Dis-moi qui tu es,
je te dirai ce que tu dis
@ La Licorne

CRITIQUE
[ Scène ]

texte : Élie Castiel

★★★★

Esprit

d’équipe

Jamais estime de soi ne fut aussi bouleversante que dans cet échange, concluant la pièce, entre une mère et son fils; plutôt une sorte de mise en abyme théâtrale entre l’auteur et la metteure en scène. Des mots de Simon Boudreault qu’il dit lui-même, dans un timbre de voix bas, confidentiel, mais dans le même temps conscient d’un auditoire devant lui ; mais dans le même temps destiné à tous ces auteur(es) voulant qu’on reconnaisse une fois pour toutes leur talent. Le même pourrait s’appliquer à d’autres fonctions culturelles, comme celui de critique (oui, bien sûr, j’assume, je cite cette activité particulière, exprès).Suite

Alan Lake Factori(e)
@ Danse Danse (PdA)

CRITIQUE
[ Danse ]

Élie Castiel

★★★ ½

S’abreuver des volcans

Orphée

sans son

Eurydice

La 5e salle de la Place des Arts a ceci de particulier que les spectatrices et spectateurs participent d’une expérience immersive due à la proximité et surface de la scène. Dans le cas de S’abreuver des volcans, on assiste à quelque chose d’intellectuellement engagée, le mythe grec d’Orphée revêtant en ce 21e siècle une lecture en forme de chorégraphie qui remet en question les fondements mêmes du geste, du mouvement, de la sensualité du corps d’un ensemble choral qui connaît ses limites, mais en fait fi.

Pour notre plaisir, car la chorégraphie du Québécois Alan Lake, ensemble avec ses interprètes, signe une œuvre presque baroque, insistant sur l’éclat, un côté spectaculaire sans ses artifices opportun.

Au contraire tenant compte d’un décor que vous découvrirez, mais dont les particularités renvoient à un rapport entre le terrestre et les au-delà. Tout cela fait partie du territoire de l’inconnu, que les interprètes-personnages tentent par tout les moyens de constamment évaluer, remettre en question même s’ils ne savent pas à quoi s’en tenir.

Remuer ciel et terre.
Crédit : David Wong

Quelque chose de magique se produit sur scène lorsque les corps se recroquevillent, non pas à cause du froid, mais dans un effort de trouver la vérité, la plupart du temps en vain. Je suis prêt à parier que les costumes que portent les danseuses et danseurs sont ceux qu’ils portent en dehors de la scène – les crédits ne mentionnent aucunement un nom associé aux costumes – si c’est le cas, il y a là la nette confirmation qu’entre le privé et le montré n’existe aucun rapport de force.

Quelque chose de magique se produit sur scène lorsque les corps se recroquevillent, non pas à cause du froid, mais dans un effort de trouver la vérité, la plupart du temps en vain. Et peut-être, juste à temps pour cette finale qui se joint au mythe dont il est question, laissant transparaître comme message, l’incessante odyssée vers une compréhension éclairée du monde.

Le titre de la chorégraphie possède plusieurs interprétations ; Alan Lake, en démiurge de l’art de la représentation, donne sa propre évaluation sur la question. Il semble, selon notre observation, que cette partie de l’Humain tentant de comprendre le monde est en fin de compte la qualité pérenne de la connaissance du savoir.

Et peut-être, juste à temps pour cette finale qui se joint au mythe dont il est question, laissant transparaître comme message, l’incessante odyssée vers une compréhension éclairée du monde.

FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Chorégraphie
Alan Lake
& interprètes

Interprètes
Josiane Bernier, José Flores
Jean-Benoît Labrecque, Jo Laïny Trozzo Mounet
Danny Morissette, Odile-Amélie Peters
Esther Rousseau-Morin

Musique : Antoine Berthiaume
Éclairages : Achille Martineau, Chantale Labonté

Durée
1 h 15 min

(sans entracte)

Diffusion & Billets @
Place des Arts
(Cinquième Salle)
Jusqu’au 5 avril 2025

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

 

Sans collier, physiographie d’existences
@ La Chapelle

CRITIQUE
[ Danse / Scène ]

Élie Castiel

★★★ ½

Autos-portraits

en

temps suspendu

Le corps intégré.
Crédit : David Wong

Une pandémie presque sans fin. Le temps pour la célèbre Louise Bédard, de réfléchir sur ces années d’implication dans la danse, celle dépassant le mouvement contemporain, exigeant ainsi de nouveaux codes, inventées, créés selon une idée intellectuelle et physiquement incarnée de la danse.

Comme ces mouvements qui s’inscrivent dans le réel, même si dénaturé pour les circonstances. C’est ce que se produit ce soir de Première médiatique à La Chapelle Scènes contemporaines qui, en passant, fête cette année ses 35 ans de participation à la vie culturelle de la métropole. Bédard avait été de ce lieu incontournable dès son ouverture, en 1990, jusqu’en 2004.

Pour Sans collier, physiographie d’existences, une magnifique scénographie de Marilène Bastien, rejoignant pour ainsi dire un espace organique, intentionnellement, d’une froideur intense où les gris délavés et quasi déchiquetés imposent une rigueur à laquelle tente de s’intégrer la danseuse performante. Elle performe, certes, avec ce corps qui n’est plus le même qu’avant, mais tout autant prête à assumer le moindre effort comme si le temps s’était arrêté. Bédard persiste et signe.

S’affranchir l’espace.
Crédit : David Wong

Un visage impassible devant la froideur de l’ensemble. Et c’est bien, c’est ce qu’il faut pour rendre compte de cette intéressante proposition. Ses mains tâtent les murs, tantôt le sol. Autant l’un comme l’autre la conduisent dans quelque chose qu’elle ne saisit pas immédiatement.

La danseuse, devenue comédienne, se lance dans une sorte de performance où jeux de séduction, danse contemporaine et mouvements surréalistes se confondent pour mieux dérouté l’auditoire, toujours ravis de se voir perdu dans un monde qu’il essaie de comprendre ; et moins il comprend, plus il adhère à l’inconnu.

[ … ] l’espace nécessaire (et dans plusieurs cas, essentiel) qui existe entre l’artiste sur scène et les spectateurs revendique sa supériorité. Cette image est peut-être désuète par les temps qui courent, plus encline à presque faire tomber les barrières – entreprise peut-être de marketing – mais dans le même temps s’inscrivent dans une perspective qui place les arts de la scène dans cet endroit mythique qui les sépare du commun des Mortels.

Des chuchotements ou des paroles échangées avec Louise Labrosse, à peine audibles, mais qu’importe. C’est un travail de collaboration de longue haleine qu’il faut souligner et que le duo montre à sa façon.

La gageure de Louise Bédard est gagnée. Car, qu’on le veuille ou pas, l’espace nécessaire (et dans plusieurs cas, essentiel) qui existe entre l’artiste sur scène et les spectateurs revendique sa supériorité. Cette image est peut-être désuète par les temps qui courent, plus encline à presque faire tomber les barrières – entreprise peut-être de marketing – mais dans le même temps s’inscrit dans une perspective qui place les arts de la scène dans cet endroit mythique qui les sépare du commun des Mortels. Comme si les Dieux et Déesses de l’Antiquité s’étaient mis d’accord pour éveiller l’esprit humain.

Une façon comme une autre de rappeler l’éternelle suspension de la notion temps qui, paradoxalement, ne cesse de se multiplier.

FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Chorégraphie
Louise Bédard

Interprète
Louise Bédard

Scénographie : Marilène Bastien
Éclairages : Lucie Bazzo
Vidéo : Robin Pineda Gould
Composition sonore : Diane Labrosse

Durée
1 h 55 min
[ Sans entracte ]
Public
Déconseillé aux moins de 13 ans
Diffusion & Billets @
La Chapelle
Les 27 et 29 mars 2025
19 h 30

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

 

1 2 3 86