RÉSUMÉ SUCCINCT
La vie de jumelles défigurées, Racine et Anaia, est perturbée lorsque la mère qu’elles croyaient morte depuis longtemps les convoque à son chevet et leur révèle que leur père est responsable de son état et des cicatrices qu’elles portent en elle.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Manu, un acteur montréalais qui, après une longue absence, peine à relancer sa carrière, accepte finalement d’animer une émission de radio nocturne destinée aux travailleurs de l’ombre et aux exilés. Au fil des appels, cette connexion intime avec des inconnus transforme sa solitude en un engagement profond, redonnant un sens à sa propre vie.
ANGLE | CRITIQUE | Élie Castiel
★★★★
Nuit blanche
Dans le domaine de la radio, cela signifie échanger avec les auditeurs, être d’accord ou non avec eux sur des sujets variés. Avec le temps, une sorte d’exutoire à sa propre existence en ce qui a trait à l’animateur. C’est le cas de Manu (comme d’habitude, excellent Emmanuel Schwartz), dérivé de Emmanuel, devenant ainsi une sorte de mise en abyme personnelle.
Et si un jour, après une carrière honorable forgée sur les succès, si un jour au fait, tout cela disparaissait et il faudrait penser à autre chose, alors que la seule chose qu’on est en mesure de posséder comme de l’or en barre, c’est « jouer », pour soi, pour les autres.
Kaïros, le terme grec qui signifie « le temps opportun », dans le film de Jennifer Alleyn, productrice, mais aussi cinéaste, qui nous avait déjà séduit avec le segment Aurore et Crépuscule dans l’aujourd’hui devenu nostalgique Cosmos, signe sans aucun doute son meilleur long métrage de fiction ; en fait, une fiction qui s’arrange pour être une sorte de réflexion sur l’art d’interprétation, ses enjeux souvent instables, voir capricieux, ce rapport au temps où le « tant que ça dure » ne cesse d’envahir le cerveau de celui qui pense intelligemment.
Pour survivre de ce qu’on sait le plus, adopter le système de la débrouille.
Un film sur l’art de la création, ses turbulences, ses offenses, ses défenses. Lorsque confronté à l’animation d’une émission radiophonique et que les auditeurs peuvent, selon le cas, devenir d’agressifs attaquants, comme dans un match de hockey ou n’importe quelle autres discipline sportive, le principal intéressé est constamment confronté à lui-même, l’effort de concentration constamment demandé, faute de quoi.
La mise en scène de Jennifer Alleyn a ce pouvoir de filmer un Montréal nocturne sur un ton particulier. La faculté esthétique est d’autant plus puissante que ce « Montreal by Night » suit la logique de la caméra de Marc Simpson-Threlford (beaucoup de télévision et des courts) lui donnant la possibilité, ici, de briller – et c’est absolument bien réussi.
Le Montréal nocturne que filme Alleyn est aussi celui d’un centre-ville où les fenêtres encore allumées des immeubles à plusieurs étages au milieu de la nuit font sentir leur anonymat, dans un sens, une perception de solitude. Il y a mêmes ces lumières qui montre des appartements vides, comme si personne ne voudrait s’y aventurer, craignant l’isolement, l’abandon.
Le Montréal nocturne que filme Alleyn est aussi celui d’un centre-ville où les fenêtres encore allumées des immeubles à plusieurs étages au milieu de la nuit font sentir leur anonymat, dans un sens, une perception de solitude. Il y a mêmes ces lumières qui montre des appartements vides, comme si personne ne voudrait s’y aventurer, craignant l’isolement, l’abandon.
C’est ainsi que se nourrit ce Kaïros, ce ‘temps opportun’ qui n’arrive jamais. Cette impossibilité se traduit par les propos de certains auditeurs venus de l’étranger qui, en des paroles simples, parfois dans un français approximatif, d’autre fois, parfait, répandent la voix de ces diversités venus d’ailleurs qui ont non seulement la nostalgie de terres perdues, mais qui dans ce nouveau « chez nous » qui se veut accueillant ne tient pas vraiment ses promesses.
En fait, il serait prudent de rappeler que dans ce petit bout de Nirvana, tous ceux qui y vivent sont venus d’ailleurs. Et c’est sans doute au cours d’une nuit blanche qui semble s’éterniser qu’on peut parvenir à le réaliser.
On pense alors à l’un des plus beaux films du grand Jean Pierre Lefevbre, L’amour blessé (Confidences de la nuit), celui-ci concentré généralement sur l’idiosyncrasie des auditeurs. Ce n’est pas tout à fait la même chose, mais…
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Jennifer Alleyn
Scénario : Jennifer Alleyn. Direction photo : Marc Simpson-Threlford. Montage : Emma Bertin. Musique : Denys Levasseur.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret.
Le Film | de la semaine |
ANGLE | CRITIQUE | Élie Castiel
★★★★
Le langage
des Embryophytes
Mot d’origine grecque, pour signifier simplement « plantes terrestres ». Et pourquoi pas. Une explication : le nouveau film de la Hongroise Eldikó Enyedi est un essai-fiction intellectuel, sans pour autant frôler le snobisme habituellement associé au genre.
Nous sommes devant une mise en scène où les trois parties de ce film sur les rapports étranges qui existent entre les Humains et les Plantes en ce qui a trait à la reproduction des espèces se rapprochent, s’écartent l’une de l’autre et s’entremêlent de nouveau.
De quoi désorienter le commun des mortels ; sauf que la signataire de l’irréprochable Mon vingtième siècle (Az én XX. Századom) se dote d’une dose d’humour, de savoir-faire dans la mise en scène et surtout de cette connaissance de l’Humain et de ce qu’elle défend sur tout ce qui entoure le territoire social, loin des concrets fabriqués, des tangibles, des réels.Suite