Sirât

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis, accompagné de son fils Estéban, recherche sa fille aînée qui a disparu. Alors qu’ils rallient un groupe de ravers en route vers une énième fête dans les profondeurs du désert, le groupe s’enfonce dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★★ ½

 

Des expériences sensorielles d’une telle intensité sont une denrée rare au cinéma. Sirât ne cherche pas à plaire, ni à rassurer. Il hypnotise, dérange, fascine. Il nous rappelle que le 7e art, lorsqu’il ose la radicalité, peut encore nous secouer jusqu’à l’âme.Il y a des films qui se regardent. Et puis il y a ceux qui se traversent, comme une tempête de sable en pleine nuit, les yeux brûlés mais le cœur grand ouvert. Sirât, du cinéaste franco-espagnol Óliver Laxe, appartient à cette seconde catégorie. Après la sidération mystique de O que arde (Fire Will Come), 2019, Laxe pousse encore plus loin son goût du dépouillement et de l’ascèse, livrant un road movie postapocalyptique d’une puissance sensorielle rare.

 

LA TRANSE

D’UN MONDE

QUI S’EFFONDRE

 

On pense inévitablement à Sorcerer de William Friedkin, mais Sirât n’en est ni un pastiche ni un simple hommage. C’est une relecture postmoderne, une version EDM sous amphétamines métaphysiques. Là où Friedkin tendait ses câbles au-dessus du vide, Laxe les plonge dans le sable incandescent du désert marocain. Le monde se désagrège alors qu’une radio grésillante évoque une Troisième Guerre mondiale, des capitales qui tombent et des frontières qui explosent. Mais au cœur de ce chaos, un homme et son fils avancent.

L’étrange et nette sensation d’une non-appartenance.

Cet homme, c’est un père. Interprété par l’excellent Sergi López, il cherche sa fille Mar, disparue depuis des mois dans l’immensité minérale. On retrouve un López, massif, taiseux, le regard chargé d’une fatigue millénaire. Il incarne une détresse qui ne verse jamais dans le pathos. Sa quête devient le fil d’Ariane d’un récit où chaque halte ressemble à un mirage, chaque rencontre à une possible hallucination. Le désert n’est pas qu’un décor : c’est un organisme vivant, un purgatoire à ciel ouvert.

Mais ce qui élève Sirât au rang d’expérience hors norme, c’est sa dimension sonore. La musique du DJ français Kanding Ray pulse comme un cœur électronique au bord de l’implosion. Les nappes industrielles, les basses telluriques, les beats hypnotiques transforment le périple en transe collective. On ne regarde plus le film : on le ressent physiquement. Les vibrations semblent fissurer l’écran, contaminer le corps du spectateur. Rarement la musique aura autant façonné la mise en scène, dicté le rythme du montage, sculpté l’espace.

Des expériences sensorielles d’une telle intensité sont une denrée rare au cinéma. Sirât ne cherche pas à plaire, ni à rassurer. Il hypnotise, dérange, fascine. Il nous rappelle que le 7e art, lorsqu’il ose la radicalité, peut encore nous secouer jusqu’à l’âme.

Et pourtant, malgré la noirceur avec cette ère de désespoir où la civilisation s’effrite pendant qu’un père et son fils s’accrochent à un espoir ténu, ça demeure profondément humain. Laxe filme les visages avec une tendresse presque documentaire. Dans ce monde au bord du néant, un geste, un regard, une étreinte furtive prennent une ampleur cosmique.

Des expériences sensorielles d’une telle intensité sont une denrée rare au cinéma. Sirât ne cherche pas à plaire, ni à rassurer. Il hypnotise, dérange, fascine. Il nous rappelle que le 7e art, lorsqu’il ose la radicalité, peut encore nous secouer jusqu’à l’âme.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Óliver Laxe

Scénario : Óliver Laxew, Santiago Fillol. Direction photo : Mauro Herce. Montage : Cristóbal Fernández. Musique : Kangding Ray.

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Espagne / France
Année : 2025 – Durée : 1 h 55 min
Langue(s)
V.o. : espagnol; s.-t.a. / s.-t.f.
Sirât : Le pont

Dist.
Entract Films
Contact & Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Parc ]
Cineplex

Óliver Laxe

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Space Cadet

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
La relation entre une astronaute et un robot qui s’occupait d’elle risque de prendre fin.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

 

Lors d’un spectacle scolaire, un spectateur réagit plus fortement aux prestations d’une petite fille, ce qui entraîne des réactions de ses voisins. Ce spectateur est un robot-gardien de la première génération comme le signale la présence d’un de ses confrères dans une vitrine sur l’histoire de la technologie dans un immeuble de leur ville. L’animation pimpante et seyante sous la direction artistique de Lilian Chan et Corinne Merrell place naturellement ses personnages dans un environnement où se côtoient le futur proche et le contemporain dans lequel les changements apparaissent de manière épisodique.

 

Des étoiles

plein les yeux

 

La petite fille est Céleste, dont la mère Stella fut astronaute. Maintenant orpheline, elle grandit sous la garde de cet être fait de métaux, de plastique et d’électronique qui, comme ses congénères de Wild Robot ou Robot Dreams, aurait une vie intérieure plus fournie qu’il n’y paraît. Les relations entre les deux sont empreints d’une telle sollicitude et d’attachement, de rires et de peines qu’elles évoquent par exemple le personnage de Cleo dans Roma d’Alfonso Cuarón.

Les contours fragilement harmonieux d’une relation amicale.

Le scénario de Mylène Chollet, adaptant le roman graphique et musical du réalisateur, réussit en environ 90 minutes à rendre compte de la passion de Céleste pour l’exploration spatiale et de sa relation même à grande distance avec cet individu qui l’a élevée. La bande sonore faite de bruits familiers et plus bizarres intègre avec adresse une trame musicale due au cinéaste surtout connu comme musicien.

La finitude de la mémoire de son compagnon resté seul sur terre devient une autre trame de ce récit nostalgique mais optimiste où les compétitions d’origamis imprègnent durablement deux parcours de vie.

La bande sonore faite de bruits familiers et plus bizarres intègre avec adresse une trame musicale due au cinéaste surtout connu comme musicien.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Kid Koala

Scénario : Mylène Chollet. Direction photo : Kara Miranda Lawrence (mise en page). Montage : Corinne Merrell, Alain Baril. Musique : Diverses chansons contemporaines, dont celle de Ladybug Mecca.

Genre(s)
Animation
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 26 min
Langue(s)
V.o. : sans dialogue
Space Cadet : L’odyssée de Céleste

Dist.
Entract Films
Les Films Opale
Contact & Prod.
[ Les Films Outsiders ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Ailleurs la nuit

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Du calme de la campagne à l’insomnie urbaine, les vies d’inconnus se croisent, partagées entre l’appel du départ et l’attachement au passé. Liés par leurs rêves et leurs désirs enfouis, chacun cherche un nouveau départ.

Suite

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