RÉSUMÉ SUCCINCT Quatre graines de pissenlit rescapées d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, se trouvent projetées dans le cosmos. Après s’être échouées sur une planète inconnue, elles partent à la quête d’un sol propice à la survie de leur espèce.
RÉSUMÉ SUCCINCT Cécile, une mystérieuse réfugiée, est recueillie par la famille charitable de Fanny. Bientôt, les deux filles se lient d’une étrange amitié.
ANGLE | CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★ ½
Disons-le sans ambages : Clement Virgo, important réalisateur canadien, comme plusieurs de ses contemporains, filme l’intime, explore les rapports ambigus qui tissent le quotidien des personnages. Ici, ce qui arrive entre Cécile (Mallori Johnson, au jeu presque fantomatique) et Fanny, l’adolescente de la famille d’accueil, jeune fille un peu maladroite (Angourie Rice, au rôle ambivalent) qui, au cours du film, changera. Jusqu’ici, tout va bien, sauf que les choses se compliquent lorsqu’on n’arrive pas à comprendre le pourquoi de certaines situations.
Se perdre
dans
les limbes
Virgo ne dira rien, reposant sur le regard du spectateur à essayer de saisir les tenants et aboutissants d’un récit, à notre point de vue, bancal, n’y allant nulle part.
Peut-être le produit d’une société raciste qui refuse les migrants ? Le privilèges des Blancs qui, dans un excès de fausse bienveillance auprès des minorités existantes dans un lieu qui n’ose pas dire sans nom, sans doute pour signifier que le racisme existe partout, et plus que jamais en ce moment ?
Une échappatoire à l’ambiance extérieure.
Autant de questions auxquelles Virgo ne semble pas répondre, si ce n’est que par l’entremise des rapports entre la jeune Congolaise et l’adolescente blanche.
Le réalisateur canadien est d’origine jamaïcaine, et sait particulièrement bien ce que le racisme veut dire. Un peu plus d’élocution aurait été de rigueur, plutôt que de se limiter à des symboliques, des métaphores appuyées, parfois allant jusqu’à nous désorienter et même nous agacer.
Pourtant, Clement Virgo, avec Brother, nous avait convaincu du bien-fondé de sa réalisation et de son savoir-faire. Cette fois-ci, il s’enlise dans une voie presque sans issue, même si la direction photo de Sophie Wingvist propose des images splendides en accord avec le tempo du film et offre un choix chromatique proportionné, les couleurs obscures et terrestres dominant le film.
Virgo ne dira rien, reposant sur le regard du spectateur à essayer de saisir les tenants et aboutissants d’un récit, à notre point de vue, bancal, n’y allant nulle part.
On apprend que de nombreux kidnappings d’enfants noirs (mixtes) ont lieu pour les vendre à de riches propriétaires blancs. Ce n’est pas clair dans le scénario de Virgo, avec la collaboration de Tamara Berger. On pourrait également glisser un mot sur l’antinomie entre le racisme virulent inné des Blancs et le puissant attrait sexuel que les individus (hommes et femmes) noir(es) exercent sur leurs maîtres. Ce thème est montré sobrement.
Finalement, Steal Away est un film moins réussi, espérant que son prochain, Cyclone, portant encore sur le racisme, soit plus abouti.
RÉSUMÉ SUCCINCT Le roi Ulysse, après avoir remporté la guerre de Troie, tente de traverser les mers pour retrouver son épouse Pénélope et son royaume d’Ithaque. Son voyage de retour prendra dix ans et le verra affronter de nombreux dangers.
Coup de ❤️
| de la semaine |
ANGLE | CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★★ ½
Heureux qui comme
Ulysse
a fait un long voyage
Les rumeurs circulaient depuis de nombreux mois autour du nouveau Christopher Nolan. Comment aborder une épopée grecque antique, un poème que seul l’écrit peut rendre compte de toute sa magnitude, son importance dans la civilisation occidentale.
Pour Nolan, maître incontesté d’un cinéma personnel, totalement construit autour d’une idée du monde, d’un formalisme à toute épreuve, blindé, libre de toute influence, une urgence, une gageure à soi-même d’une part, non pas pour s’illustrer aux yeux du monde et des autres cinéastes, mais se donnant la conscience d’un individu responsable du contexte politique d’aujourd’hui, se fier à la civilisation antique hellénique comme garante de la démocratie et constater quel en est l’état aujourd’hui.
Sur ce point, The Odyssey est un film farouchement politique que les dirigeant(es) d’état se doivent de voir et réfléchir sur où nous en sommes.
The Odyssey, c’est une culture grecque où les Dieux et les Déesses partagent avec les Hommes (dans le sens de Anthropos) leurs cénacles restreints. Et ces terriens peuvent les contester.
Dans cette histoire du roi Ulysse qui, après la guerre de Troie met dix ans à revenir dans son île d’Ithaque pour revoir les siens, sa Pénélope et son fils Télémaque, le poème homérien intègre magnifiquement bien les images en mouvement, le cinéma devenant une sorte de mise en abyme de l’écrit.
Christopher Nolan est un magicien en quelque sorte. Il a sans doute relu le Homer pour constater les écueils qui auraient pu mettre en péril la proposition cinématographique. Sans compter les lieux de tournage, proches de l’ancienne Grèce. Et plus encore, parler de ses travaux d’Ulysse, comme on peut parler des travaux d’Hercule.
La mer devant nous, dans une attente insoutenable.
Ses rencontres mythiques et légendaires que sont celle avec la magicienne Circé, le Cyclope Polyphème (le meilleur vu jusqu’ici au cinéma), l’épisode des sirènes qui, en soi, est un véritable hommage au travail du son au cinéma plus que tout autre chose, la nymphe Calypso, la princesse Nausicaa et le cheval de Troie, comme jamais vu auparavant au cinéma, une proposition jusque-là inégalée, un mélange où l’hommage au péplum d’une certaine époque rejoint l’esprit créatif d’un cinéaste accompli.
Tout au long de ce processus hautement intellectuel, Nolan ne cesse de renforcer le propos humaniste comme garant d’une civilisation qui ne tient pas à disparaître. Son film est un cri du cœur, une rencontre entre les mythes qu’on s’invente et les réalités qui, le plus souvent, les détruisent.
Intentionnellement, nous ne parlerons pas des comédiennes et des comédiennes, une pléiade d’artistes impeccables. Bien que Matt Damon (Ulysse) et Anne Hathaway (Pénélope) habitent densément leur personnage.
Le miracle dans ce film, c’est bel et bien que l’original d’Homère semble avoir été écrit pour le cinéaste, et que cette attente depuis des temps immémoriaux cesse son propreodyssée pour rejoindre un 21e siècle, jusqu’ici tortueux.
On pourrait, à la rigueur, avoir des réserves quand, dans un souci d’intégration des différentes minorités actuelles, si importantes de nos jours, certains personnages ne soient pas crédibles quant aux lieux représentés, ce qui n’enlève en rien leur talent. Mais quand même !
Le miracle dans ce film, c’est bel et bien que l’original d’Homère semble avoir été écrit pour le cinéaste, et que cette attente depuis des temps immémoriaux cesse son propre odyssée pour rejoindre un 21e siècle, jusqu’ici tortueux.
En fin de compte, avec The Odyssey, œuvre-phare du cinéma contemporain, Christopher Nolan nous fait prendre conscience de la fragilité et de la grandeur de l’âme humaine, véritables paradoxes de la séduction dans son aspect le plus pur.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Christopher Nolan
Scénario : Christophopher Nolan; d’après le poème épique d’Homère. Direction photo : Hoyte van Hoytema. Montage : Jennifer Lame. Musique : Ludwig Göransson.
Genre(s) Aventures mythologiques Origine(s) États-Unis / Grande-Bretagne Année : 2026 – Durée : 2 h 52 min Langue(s) V.o. : anglais; s.-t.f. & Version française L’Odyssée
Distribution Universal Pictures Contact info. [ Syncopy ]