Baise-en-ville
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 26 juin 2026
Menacé d’être viré par sa mère, Sprite doit passer son permis pour trouver un taf, mais il a aussi besoin d’un taf pour payer son permis. Heureusement, sa monitrice d’auto-école est prête à lui prêter son baise-en-ville. Mais c’est quoi un baise-en-ville ?
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★★
Le permis de
tourner en rond

Après le remarqué Grand Paris, le jeune cinéaste français Martin Jauvat poursuit son exploration d’une jeunesse périphérique avec Baise-en-ville, chronique sentimentale et sociale qui suit un banlieusard un peu paumé, partagé entre la recherche d’un emploi, l’obtention de son permis de conduire et les fantômes d’une relation amoureuse désormais révolue. Sur le papier, le projet avait tout pour devenir l’une de ces petites comédies douces-amères capables de saisir l’air du temps. À l’écran, le résultat demeure sympathique, mais aussi passablement inégal.
Il faut toutefois reconnaître à Jauvat une qualité de plus en plus rare dans la comédie française contemporaine : une véritable tendresse envers ses personnages. Son regard n’est jamais cruel. Il observe cette génération en suspens, incapable de trouver sa place, avec une bienveillance qui désarme. Les situations, souvent anodines, dégagent un charme discret et un léger brin de fraîcheur qui fait du bien au milieu d’un paysage humoristique souvent formaté.

Fiston, je t’expliquerai ce que ça veut dire.
Cela dit, difficile de partager l’enthousiasme débordant de certains critiques. Baise-en-ville donne parfois l’impression de n’être qu’une succession de vignettes plus ou moins inspirées. Le récit peine à prendre de l’ampleur et tourne volontiers en rond, à l’image de son protagoniste. S’ajoute à cela une esthétique qui emprunte un peu trop ostensiblement aux compositions symétriques et aux couleurs pastel de Wes Anderson, sans toutefois retrouver la précision ni l’inventivité du maître américain.
Une œuvre attachante et anecdotique qui ne révolutionnera rien, mais qui possède suffisamment de singularité pour mériter qu’on lui accorde un détour… à défaut d’un véritable coup de cœur.
Tout repose alors sur l’attachement que l’on développe — ou non — envers le personnage incarné par Jauvat lui-même. Son côté lunaire et maladroit pourra attendrir certains spectateurs et en irriter d’autres. Heureusement, le film bénéficie d’une arme secrète en la personne de Emmanuelle Bercot, irrésistible en monitrice d’auto-école qui se transforme peu à peu en coach de vie improvisée. Chacune de ses apparitions apporte une énergie bienvenue et elle finit presque par voler le film.
Au final, Baise-en-ville est une comédie mignonne, parfois touchante, parfois agaçante, sur le deuil amoureux et le vide du quotidien. Une œuvre attachante et anecdotique qui ne révolutionnera rien, mais qui possède suffisamment de singularité pour mériter qu’on lui accorde un détour… à défaut d’un véritable coup de cœur.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Martin Jauvat
Scénario : Martin Jauvat; avec la collaboration de Maïté Sonnet, Pascale Fauret et Alain Layrac. Direction photo : Vincent Peugnet. Montage : Jules Condignac. Musique : Pierre Leroux.
Genre(s)
Comédie
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 34 min
Langue(s)
V.o. : français
Baise-en-ville
Martin Jauvat
Crédit : @ Cannes
Semaine de la critique

Distribution
FunFilm Distribution
Contact/Production
[ Le Pacte ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
