent dans nos sociétés occidentales de se rapprocher des autres.

La salsa, musique grand public classique, sert de toile de fond musicale à ce charmant récit filmé simplement, sans effets spéciaux, sincèrement, comme peut parfois se comporter la vie.

 

La préadolescence est donc vue sous un œil d’une forte maturité, ce qui explique également la présence de la jeune Joséphine Arendsen (un premier rôle aussi pour le grand écran), la Tess du titre, qui donne à son personnage une aura de femme-enfant aussi magnétique que délicieusement émancipée.

Dans cette fable sur le passage à un âge entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence, aucun faux pas, aucun larmoiement, rien qu’un comportement de la part des jeunes protagonistes qui nous poussent, nous les adultes, à une remise en question de nos valeurs depuis longtemps enracinées. S’il est dit que la vérité sort de la bouche des enfants, ne faudrait-il pas ajouter que souvent, « le mensonge sort de la bouche des adultes ». La salsa, musique grand public classique, sert de toile de fond musicale à ce charmant récit filmé simplement, sans effets spéciaux, sincèrement, comme peut parfois se comporter la vie.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Steven Wouterloot

Genre(s)
Comédie dramatique

Origine(s)
Pays-Bas

Allemagne

Année : 2019 – Durée : 1 h 24 min

Langue(s)
V.o. : allemand, néerlandais; s.-t.f. & Version française

Meine wunderbar seltsame Woche mit Tess
In Mijn bijzonder rare week met Tess

Dist. @
A-Z Films

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Thappad

PRIMEUR
Sortie
vendredi 28 février 2020

SUCCINCTEMENT
En apparence, Anita mène une vie de couple sans histoires. Le tout change lorsque son mari lui inflige une gifle lors d’une réception.

CRITIQUE

texte
Élie Castiel

★★★★ 

Déjà, dans l’excellent Article 15 (Lekh 15), Anubhav Sinha abordait le thème de la violence faite aux femmes dans une Inde de plus en plus occidentalisée et pourtant toujours conservatrice quant aux rapports hommes-femmes.

Même constat dans Thappad, en français La gifle, geste agressif et pourtant banal qui sert de point de départ à une étude sur la profondeur et la signification de certains actes masculins perpétrés envers les femmes. La mise en scène de Sinha est ici plus étonnante puisqu’elle suggère, au fur et à mesure que le récit progresse, de nouvelles pistes d’analyse. D’une part, on se désespère au même titre que Vikram – très efficace Pavail Gulati face à ses problèmes conjugaux qui s’ajoutent à ceux professionnels; de l’autre, on comprend Amrita, rôle tenu par la subtilement concentrée Taapsee Pannu  dans son jeu multiforme de jeune femme au foyer, alors que petit à petit elle prend conscience de son statut de femme et tente par tous les moyens de comprendre le vrai sens du geste de son mari.

Les interstices

de l’âme

Film freudien par son analyse psychologique, allant dans des lieux de la psyché collective rarement explorés, Thappad suggère plus qu’il ne montre. Le montage serré et ultra rapide de Yasha Ramchandani (le même que dans Article 15) nous donne souvent du fil à retordre tant il utilise volontairement cet assemblage d’images comme d’une arme à double tranchant, ne laissant rien au hasard et nous faisant changer d’idée à chaque détour des situations. La photographie soignée de Soumik Mukherjee (de l’excellent Batla House, 2019, de Nikhil Advani), donne à l’ensemble du film une aura de mystère conjugal qui renvoit à un certain cinéma urbain, notamment dans les espaces intérieurs où la caméra est si proche des protagonistes, qu’on ressent leurs angoisses autant que leurs comportements parfois impulsifs, pourtant montrés, et c’est une nouvelle tendance dans le cinéma Bollywood, avec une certaine subtilité.

Donner complète liberté aux spectateurs comme c’est couramment le cas dans notre cinéma occidental n’est pas toujours sain pour comprendre la véritable portée des événements racontés. Indiscutablement, les nuances impénétrables s’imposent.

L’industrie mainstream de cette partie du monde se transforme de plus en plus; sans nécessairement laisser tomber les ingrédients chants-danses traditionnels (même si quasi complètement absents ici), les nouvelles normes narratives sont d’ordre moral et social. Contrairement aux Occidentaux, les cinéaste indiens se distinguent par leur côté observateurs-de-l’âme, comme dans un cinéma américain d’une autre époque, celle des grands maîtres. Sans émettre nécessairement des messages moraux, ils montrent des facettes de la société qui nous poussent à réfléchir. Donner complète liberté aux spectateurs comme c’est couramment le cas dans notre cinéma occidental n’est pas toujours sain pour comprendre la véritable portée des événements racontés. Indiscutablement, les nuances impénétrables s’imposent.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Anubhav Sinha

Genre(s)
Drame

Origine(s)
Inde

Année : 2020 – Durée : 2 h 22 min

Langue(s)
V.o. : hindi; s.-t.a.

The Slap

Dist. @
Imtiaz Mastan

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

En salle(s) @
Cineplex

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