texte Élie Castiel Une caractéristique précise, volontaire, s’adresser directement aux spectateurs comme si, du coup, la barrière de la scène n’existait plus, comme si le groupe composé de cinq comédiennes et comédiens, deux femmes et trois hommes, s’enchevêtrait dans l’ego de l’auteur pour un dresser un exutoire à ses préoccupations, sa vie en quelque sorte. Choc intellectuel garanti.
Le titre de ce happening-performance inusité est déjà une indignation, une colère avouée au nom d’une malheureuse statistique selon laquelle, en Espagne, deux (peut-être plus) femmes sont assassinées chaque semaine. Crimes passionnels? Jalousie? Machisme exacerbé à haute tension? Mal-être sexuel désavoué?
Agnés Mateus, interprète multidisciplinaire, conquise par la proposition. Quim Tarrida, artiste pluridisciplinaire. La première, probablement héritière d’un Almodóvar rebelle, anarchiste dans le bon sens du terme; le deuxième, manipulant les diverses formes techniques et physiques de la représentation.
Et un projet commun qui les interpelle au plus haut point; cet énoncé social d’une importance capitale s’avère, du point de vue théâtral, une des plus belles déclarations.
En français, Rebota rebota y en tu cara explota veut dire « Ça rebondit, ça rebondit et ça t’éclate en pleine face », mais qui dans le même temps sous-tend l’idée selon laquelle quel que soit le nombre de fois qu’on essaie de trouver une solution ou résoudre un problème, le hasard intervient pour saboter nos efforts. Quelque chose comme ça.Suite
Retour à Danse Danse du chorégraphe israélien Hofesh Shechter. Il a fait partie de la Batsheva Dance Company dans son pays; installé au Royaume-Uni depuis 2002, il poursuit une carrière fulgurante qui le conduit un peu partout à travers le monde et montre ses créations dans plusieurs compagnies chorégraphique réputées. Pour cette nouvelle première, un petit avant-goût charmant, savoureux, ludique, une petite offrande aux spectateurs avec une déconstruction du French Cancan, sur la célèbre musique de Jacques Offenbach. Suivent, séparées par un entracte, les deux pièces de résistance que constitue Double Murder.
CRITIQUE. [ Danse ]
texte Élie Castiel
Clowns – [ ★★★★ ] Une série de mouvements qui, a priori, peuvent sembler répétitifs, mais à mesure que les corps s’emballent, que la musique signée Shechter lui-même offre de multiples variations, une sorte de magie contagieuse, nourrie également par l’extraordinaire jeu de lumières de Lee Curran (avec l’aide de Richard Godin), participant de ce rapport entre la forme et le fond.Suite