Compagnie Hervé Koubi
@ Place des Arts

 

CRITIQUE
[ Danse ]

Élie Castiel

★★★ ½

Sol Invictus

Gestes

de

défiance

 

Crédit : Mélanie Lhôte

En guise de présentation, le chorégraphe franco-algérien né de deux cultures sémites explique au public les enjeux de sa proposition, clamant que par le biais de danse, l’harmonie entre les peuples peut exister. Par les temps qui courent et vu l’état actuel du monde, vision qui ressemble beaucoup plus à un vœu pieux, mais ce qui ne l’empêche pas de continuer à enrichir son répertoire d’œuvres emblématiques.

Sol Invictus veut dire, du latin, « soleil invaincu » ou encore « soleil invisible ». Dans le cas présent, les deux significations emboîtent le pas l’une après l’autre, l’une dans l’autre, selon les tonalités musicales que procurent Mikael Karlsson, Maxime Bodson, Steve Reich et l’incontournable Beethoven.

Chaque intervention musicale prédispose les 17 interprètes, filles et garçons, de cultures variées, de croyances aussi, d’idéologie politique sans aucun doute, mais pour les besoins de l’art, une sorte de rapports qui s’appuient autant dans l’harmonie que dans des enjeux de négociations sérieuses qui se concluent par des ententes harmonieuses.

Geste politique de la part de Koubi, imposant aux créateurs, peut importe la discipline artistique pratiquée, une vision sur le monde et sur la société selon laquelle l’art ne peut être dissocié du monde.

Harmoniser les genres.
Crédit : Mélanie Lhôte

Parfois, la musique est remplacée provisoirement par des sons venus des cieux, comme des drones ou avions de combat, des bruits inquiétants de fde bombardements pas si lointains, soudainement vaincus par la partition musicale, un combat entre le conflit armé et la résilience humaine. Ce va-et-vient incessant se mesure tout au long de cette aventure chorégraphique avec autant d’improvisation (à moins que ce ne soit pas fait exprès) que de pas et gestes sérieusement imaginés.

Une finale brutale bien réussie où ce qui ressemble à une mer farouchement agitée ou c’est peut-être autre chose, une zone terrestre de combat, s’entremêle aux corps pour proposer un espoir sincère et surtout possible.

Les corps imberbes, toujours en cours dans la tradition du ballet classique, ne sont plus à l’ordre du jour ici, particulièrement chez les garçons. La danse moderne ne s’embarrassent guère de morale d’un autre temps ; ici, les épidermes sont tatoués, les chevelures excentriques, colorées, les costumes, ici, mêlant orientalité et nouvelles modes occidentales, le tout ouvert à un « monde commun » entre l’Orient et l’Occident.

Et une finale brutale bien réussie où ce qui ressemble à une mer farouchement agitée ou c’est peut-être autre chose, une zone terrestre de combat, s’entremêle aux corps pour proposer un espoir sincère et surtout possible.

Durée
1 h 15 min
(sans entracte)
Diffusion & Billets
PdA
Jusqu’au 17 janvier 2026
20 h

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

 

Andrea Peña
« Bogotà »
@ Usine C

CRITIQUE
[ Danse ]

Élie Castiel

★★★ ½

Andra Peña
Crédit : Usine C

 

La grande partie du décor dans Bogotà tient dans ces échafaudages, comme signes d’un pays, la Colombie, en marasme et reconstruction – politique ? sociale ? individuelle ? À l’heure où nos voisins du sud remettent en question les gouvernements latino-américains, selon leurs idéologies respectives, force est de souligner l’impact que peut avoir cette œuvre d’une portée révélatrice. Par les temps qui courent, nous devons nous intéresser à tout ce qui se passe dans le monde et non seulement à notre petit coin de pays.

Rebâtir

dans

le videSuite

2025 revue et corrigée
@ TRV

CRITIQUE
[ Scène ]

Élie Castiel

★★★ ½

 

Crédit : Ève B. Lavoie

Le nouveau directeur du TRV se présente humblement ; en fait, presque timidement, devant une foule de Première médiatique se noyant dans des applaudissements bien mérités.

Et pour cause, avec l’arrivée de Benoît McGinnis à la tête de cette salle mythique (on souhaite que dans ses nouvelles fonction, McGinnis poursuive son métier de comédien), le changement nous semble presque radical, dans le sens positif du terme. Une nouvelle génération de spectateurs, bien entendu sans oublier celles précédentes, des contenus de programmation inspirés en accord avec notre nouvelle société et tout ce que chaque nouveau départ soulève comme motivations.

 

Signes

d’un temps

nouveau

 

Mais la formule du revue et corrigée nous paraît imbattable, sauf que les créateurs de ce bye-bye annuel ont trouvé le concept juste : des sketches plus rapides, au diapason à notre style de vie, des imitations de personnalités de l’année qui s’achève pas nécessairement fidèle aux vrais visages abordés comme ce fut le cas ces nombreuses années. Une année épineuse dans tous les sens du terme.

Aujourd’hui, et 2025 revue et corrigée nous l’a démontré longuement au cours de la soirée. Cris de joie, d’enthousiasme et de folie partagés par un public conquis par une gang de mordus de la scène qui se moque de tout ce brouhaha politico-social. En fait, on se demandait constamment si cet engouement n’était pas, en fait, le résultat de ce vent nouveau plus que tout autre chose ? Pour les anciens, un vent de panique bien contrôlé atteint de nostalgie qu’il faudra remettre aux calendes grecques. Pour les autres, la victoire des temps présents, quels que soient ses qualités et ses (nombreux quand même) défauts.

Total, 29 numéros ; respecter un chiffre rond (pourquoi pas 30) c’est une affaire d’une autre époque. Des bouts très réussis, d’autres moins bien, d’autres profitant de l’espace scénique pour défendre une cause. Bref, un assemblage mordant, quasi-circassien, endiablé, s’en allant volontairement dans toutes les directions, comme la société d’aujourd’hui. Car si on y est, malgré tout, bien installé dans notre monde en dépit de nos petites crises existentielles qui s’y apparentent, on peut suivre cette nouvelle tendance incarnée par cette revue annuelle.

Crédit : Ève B. Lavoie

Un certain dénommé D. Trump (imitateur, bien sûr) s’empare fréquemment de la scène, laisse la place à d’autres personnalités, le temps de se ressourcer et de revenir à gros pas. Les publicités à la télévision, comme celle de ces « bobettes » Manmade (caleçons ou boxers pour gars), ainsi que celle-ci accordée à Rona (un best-seller dans nos achats) ont séduit (les soutien-parties-intimes surtout).

Antoine Bertrand, Prince malgré lui de l’écran québécois, faisait partie des personnalités imitées. Grand moment de scène, mais dans le même temps, il est impossible pour le critique engagée de ne pas penser à l’esprit box-office auquel l’industrie locale (surtout du côté cinéma) mène à bien sa stratégie en ce qui a trait à Bertrand. Car revue et corrigée a ceci de particulier qu’en dehors des sketchs eux-mêmes, notre esprit ne cesse de divaguer vers d’autres terrains associés.

Les boys de la CAQ nous ont séduit par leurs velleités d’une autre époque qui, en ce moment, leur fait perdre des ailes. On reprend les bobettes de Manmade. Était-ce nécessaire, même si ça atteint notre sourire ?

Un assemblage mordant, quasi-circassien, endiablé, s’en allant volontairement dans toutes les directions, comme la société d’aujourd’hui. Car si on y est, malgré tout, bien installé dans notre monde en dépit de nos petites crises existentielles qui s’y apparentent, on peut suivre cette nouvelle tendance incarnée par cette revue annuelle.

Six Trump apparaissent comme par magie. On aurait pu, à la place, aborder le conflit Hamas-Israël, avec ses atrocités d’un côté comme de l’autre. Mais on peut comprendre : c’est une situation complexe et prendre parti pour tel ou tel bord peut s’avérer idéologique, politiquement dangereux et compliquer les choses encore plus. Sans oublier la réaction de la salle que l’on devine qui peut, elle aussi diviser.

Le numéro Duhaime est vraiment drôle. Il essaie toutes les combinaisons pour être admis à la Chambre. Vous verrez. Le patron d’Air Canada parle toujours un français très discutable. Boucar et la culture a épaté la galerie : fines pointes d’humour, belle assemblée de personnages. Pour éviter un autre Trump tannant, on a recours à sa porte-parole, la Leavitt. Rien à ajouter : c’est bien elle. Et bien entendu, la STM et ces innombrables grèves parsemées selon les caprices du moment.

Un 20e anniversaire du Bye-Bye-Rideau-Vert qui sera sans doute totalement revu et corrigé pour son 21e anniversaire, alors qu’il entre officiellement dans « l’âge adulte ».

FICHE PARTIELLE DE CRÉATION

Textes
Mathieu Bouillon, Nicolas Forget

Luc Michaud, Dominic Quarré
Odrée Rousseau
Script-édition
Luc Michaud
Mise en scène
Natalie Lecompte
Assistance à la mise en scène
Pascale d’Haese

Interprètes
Pierre Brassard, Benoît Paquette
Monika Pilon, Marie-Ève St-Martin
Catherine Souffont-Darbouze

Crédit : Martin Girard (Shoot Studio)

Scénographie & Éclairages
Nicolas Ricard

Costumes
Suzanne Harel

Musique
Christian Thomas

Chorégraphies
Maud Saint-Germain

Durée
1 h 45 min
[ Sans entracte ]

Public (suggéré)
Tout public

Diffusion & Billets
TRV
Jusqu’au 10 janvier 2026
(incluant les Supplémentaires)

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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