The Invisible Man

PRIMEUR
Sortie
vendredi 28 février 2020

SUCCINCTEMENT
Après avoir planifié avec minutie tous les détails de son départ, Cecilia Kass quitte son conjoint, Adrian Griffin, un homme violent et contrôlant. Quelque chose d’étrange et d’inquiétant se passe au cours des jours qui vont suivre.

BRÈVE

texte
Luc Chaput

★★★

Noir et blanc en couleurs

Une femme prépare le petit déjeuner. Elle fait cuire des œufs bacon. Elle sort de la pièce, un couteau tombe du comptoir, la cuisson au gaz augmente et cause de la fumée. Elle revient régler cette crise avec de l’aide. Le roman de H. G. Wells, publié il y a plus de cent ans, avait déjà connu plusieurs adaptations cinématographiques dont celle fameuse de James Whale en 1933. Tout en gardant Griffin le nom de famille du spécialiste en optiques, le réalisateur et scénariste australien Leigh Whannell, surtout connu pour sa participation à la série Saw, prend comme protagoniste Cecilia, une architecte qui a fui Griffin, son conjoint contrôlant et violent. Le réalisateur augmente graduellement les scènes plus dérangeantes visant à faire sursauter les spectateurs. En employant Elisabeth Moss, devenue très célèbre pour la télésérie The Handmaid’s Tale comme actrice principale, il assoit son propos dans la mouvance du mouvement #MeToo. L’invisibilité de son persécuteur rend plausible la réaction de certains qui la croient folle.

Le cinéaste et son équipe artistique ont ainsi réussi à relancer la série de nouvelles versions de films d’horreur qu’Universal a dans sa besace depuis longtemps.

 

Le va-et-vient entre séquences où Cecilia reprend le contrôle de sa vie et celles où elle doit montrer blanc sur noir qu’il y a bien quelqu’un qui trouble sa quiétude psychologique permet à l’actrice de montrer l’étendue de son talent. La contemporanéité du projet s’inscrit aussi dans l’utilisation des caméras de surveillance et autres gadgets qui tissent une toile de plus en présente dans notre vie. La résolution de ce suspense d’horreur psychologique passe également par quelques doubles qui rajoutent une note de plusieurs gris à cette étude en noir et blanc en couleurs. Le cinéaste et son équipe artistique ont ainsi réussi à relancer la série de nouvelles versions de films d’horreur qu’Universal a dans sa besace depuis longtemps.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Leigh Whannell

Genre(s)
Suspense d’épouvante

Origine(s)
Australie

États-Unis

Année : 2020 – Durée : 2 h 04 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

L’homme invisible

Dist. @
Universal Pictures

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

En salle(s) @
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Lodge

PRIMEUR
Sortie
vendredi 28 février 2020

SUCCINCTEMENT
Richard Marsh, un essayiste reconnu spécialiste des groupes religieux extrémistes, est en pleine procédure de divorce. Au cours de ses recherches, il tombe amoureux de Grace, l’unique survivante d’un suicide collectif perpétré au sein d’une secte.

CRITIQUE

texte
Élie Castiel

★★★ 

Après leur cinglant Goodnight Mommy / Ich Seh Ich Seh (2014), le duo composé des Autrichiens  Veronika Franz et Severin Fiala signent une œuvre incandescente où l’horreur est plus savamment suggérée que pointée du doigt. C’est surtout grâce à la caméra du Grec Thimios Bakatakis, déjà remarqué par son travail soutenu dans deux films de son compatriote Yorgos Lanthimos, The Lobster / O astikos (2015) et The Killing of a Sacred Deer (2017). Il assure dans The Lodge une continuité de rythme, de positionnement de l’objectif, dans la façon d’articuler et de positionner les espaces, mais en même temps faisant en sorte que la caméra circule autour d’eux, reculant parfois par des arrêts brefs et soudains comme pour mieux dramatiser le moment. La direction photo, on en parle peu dans les critiques, mais comme c’est le cas ici, force est de souligner qu’elle contribue à s’harmoniser magistralement avec la proposition narrative, un récit intentionnellement tordu, extradiégétique car dépassant le réel avec un étonnant savoir-faire.                                         

 

Psychoses

Mais avant tout, The Lodge… est un exercice de style dans le cinéma de genre, une sorte de caprice que se permettent les deux cinéastes, fort enthousiastes face à ce projet brillamment abouti, mais qui en fin de compte, ne mène à rien. Et c’est très bien comme ça. D’où la confirmation qu’une des missions du cinéma est également de simplement faire plaisir à l’œil et à l’ouïe, rien de plus.

Fiala et Severin ont tourné en paysage canadien (au Québec – d’où la longue liste des artisans de production québécois), dans un espace enneigé où l’humain ne peut se sentir qu’en perdition, dans un immense terrain isolé de fin du monde où une étrange bâtisse se trouve là, non pas par pur hasard, mais comme si cette découverte tenait le fil conducteur d’une histoire d’horreur compliquée et qui ne cherche surtout pas à ce qu’elle cache intérieurement.

Mais avant tout, The Lodge (en français « gîte », « auberge », « chalet », selon notre propre définition en visionnant le film) est un exercice de style dans le cinéma de genre, une sorte de caprice que se permettent les deux cinéastes, fort enthousiastes face à ce projet brillamment abouti, mais qui en fin de compte, ne mène à rien. Et c’est très bien comme ça. D’où la confirmation qu’une des missions du cinéma est également de simplement faire plaisir à l’œil et à l’ouïe, rien de plus.

Soulignons que la distribution est formée de comédiens de talents, dont la photogénique Riley Keough et les deux jeunes, Jeanden Martell et Lia McHugh, à l’aise dans des personnages exigeants. Quant à Richard Armitage, il ne fait que passer.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Veronika Franz
Severin Fiala

Genre(s)
Suspense d’épouvante

Origine(s)
Grande-Bretagne

États-Unis
Canada

Année : 2019 – Durée : 1 h 48 min

Langue(s)
V.o. : anglais

The Lodge

Dist. @
V V S

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

[ Horreur ]

En salle(s) @
Cinéma du Parc

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Nell Gwynn

CRITIQUE

SCÈNE

texte
Élie Castiel

★★★★

Entre la Scène et la cour du Roi

La mise en scène ludique, séduisante, de Krista Jackson, accompagnée des décors extravagants de Jawon Kang,  illumine la grande salle du Monument-National. Proposition intemporelle que cette Nell Gwynn, s’inscrivant dans l’air du temps, au moment où la mouvance artistique au féminin perce de plus en plus.  La plume de Jessica Swale évoque les grands écrits classiques où humour, drame, sentiments amoureux et demi-teintes s’expriment avec autant de légèreté que d’élégance; comme s’il s’agissait d’une petite révolution intérieure, la femme s’ouvre aux expériences que l’homme a toujours eues par défaut.

Le hasard veut que Nell devienne comédienne, provoquant chez un certain public une gêne d’abord, mais un nouveau monde auquel il faudra s’habituer, une approche près du réel – les comédiens jouant des rôles de femmes exprimaient des mouvement et des gestes exacerbés, affichant pour ainsi dire des airs de fausseté. Avec la femme, l’authenticité s’annonce et tout n’est que pour le mieux.

… ce qui est le plus touchant, c’est de constater que le spectateur est rivé à son siège, retenant son souffle devant la caresse des mots, les phrases brillantes, les double entendres, ou si vous préférez les doubles-sens, chers à la dramaturgie d’une certain époque.

Suite

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