RÉSUMÉ SUCCINCT. Randonnée au long cours dans certains quartiers de Montréal.
COUPS D’ŒIL < Pour apprécier le travail des deux cinéastes qui cueillent, au détour de leurs multiples rencontres, des instants de luminosité et de chaleur humaines durant ce mois souvent gris; < Pour être étonné de la pluralité des points de vue et des expériences dans ces endroits quelquefois incongrus dans lesquels se côtoient des individualités; < Pour déplorer que certains portraits soient beaucoup trop courts dans cette pérégrination qui eut l’honneur d’être le film de clôture des RIDM.
[ LC ] Cote : ★★★
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation Karine van Ameringen Iphigénie Marcoux-Fortier
Karine van Ameringen & Iphigénie Marcoux-Fortier
Genre Essai documentaire Origine Canada [Québec] Année : 2023 – Durée : 1 h 35 min Langue V.o. : français, anglais; s.-t.f. November
RÉSUMÉ SUCCINCT. Les hauts et les bas de Sam Manekshaw qui est devenu le premier officier de l’armée indienne à être promu au grade de Field Marshall.
COUPS D’ŒIL < Un épisode mal connu d’un héros militaire indien; < Interprètes, particulièrement Vicky Kaushal dans le rôle principal, bien intégrés(es) dans leur rôle respectif; < Présence articulée de Fatima Sana Shaikh campant le personnage d’Indira Gandhi; < Parti pris évident de Meghna Gulzar, une des rares femmes cinéastes dans l’industrie-Bollywood.
RÉSUMÉ SUCCINCT. Godlock est en mission pour venger son jeune fils, qui a été tragiquement abattu lors d’une guerre de gangs la veille de Noël.
CRITIQUE
Pascal Grenier
★★★ ½
La loi
du
talion
Vingt ans après avoir quitté Hollywood suite au fiasco et à l’échec commercial de Paycheck, le légendaire réalisateur chinois John Woo est de retour en sol américain. Quand on parle de John Woo on parle d’un bonhomme qui a littéralement réinventé les codes du cinéma d’action contemporain avec des films comme The Killer, Hard Boiled et même Face/Off . Malgré ses 77 ans, il prouve à nouveau qu’il n’a pas perdu de sa superbe pour orchestrer des séquences d’action dont lui seul en connaît le secret. Sur papier, Silent Night semble être un film de vengeance parmi tant d’autres qui cherche à capitaliser sur ce thème très à la mode ces dernières années.
Mais outre le fait que ce soit une pure commande, il faut saluer l’audace du scénario qui ne repose sur aucun dialogue hormis quelques cris, des sons émetteurs-récepteurs radio ou autres vagues paroles inintelligibles sans la moindre importance. Ce qui pourrait sembler une gimmick ou un arc narratif artificiel se transforme étonnamment ici en une méditation sur le deuil avant de bifurquer vers un film de vengeance d’une brutalité implacable. Woo revient à un sentimentalisme et à un ton solennel qui faisait défaut dans ses films américains.
Le poids du silence
Il se veut plus raffiné dans son style et ose expérimenter au lieu de chercher à plaire (oubliez les colombes qui s’envolent au ralenti). Idem pour ceux qui ont envie de voir un divertissement puéril à la Violent Night; et bien détrompez-vous car vous risquez d’être largement déçu. Bien que l’action se déroule essentiellement durant la période des réjouissances, Silent Night est sans aucun doute un des films de Noël (si j’ose dire) les plus sombres qui soient.
En revanche, si vous avez envie d’une proposition différente, à contre-courant et à la limite de l’expérimentation sur le sujet, ce film risque de vous surprendre. Un film qui démarre sur une scène de violence percutante et qui ensuite se fait attendre avant une finale hyperviolente où le cinéaste-auteur en met plein la vue. Car oui, Woo est un des rares auteurs dans le cinéma d’action contemporain qui, malgré un passage à vide ces dernières années dans son pays d’origine a su innover au fil des décennies.
Très investi, ce dernier est convaincant en père de famille dévasté et ruiné par la perte tragique de son fils et il réussit à faire passer l’émotion sans l’usage de la parole.
Contre toute attente, il trouve ici le moyen de se réinventer avec cet exercice de style audacieux. Il se montre particulièrement efficace dans sa composition visuelle et dans sa manière de présenter la violence viscérale à l’écran. Des cadrages ingénieux à l’utilisation du plan-séquence, la caméra est toujours en mouvement que ce soit pour les scènes de transitions ou encore dans sa façon singulière de filmer l’action; plus épurée, sèche et sauvage que ses oeuvres les plus célèbres. Dramatiquement, le film repose en grande partie sur la performance de Joel Kinnaman.
Très investi, ce dernier est convaincant en père de famille dévasté et ruiné par la perte tragique de son fils et il réussit à faire passer l’émotion sans l’usage de la parole. Sans atteindre le degré de réflexion de Death Wish (l’original bien entendu) sur le thème du vigilantisme comme une ultime délivrance, Silent Night y ressemble en essence et en esprit et c’est tant mieux ainsi.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation John Woo
Scénario Robert Archer Lynn Direction photo Sharone Meir Montage Zach Staenberg Musique Marco Beltrami
John Woo
Genre Action Origine États-Unis Année : 2023 – Durée : 1 h 44 min Langue V.o. : anglais & Version française Vengeance silencieuse
Dist. [ Contact ] @ V V S Films [ Thunder Road Pictures ]