La Géante
@ PdA & En tournée

CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel

★★★

La

« petite tannante »

du

Faubourg

Il arrive que dans le domaine de la scène, les créateurs québécois sentent un besoin viscéral de se rapporter à des icônes qui ont influencé, d’une façon ou d’une autre, l’Histoire culturelle d’ici. Dans un sens, un parti pris politique (peut-être inconscient, mais ça m’étonnerait) visant à rendre fier du patrimoine culturel, sans tambour ni trompette, mais en créant des espaces de divertissement, et plus que tout, guidé par une connaissance extraordinaire de la spectature : autrement dit, que veulent voir les spectateurs, ceux et celles qui ne cherchent pas les complications, mais qui voient et sentent avec leurs « émotions » et surtout, qui parlent d’eux ?Suite

L’antre d’eux
@ La TOHU

 

CRITIQUE
[ Art circassien ]
Élie Castiel

★★★ ½

À l’air

du temps

 

Crédit : Caroline Thibault

Ça faisait un long bail que je n’avais pas couvert le(s) spectacle(s) de la cohorte des finissants de l’École nationale de cirque. Peu importe la raison, mais particulièrement pour l’emplacement de l’institution, trop éloignée dans mon cas.

Première impression avec L’antre d’eux, titre stratégique, bien choisi, suggérant ce lieu qu’on choisit pour créer loin des autres, peaufiner le meilleur qu’on a de soi. Mais dans le même temps, tenter par tous les moyens – et sur ce plan, les artistes sur place ont en à revendre – de parvenir à un show des plus aboutis.

Le tout, avec une économie dans les accessoires, des simples panneaux, morceaux de pièces carrées, rectangles ou autres formes géométriques, pour finalement parfaire leurs pirouettes très souvent risquées pour convaincre un auditoire déjà conquis.

Dans le passé, on assistait à des mises en scène qui poussaient vaillamment vers des structures visuelles plus sophistiquées, loin de celles du Cirque du Soleil, mais également saisis par cet élan de sensibilité et notamment de sincérité de toute l’équipe des créateurs.

C’est encore ce qu’on admire toujours chez les finissants de la présente cohorte : risquer les erreurs, elle peut arriver même chez les professionnels (et pourquoi pas ? ), ne pas se sentir coupable d’en faire, continuer son travail, par ailleurs, très bien accompli et surtout, connaître parfaitement son public qui, lui, est toujours prêt à pardonner – La preuve, chaque petite erreur est applaudie à chaudes mains. Ce rapport familial est une preuve aujourd’hui que les rapports autrefois inexistants entre le public et l’espace scénique disparaissent petit à petit.

Crédit : Caroline Thibault

D’aucuns ne partageront pas cette nouvelle approche. Mais force est de souligner que sous la houlette de Nicolas Boivin-Gravel, qui ressent les besoins d’une nouvelle génération de circassiens, les enjeux ne sont plus les mêmes.

Une chose est certaine : se mettant au diapason de son temps, L’antre d’eux se veut un exemple artistique lumineux de son époque.

Elles et ils sont partout, sur la scène et dans les gradins, n’hésitent pas à crier fort, à épouser des comportements naturels, tout en épatant la galerie. Les acrobaties aériennes sont privilégiées, la fameuse roue Cyr fait partie des meubles et de la gestuelle, la roue allemande ne s’invente plus, diabolo, cerceau aérien et d’autres accoutrements du cirque s’assument.

Crédit : Caroline Thibault

Le message : un nouveau monde non-binaire (sans trop provoquer quand même) où les sexualités alternatives ne se cautionnent pas – un numéro chanté, d’une subtilité chatoyante est le numéro le plus applaudi. Le couple de garçons, par le biais de la bagarre comme dans la petite école, partage ce sentiment amoureux montré avec une hiérarchie qui ne choque guère. Ils sont l’âge du consentement, et c’est très bien comme ça.

Une chose est certaine : se mettant au diapason de son temps, L’antre d’eux se veut un exemple artistique lumineux de son époque.

Diffusion & Billets @
La TOHU
Jusqu’au 8 juin 2025

Classement
Tout public

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Hiroshima mon amour
@ Usine C

 

Une approche

avant-gardiste

empreinte

d’idéologie partiale

 

CRITIQUE
[ Scène ]

Élie Castiel

★★★★

« Notre projet est très proche de celui de Marguerite Duras puisque nous allons, nous aussi, travailler sur la mémoire : celle d’Hiroshima, du travail de Duras, du film de Resnais et de l’histoire récente. Grâce à la musique et au chant, nous pouvons plonger dans des émotions tellement denses que les mots peuvent difficilement les transmettre. » suivi par la phrase que cet opéra théâtral « ose à son tour faire résonner un appel brûlant à la paix ».
(Extraits du dossier de presse)

Cette proposition est-elle complètement aboutie, du moins politiquement ?

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