Un été en hiver
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 juin 2026
Après avoir écrit l’histoire d’un homme et d’une femme qui se croisent sur une plage en été, une scénariste s’isole dans les montagnes enneigées du Japon pour chercher l’inspiration. Là, un vieil homme solitaire vient troubler sa quiétude. Deux saisons, deux rencontres, qui finissent par se répondre.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★ ½
De ces rencontres
qui nous définissent
Étrange film que ce Un été en hiver, du cinéaste nippon Shō Mikaye, proposition inclassable, presque perdue au milieu de l’océan cinématographique ; là où l’écriture d’un scénario autour de deux personnages sert de toile de fond à un film sur l’immobilisme, le désarroi occulté, le désir faussement non éprouvé, mais aussi sur la crise de création d’une scénariste qui pourrait être l’alter ego du cinéaste.
Si tel est le cas, cette mise en abyme bien voulue correspond sans doute à l’impossibilité, de nos jours, à créer comme dans les années de grande manne, peut-être révolues.
Par là-même, Miyake, il nous semble, ne fait que se mentir à lui-même car son film, sans être un très grand accomplissement, n’en demeure pas moins un proposition authentique avec, certes, ses légers bémols et afféteries de style, des caprices de ces nouveaux cinéastes (il est dans le jeune quarantaine) qui voient leur cinéma non pas comme un concours de circonstances, mais bien au contraire, quelque chose tout droit sortie de leur imagination, continuellement en gestation. Des résistants.
Dans le film, la scénariste Li, travaille un nouveau script, qui propose la rencontre entre une jeune femme de la grande ville et un jeune homme rendant visite à sa famille. Rien de plus banal sauf que Miyake, par l’entremise de magnifiques plans, arrive à cadrer ses personnges de telle façon que les silences solennels résonnent comme des invitations à l’abnégation devenue force morale.

Nos sensations sont peut-être noyées dans l’océan,
Cette partie du film est un véritable contact avec le corps social, indicateur de tout rapprochement chez l’humain. Chose rare dans le cinéma japonais moderne. Sauf que le film, une fois montré aux décideurs, ne plaît pas.
Li, pour ne pas arrêter son élan de créativité se rendra dans une station de sports d’hiver, pour échapper à sa crise existentielle artistique. Dans une pension de montagnes isolée, elle va rencontrer Benzo, le propriétaire, pas du genre bavard, avec qui elle entamera un rapport professionnel, source de son prochain scénario.
Proposition inclassable, presque perdue au milieu de l’océan cinématographique ; là où l’écriture d’un scénario autour de deux personnages sert de toile de fond à un film sur l’immobilisme, le désarroi occulté, le désir faussement non éprouvé, mais aussi sur la crise de création d’une scénariste qui pourrait être l’alter ego du cinéaste.
Peut-être démarche un peu trop compliquée de la part de Miyake, mais en même temps propice à une profonde réflexion sur le cinéma, non seulement nippon, mais celui des autres nations, qui ont pu l’influencer. Sur la même longueur d’onde, une remise en question de soi-même, incapable de faire autre chose dans la vie que scénariser et tourner.
Trois destins qui se complètent comme par enchantement : Benzo, que sa femme a abandonné, en compagnie de leur enfant; Li, en pleine crise de création et le couple du début, d’un côté ou de l’autre, en mal d’amour.
Film triste et profondément mélancolique qui trouve du réconfort dans la beauté des images, comme la nudité de la nature, le ciel parfois bleu et le parfum intérieur des êtres.
NB: Le scénario se base, en partie, sur deux mangas de Yoshiharu Tsuge, A View of the Seaside et Mr. Ben and His Igloo. Pour les besoins de cette critique, nous n’en faisons pas mention, préférant traiter du film comme œuvre originale.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Shō Miyake
Scénario : Shō Miyake. Direction photo : Yûta Tsukinaga. Montage : Keiko Okawa. Musique : H’Spec.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
Japon
Année : 2025 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : japonais, s.-t.f. & s.-t.a.
Two Seasons, Two Strangers
Tabi To Hibi

Shō Miyake
Crédit : IMDb
Dist.
Ritual Films
Contact/Prod.
[ Sedic ]
Diffusion
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

U


