Leviticus

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 juin 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Deux adolescents maudits par les étoiles doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus, l’un l’autre.

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★

 

Each Man Kills the Thing He Loves

(Chaque homme tue ce qu’il aime)
Jeanne Moreau, fredonnant ces premiers mots
dans Querelle, le film-culte de D.W. Fassbinder

 

À mes yeux, le titre de cette chanson qu’on retrouve dans le Fassbinder correspond beaucoup plus au film que sa présumée référence au Lévitique 18,22 de l’Ancien Testament où il est dit «Tu ne coucheras pas avec un homme comme tu couches avec une femme, car c’est une abomination. Ou à bien y penser, sans doute bien que ‘oui’, puisque Adrian Chiarella, qui signe ici son premier long métrage, tient à débattre intelligemment de cette référence au passage biblique (acquiescé aussi dans le Nouveau Testament) en rapport aux droits LGBTQ+, ces derniers temps en perte de vitesse face à une société où le masculinisme d’antan refait surface, mais dans des perspectives plus agressives.

Une histoire d’amour entre deux étudiants gais de lycée, Naim (Joe Bird, jouant son rôle avec une stupéfaction qui donne un air insupportable, du moins aux yeux de certains) et Ryan, le garçon blond (Stacey Clausen incarnant un double rôle avec autant de charisme que de brutalité meurtrière) sont les véritables protagonistes de cette histoire à saveur « conte de la folie meurtrière ».

Un mur visible qui sépare l’amour de la mort.

Qu’est-ce qui a pu pousser Chiarella à amalgamer drame romantique et film d’horreur et par défaut, de violence ? Ça se passe dans un petit patelin quelque part en Australie où les mentalités sont plutôt conservatrices, très conservatrices, et où les affaires religieuses sont sous la gouverne du Pasteur de délivrance, que Nicholas Hope joue avec un sadisme inné envers les abominations de la foi et une volonté aveugle d’obéir aux principes dévots.

Plusieurs situations ont lieu au cours de cette traversée entre le besoin d’aimer en accord avec son orientation et la fermeture d’esprit des habitants. Les deux amoureux se débrouillent toutefois pas mal bien pour satisfaire leur frénésie (mais Chiarella est plutôt prudent dans son illustration), auquel s’ajoute un autre personnage qui va attirer Ryan, plus sexuel que Naim. Ce dernier est jaloux et provoque la zizanie qui vient interrompre les familles de ces trois adolescents, qui découvrent la vérité.

[ … ] de par son atmosphère d’ensemble, bien agencée, nous accordant une note de passage à ce film qui annonce quand même un cinéaste prometteur.

Le tout se complique, ainsi que les scènes d’épouvante où cette entité malveillante venue d’un autre monde ressemble à s’y méprendre à Ryan. Sans compter que certains personnages disparaissent comme par enchantement.

Dans les derniers instants de ce film, quand même court dans sa durée, on aura compris que le titre de notre article est beaucoup plus adapté au film.

Cette séquence finale à bord d’un autobus qui conduit les deux amants vers des cieux plus cléments, sans doute la capitale du pays, est beaucoup plus crédible que celle, au milieu du film, à l’arrière d’un autobus local, moment totalement invraisemblable.

Mais de par son atmosphère d’ensemble, bien agencée, nous accordant une note de passage à ce film qui annonce quand même un cinéaste prometteur.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Adrian Chiarella

Scénario : Adrian Chiarella. Direction photo : Tyson Perkins. Montage : Nick Fenton. Musique : Jed Kurzel.

Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
Australie
Année : 2026 – Durée : 1 h 28 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Leviticus

Adrian Chiarella
Crédit : Tiffany Burke

Dist.
Entract Films
Contact/Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Horreur ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Death of Robin Hood

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 juin 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
La dernière année de Robin des bois.

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★

 

Le personnage de Robin Hood est le fruit d’un jeu de mots, voler en portant une cape. Il existe dans la littérature anglaise depuis le Moyen-Âge et a donné plusieurs itérations reliées au moment de la réécriture comme symbole d’une révolte populaire ou nobiliaire contre les oppressions. Michael Sarnoski s’est inspiré d’A Gest of Robyn Hode et construit son scénario en deux parties très distinctes d’ailleurs filmées dans un format différent. La première, se déroulant en 1247, est dans un 2:41 très sombre aux couleurs terriennes dans laquelle même le vert louche vers le brun. Dans les plateaux et montagnes, un homme à pied, sans épée mais portant un coutelas et un arc, chemine on ne sait vers quoi et fait une rencontre qui devient risquée.

 

Vendetta

et rachat

 

Puis retrouvant un ami, John, le Petit Jean de l’équipée, il l’aide à reprendre son dû. La violence est crue, frontale et des vies passent rapidement ou plus difficilement à trépas dans des corps à corps intenses. Un combat avec le paterfamilias ennemi prend des proportions homériques dans des lueurs quasi infernales. C’est là la représentation la plus directe de cette époque de l’humanité appelée en anglais Dark Ages.

Comme une sensation de finitude.

Gravement blessé, Robin est transporté dans un autre lieu et le cadre devient du 1.66 nimbé d’une grande luminosité par le travail du directeur photo Pat Scola (Sing Sing). Le récit se transporte dans un couvent îlien, havre paisible avec son jardin de simples et d’arbres fruitiers. Accueilli sous un pseudonyme, Randolph reprend goût à la vie et à la beauté du monde sous les bons soins de la prieure.

Après Pig sur un truffier marginal, le cinéaste a presque réussi à clore de façon crépusculaire la saga de cet individu qui a donné de belles heures à Douglas Fairbanks, Errol Flynn, Sean Connery et Kevin Costner.

Jodie Comer, avec une force tranquille, y continue de creuser le sillon de cette ère entamée dans The Last Duel. Le vétéran de campagnes de larcins aide avec ses aptitudes diverses de plus en plus la communauté dans laquelle la violence est plus sourde. Un lépreux, ancien soldat caché dans une armure de bandages auquel Murray Bartlett imprime les volutes de sa voix, lui signale une autre voie dans laquelle l’accompagne une petite fille. Hugh Jackman, dans ce Robin qui a des allures similaires à son Logan, apporte à chaque pan de son personnage une variété d’attitudes qui sont le reflet sensible de son évolution intérieure.

Après Pig sur un truffier marginal, le cinéaste a presque réussi à clore de façon crépusculaire la saga de cet individu qui a donné de belles heures à Douglas Fairbanks, Errol Flynn, Sean Connery et Kevin Costner.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Michael Sarnoski

Scénario : Michael Sarnoski. Direction photo : Pat Scola. Montage : Andrew Monshein. Musique : Jim Ghedi.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 2 h 02 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
La mort de Robin des bois

Michael Sarnoski
Crédit : Jordan Strauss

Dist.
Entract Films
Contact/Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Toy Story 5

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 juin 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jessie, Buzz et Woody tentent encore de participer à la vie ludique de Bonnie.

 

Le Film 
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★★

 

 

Arrivée accidentellement à la demeure de son ancien propriétaire, Jessie la cowgirl découvre que celle-ci a donné son prénom à sa fille.

De l’amitié

avant

toutes choses

Commencée il y a trente ans par Pixar, la saga des Histoires de jouets était le premier long métrage d’animation entièrement en images de synthèses. On y démontrait par la fiction que les jouets avaient une vie autre pendant que leurs utilisateurs ne les employaient pas ou étaient occupés ailleurs. Des êtres faits de plastique, de bois, de tissus ou de fils de fers avaient ainsi une personnalité, des souhaits et des doutes. De grandes situations universelles étaient aussi évoquées dans les suites telle l’annihilation meurtrière d’une communauté dans l’Épisode 3.

Woody le cowboy ayant décidé dans le numéro 4 de suivre une amie dans d’autres aventures. Jessie est devenue le shérif et donc le leader des jouets hétéroclites de Bonnie. Celle-ci a peu de copains dans le quartier où elle habite. Ses parents lui offrent donc une tablette, Lilypad, à l’apparence d’une grenouille entourant une mare dans laquelle la petite fille de 8 ans peut, comme Narcisse, se mirer dans l’écran pour mieux s’y enfoncer.

Un mélange harmonieux de toutes les espèces.

Délaissés rapidement et voués à une prochaine extinction ou à être jetés aux rebuts, cette troupe de jouets tente une série d’actions pour finalement demander conseil et aide à Woody, qui répond avec l’aide d’un walkie-talkie. Le scénario d’Andrew Stanton et Kenna Harris, par le biais d’apartés en apparence secondaires, illustre l’évolution technologique depuis de nombreuses années. Des jouets éducatifs à piles non rechargeables y côtoient des babioles qui ont aussi une âme et un sens de la répartie pendant qu’une nouvelle version améliorée de Buzz l’astronaute se meut en cinquante exemplaires, persuadés eux qu’ils ne sont pas des jouets. L’animation est volontairement réaliste durant les aventures échevelées de Jessie, son destrier et autres acolytes. Elle y rencontre même une jeune fille ayant un animal de compagnie original.

Cette suite, sortant sept ans après la précédente, clôt, de manière beaucoup plus que satisfaisante, cette série qui montre encore une fois après Inside Out, Monsters Inc, Wall-E et Ratatouille que les petits bonhommes peuvent apporter de nombreux commentaires pertinents sur le monde moderne.

Les scènes de création en duo ou d’imagination solitaire sont traitées dans une ambiance de livre de conte de fées aux couleurs pastel mues par des narrations plus théâtrales. De nombreux gags visuels, jeux de mots et cascades parsèment avec régularité et quelquefois avec grand effet de manche ses pérégrinations de Woody, Jessie et Buzz qui tentent de se créer une place dans un univers contemporain dans lequel l’intimidation est de l’autre côté d’un bouton de téléphone ou de tablette.

Les prestations vocales sont de très haut niveau spécialement celle de Joan Cusack dans le rôle central de Jessie, de Tim Allen en Buzz toujours à la poursuite de son étoile proche et Tom Hanks qui apporte une certaine auto-dérision à son Woody. Conan O’Brien, après If I Had Legs I’d Kick You, confirme dans le rôle vocal d’un jouet éduquant à la propreté qu’il a maintenant sa place comme acteur de soutien.

Cette suite, sortant sept ans après la précédente, clôt, de manière beaucoup plus que satisfaisante, cette série qui montre encore une fois après Inside Out, Monsters Inc, Wall-E et Ratatouille que les petits bonhommes peuvent apporter de nombreux commentaires pertinents sur le monde moderne.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Andrew Stanton
McKenna Harris

Scénario : Andrew Stanton, McKenna Harris. Direction photo : Matt Aspbury, Jean-Claude Kalache. Montage : Jennifer Neysa Jew. Musique : Jack Antonoff, Randy Newman.

Genre(s)
Animation
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 42 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Histoire de jouets 5

McKenna Harris
& Andrew Stanton
Crédit : IMDb

Dist.
Buena Vista Canada
Contact/Prod.
[ Pixar Animation Studios ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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