Spinal Tap II: The End Continues

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 septembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Suite du mockumentaire
Spinal Tap de 1984. Que s’estil passé depuis ?

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★ ½

Une satire qui

refuse de s’éteindre 

 

Quarante ans après avoir redéfini la satire musicale avec This Is Spinal Tap (1984), considéré encore aujourd’hui comme l’une des plus grandes comédies des années 1980, voici que Derek Smalls (Harry Shearer), Nigel Tufnel (Christopher Guest) et David St. Hubbins (Michael McKean) reprennent leurs guitares, leurs basses et surtout leurs egos surdimensionnés dans Spinal Tap II: The End Continues. Le simple fait de les revoir ensemble, vieillis mais toujours cabots, suffit à déclencher un sourire attendri chez quiconque a usé les répliques culte de l’original. Ce retour tardif aurait pu tourner au cynisme, à l’exercice opportuniste vidé de sa verve. Pourtant, le film réussit le pari d’assumer la nostalgie tout en retrouvant cette délicieuse ironie qui faisait le charme de la première incursion.

La formule, bien sûr, ne change pas : le faux documentaire suit encore une fois les déboires du groupe lors des répétitions et en coulisses. Mais plutôt que d’imiter servilement le passé, le film ose jouer sur le vieillissement, sur l’absurdité de voir ces rockeurs sexagénaires croire encore qu’ils sont au sommet de leur gloire. L’humour est moins explosif que dans le chef-d’œuvre de Reiner, mais il demeure parfaitement calibré, toujours suspendu à cette « ligne mince entre ce qui est intelligent et stupide », pour citer Nigel Tufnel lui-même. Cette ambiguïté, moteur essentiel de l’univers Tap, est encore ici maniée avec une ironie délectable.

Se prêter au jeu malgré tout.

Là où cette suite prend toute sa force, c’est dans sa capacité à pointer du doigt l’état actuel de l’industrie musicale. Le film ridiculise avec brio ces tournées « d’adieu » qui n’en finissent plus, ces reformations improbables de groupes qui peinent à exister autrement que par le recyclage de leur propre gloire passée. Les producteurs véreux et les stratagèmes de marketing grossiers sont ici égratignés avec une acuité qui rend la satire encore pertinente. Spinal Tap n’a plus besoin de forcer la caricature, il lui suffit de refléter un monde où la nostalgie est devenue un produit de consommation, emballé et vendu à prix fort.

Oui, au final le film est un peu opportuniste, et il ne détrônera pas l’original dans le panthéon des comédies culte. Mais il n’a pas à le faire car il se contente de prolonger la blague, de retrouver un ton, une complicité et une absurdité musicale toujours vivace.

La dernière partie, qui culmine dans un concert d’adieu, frappe juste : ce moment à la fois parodique et sincère reflète une réalité musicale où tant de groupes usés par le temps s’offrent une ultime tournée pour capitaliser sur la fidélité (et la nostalgie) des fans. L’effet miroir entre fiction et réalité rend le gag encore plus savoureux. De plus, une pluie de caméos de musiciens et célébrités — que je vous laisse découvrir — apporte un surcroît de plaisir et confirme que Tap a bel et bien contaminé la culture pop au-delà du simple pastiche.

Oui, au final le film est un peu opportuniste, et il ne détrônera pas l’original dans le panthéon des comédies culte. Mais il n’a pas à le faire car il se contente de prolonger la blague, de retrouver un ton, une complicité et une absurdité musicale toujours vivace. En ce sens, c’est une suite réjouissante, un hommage sincère et surtout un rappel que, même quarante ans plus tard, Spinal Tap sait encore faire rire en jouant… toujours à 11.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Rob Reiner

Scénario : Rob Reiner, Christopher Guest, Michael McKeen. Direction photo : Lincoln Else. Montage : Bob Joyce. Musique : ‘Spinal Tap’.

Genre(s)
Comédie parodique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Spinal Tap II: The End Continues

Rob Reiner

Distributeur @
Les Films Sk

Contact @
[ Castle Rock Entertainment ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Long Walk

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 septembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le jeune Garraty va participer à
La Longue Marche, une compétition qui compte cent participants. Cet événement sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi.

 

ANGLE
| PANORAMIQUE |
Pascal Grenier

★★ ½

Manque

de souffle 

Comme une volonté de moderniser le propos.

On entre dans The Long Walk sans grande attente et on en ressort avec un sentiment mitigé. Cette relecture cinématographique du premier roman de Stephen King (sous son pseudonyme de Richard Bachman) conserve la trame implacable de l’ouvrage, mais la transpose dans un écrin contemporain, visiblement soucieux de séduire le public habitué à Squid Game ou aux récits de survie extrême d’où la présence de Francis Lawrence à la réalisation. Oui, il y a le choc, les exécutions froides, la critique sous-jacente d’un système qui prétend prôner la liberté tout en l’étranglant. Mais la mécanique, bien huilée sur papier, finit ici par tourner un peu en rond à l’écran. Le film embrasse les clichés du genre, autant dans sa narration que dans ses moments comiques forcés ou ses tentatives de dialogues profonds qui perdent rapidement leur éclat. On devine une volonté de moderniser le propos, mais on se heurte à une certaine paresse scénaristique. 

Le final, à la fois prévisible et étrangement creux, confirme que The Long Walk n’a pas tout à fait su exploiter la richesse de sa matière première.

Cela dit, le long métrage ne sombre jamais dans l’ennui total et le réalisateur des Hunger Games tente bien que mal d’insuffler le tout avec une mise en scène vivante. On y dénote une relative efficacité à des liens entre personnages qui fonctionnent, à un désespoir palpable et à quelques mises à mort qui parviennent à choquer. Mais on regrette le manque d’imagination dans les variations du « jeu » et l’absence d’un véritable travail sur l’évolution psychologique des protagonistes au fil de cette marche impossible qui finit par lasser et nous laisser perplexe. Le final, à la fois prévisible et étrangement creux, confirme que The Long Walk n’a pas tout à fait su exploiter la richesse de sa matière première.

Francis Lawrence

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Francis Lawrence

Scénario : JT Molner; d’après le roman éponyme de Stephen King. Direction photo : Jo Williams. Montage : Peggy Eghballan, Mark Yoshikawa. Musique : Jeremiah Fraites.

Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 48 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Marche ou crève

Distributeur @
Cineplex Pictures

Contact @
[ Lionsgate ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Langage vulgaire ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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