Sisu: Road to Revenge

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
1946. Aatami Korpi retourne en Carélie, un territoire occupé par les Soviétiques, là où sa famille a été brutalement assassinée pendant la guerre. Lorsque l’Armée rouge est informée de sa présence…

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★

 

Film de genre, plus précisément de violence, et en plus, pour arriver à une violence pleinement dépourvue d’esthétique, nue, dépravée, virevoltante, s’en allant dans toutes les directions pour épater la galerie, en très grande majorité composé d’hommes, nostalgique de ces acteurs comme Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme et autres de la même espèce, les têtes du box-office d’une certaine époque.

Nous avions bien apprécié le premier Sisu, beaucoup plus narratif que ce deuxième volet, de même durée, à deux minutes près ; seule compte dans Sisu: Road to Revenge, cette tendance, pour certains cinéastes, mais bien peu néanmoins, acquise, consistant à porter justement cette violence selon une structure rocambolesque, dénaturée, le sang pour le sang, les têtes qui tombent littéralement, éprouvant un malin plaisir, jubilatoire, offensif, à tourner ces séquences. Du grand-guignolesque à l’état impur.

 

LES CHEMINS

SURVOLTÉS

DE LA VIOLENCE

 

C’est fou, décomplexé, je-m’en-foutiste jusqu’à déclencher soit l’indignation ou un degré d’adrénaline chez le spectateur – oui, un film de gars ; aucune misogynie de ma part, c’est sincère – aucune ligne narrative non plus, sauf le besoin pour le soldat Aatami Korpi de se venger des soviétiques qui ont assassiné sa femme et ses enfants au cours de la Deuxième mondiale.

L’esthétique primitive de la violence.

Le reste, principale proposition du film, une course contre la montre racontée en plusieurs chapitres, qui, incidemment, nous rappelle le premier essai subliminal (Duel, pour ceux qui ne s’en souviennent pas) d’un certain Spielberg, lui, plus subtil comparé à Jalmari Helander, ce dernier provocateur devant Dieu et les Hommes, se payant la traite de la violence sous son jour le plus abrasif, vertigineux ; ça se passe sur des routes éloignées et désertiques, endroit propice et dépourvu de frontières où tout peut arriver.

Ça saigne, ça dit très peu de mots ; à la bande-son, les mêmes Juri Seppä et Tuomas Wáïrölä savent très bien de quoi ils composent. Une nette correspondance entre la musique et l’action, totale dans ce film.

On pense aussi aux Mad Max de ce monde, eux, plus portés sur la narration crépusculaire. Ici, au contraire, une sorte de vengeance intime apocalyptique qui s’inscrit dans un monde réel, mais déconstruit pour la circonstance et changeant catégoriquement la notion et le contenu du plan.

C’est fou, décomplexé, je-m’en-foutiste jusqu’à déclencher soit l’indignation ou un degré d’adrénaline chez le spectateur – oui, un film de gars ; aucune misogynie de ma part, c’est sincère – aucune ligne narrative non plus, sauf le besoin pour le soldat Aatami Korpi de se venger des soviétiques qui ont assassiné sa femme et ses enfants au cours de la Deuxième mondiale.

Et une fin magnifique, lorsque l’excellent Jorma Tommila, prouvant que même dépassé la soixantaine, la forme est encore puissante. Il reconstruit sa maison, se prouvant à lui-même que les lendemains seront meilleurs.

Et cette fin où son personnage a finalement atteint son but, le visage revigoré, dépourvu des blessures et des coups qu’il a dû encaisser pour parvenir à cette conclusion louable qui rompt avec le reste du film.

Pour un je-ne-sais-quoi, comme ça, surtout lorsqu’on suit la politique, on se met à penser que l’état du monde actuel remet en question, entre autres territoires avoisinants, la Finlande et la Russie, surtout avec les velleités, jusqu’ici, sûrement intentionnelles mais pas encore atteintes, d’un certain Poutine, personnage de mauvaise augure.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jalmari Helander

Scénario : Jalmari Helander. Direction photo : Mika Orasmaa. Montage : Juho Virolainen. Musique : Juri Seppä, Tuomas Wäinölä

Genre(s)
Action d’anticipation
Origine(s)
États-Unis / Finlande
Année : 2025 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : anglais, finlandais; s.-t.a.
Si2u
Sisu 2

Jalmari Helander

Dist.
Columbia Pictures
Contact
[ Stage 6 Films ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Trois amies

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Joan n’est plus amoureuse de Victor et souffre de se sentir malhonnête avec lui. Alice, sa meilleure amie, la rassure : elle-même n’éprouve aucune passion pour Eric et pourtant leur couple se porte à merveille ! Elle ignore qu’il a une liaison avec Rebecca, leur amie commune… Quand Joan décide finalement de quitter Victor et que celui-ci disparaît, la vie des trois amies et leurs histoires s’en trouvent bouleversées.

 

Le FILM
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★★

 

Avec Trois amies, Emmanuel Mouret (Chronique d’une liaison passagère) continue de sculpter, film après film, son petit théâtre du cœur avec cette comédie sentimentale toujours sur le fil entre la grâce, le doute et la maladresse humaine. On pourra bien lui reprocher — certains le feront, assurément — de ne pas renouveler son cinéma. Mais franchement , en a-t-il réellement besoin ? Le réalisateur de Caprice préfère aujourd’hui l’affiner, le polir, le faire respirer comme un artisan qui sait que son geste gagne en justesse lorsqu’il cesse de chercher l’esbroufe. Et Trois amies en est la preuve la plus limpide et se présente comme une chronique savoureuse sur le couple, et surtout sur cet animal farouche qu’est l’amour.

 

La douce

mécanique

du cœur

 

Ce qui charme d’abord, c’est cette ronde sentimentale où la gravité et le brillant se disputent la légèreté. Mouret navigue d’un ton à l’autre avec une douceur déconcertante. India Hair, Camille Cottin et Sara Forestier incarnent trois enseignantes dont les chemins affectifs dessinent trois variations délicates du même vertige. Un trio d’actrices étonnantes, contrastées, parfaitement complémentaires qui offrent au film tout son battement de cœur où la vraie révélation est sans aucun doute India Hair, d’une justesse attendrissante.

Le discours sur le tendre, thème toujours inépuisable.

Mouret ajoute ici une audace inattendue avec cette pointe de tragédie doublée d’une touche quasi fantastique avec ce narrateur fantôme qui enveloppe les protagonistes d’une brume mélancolique. Jamais pesant, toujours discret, ce trouble spectral élargit le champ de son cinéma sans le tordre. Une manière de murmurer que l’amour appartient autant aux vivants qu’à ceux qui les regardent en silence.

Alors oui, Trois amies ne convertira sans doute pas les réfractaires à son univers car après tout, Mouret demeure Mouret. Mais pour ceux qui aiment déjà son regard tendre, un brin fataliste sur les battements du cœur, alors l’émotion est bel et bien au rendez-vous.

L’âge de tous les possibles.

On sent aussi que Mouret s’est enfin débarrassé de ses tics rohmériens pour pousser plus loin son propre marivaudage : un cinéma de la parole qui devient un cinéma du geste, de la nuance, du hors-champ émotif. Sa mise en scène, d’apparence modeste, se révèle d’une précision implacable avec ces plans-séquences fluides, jamais tape-à-l’œil, jamais m’as-tu-vu, mais juste ce qu’il faut pour laisser l’espace respirer et permettre aux sentiments de s’épanouir.

Alors oui, Trois amies ne convertira sans doute pas les réfractaires à son univers car après tout, Mouret demeure Mouret. Mais pour ceux qui aiment déjà son regard tendre, un brin fataliste sur les battements du cœur, alors l’émotion est bel et bien au rendez-vous. On sort de la projection avec un sourire aux lèvres, Un sourire qui suit les films dont la justesse se glisse en nous presque à notre insu dans ce drame lumineux, réconfortant, fidèle à son auteur. Et parfois, la fidélité, c’est précisément ce qu’on attend du cinéma.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Emmanuel Mouret

Scénario : Emmanuel Mouret, Carmen Leroi. Direction photo : Laurent Desmet. Montage : Martial Salomon. Musique : Benjamin Esdraffo.

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 58 min
Langue(s)
V.o. : français
Trois amies

Emmanuel Mouret

Dist.
K-Films Amérique
Contact
[ Pyramide International ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery

P R I M E U R
Sortie
Mercredi 26
novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après un premier volet en Grèce, Benoit Blanc revient pour son affaire la plus dangereuse à ce jour.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Rian Johnson

Genre(s)
Thriller
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 2 h 20 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Réveille toi, homme mort : Une
histoire à couteaux tirés

Rian Johnson

Dist.
Ēquinoxe Films
Contact
[ Netflix ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

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