RÉSUMÉ SUCCINCT Dans un monde futuriste, un chasseur de primes porcin, Hitpig, prend connaissance de sa prochaine mission : retrouver Pickles, un éléphant naïf et exubérant qui a échappé aux griffes d’un millionaire maléfique.
S A N S COMMENTAIRES
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Cinzia Angelini David Feiss
Genre(s) Animation Origine(s) États-Unis / Canada Année : 2024 – Durée : 1 h 25 min Langue(s) V.o. : anglais & Version française Hitpig ! : Le film
RÉSUMÉ SUCCINCT Aïcha, une mère tunisienne douée de rêves prophétiques, vit dans une ferme rurale avec son mari Brahim et ses trois fils. La vie d’Aïcha et Brahim est complètement bouleversée après le départ de leurs fils aînés, Mehdi et Amine, à l’étreinte violente de la guerre.
CRITIQUE Élie Castiel
★★★★
Le retour
du fils
prodigue
Il s’agit d’un film pur, lumineux, sans aspérités, bien au contraire, atteint d’une grâce quasi biblique issue de l’âme. Et pour cadre, une famille du nord de la Tunisie dont la matriarche est déchirée par le départ de deux de ses trois fils pour rejoindre l’État Islamique.
Rien de nouveau à l’horizon, mais magnifique proposition pour illustrer la douleur, la peine, le tourment, le déchirement de ceux qui sont restés, l’espoir au cœur de les voir revenir.
Et c’est une femme qui filme cette histoire familiale. C’est très bien ainsi, puisque son statut génétique lui assure une plus grande ouverture d’esprit, un rapport à l’autre hormis de tout préjugés. Telle une mère montrant son amour inconditionnel. D’où les plans magnifiquement peints de Vincent Gonneville, totalement atteint par les lieux et les personnages, un village montagneux où le soleil semble avoir disparu ou, s’il laisse apparaître une quelconque luminosité, ce n’est que temporaire. Et les humains qui s’y attachent sans condition.
L’innocence provisoire de l’enfance.
Cet état d’esprit entre le narratif et le formel s’inscrit, pour la canado-tunisienne Meryam Joobeur, à qui l’on doit quelques courts métrages, dans une perspective qui lui donne la possibilité d’entamer la fiction pour la première fois en se ressourçant aux codes d’un cinéma du récit.
La mise en scène, parallèles entre retours en arrière (flashbacks) et prises sur le vif, regorge de possibilités, chaque partie développant sa propre langue esthétique. Nul doute que Joobeur est une « femme de cinéma » et cette caractéristique se voit dans chaque plan, cette unité filmique d’une importance capitale pour chaque film qui se respecte.
La poésie atteint parfois des limites insoupçonnées, jusqu’au retour de cet « enfant prodigue », qui voudrait peut-être retourner dans le droit chemin. Qu’est-il arrivé à l’autre ? Aucun discours moral, mais une tentative miraculeuse d’entrer directement dans l’âme et le for intérieur des personnages, sans l’intervention de déclarations sociales mal exprimées, souvent sans fondement et venant directement de l’émotion instantanée.
Parler d’interprétation serait posé un faux jugement, c’est plutôt d’insertion affective, d’état intérieur qu’il s’agit. Cela donne à Là d’où l’on vient, titre on ne peut plus évocateur, son droit légitime d’exister. La fiction n’est pas seulement dans le socle du genre, mais s’inscrit dans une nouvelle aventure filmique, difficile encore à définir, mais en tout cas, fascinante.
Joobeur est également, métaphoriquement parlant, une femme-peintre dont les images en mouvement illustrent ce rapport entre le cinéma et la vie, entre l’énergie inépuisable de l’imagination et ce qu’on peut, en fin de compte, en faire ressortir.
Apparemment, la cinéaste aurait choisi trois vrais frères pour incarner les deux exilés et celui resté derrière. Extraordinaire choix qui donne cette énergie à l’évocation du drame, peut-être même tragédie.
Parler d’interprétation serait posé un faux jugement, c’est plutôt d’insertion affective, d’état intérieur qu’il s’agit. Cela donne à Là d’où l’on vient, titre on ne peut plus évocateur, son droit légitime d’exister. La fiction n’est pas seulement dans le socle du genre, mais s’inscrit dans une nouvelle aventure filmique, difficile encore à définir, mais en tout cas, fascinante.
Scénario : Meryam Joobeur Direction photo : Vincent Gonneville Montage : Meryam Joobeur, Maxime Mathis Musique : Peter Venne
Genre(s) Drame Origine(s) Tunisie / France Canada / Norvège Qatar / Arabie saoudite Année : 2024 – Durée : 1 h 58 min Langue(s) V.o. : arabe; s.-t.f. / s-t.a. Who Do I Belong To Mé el aïn
RÉSUMÉ SUCCINCT Portrait de femmes algériennes autour et en souvenir de la journaliste Imane Chibane.
CRITIQUE Luc Chaput
★★★ ½
Pour l’honneur
des femmes
À Constantine, Razika, poursuivie par les avances d’un automobiliste, est frappée par son véhicule et en meurt.
Voilà un des exemples nombreux d’atteintes au corps et à la dignité des femmes que présente Nadia Zouaoui dans ce long métrage en hommage à la blogueuse féministe algérienne Imane Chibane décédée en février 2019. C’est par des rencontres avec des amies et collègues courageuses de cette pasionaria, issue du même village kabyle que la cinéaste filme entre autres dans un train et dans des grandes et petites villes que l’impact de cette jeune femme est dévoilé.
Une sororité à toute épreuve.
Son caractère, son rire, son sens de la formule et son implication à la fois par de courts vidéos sur des réseaux sociaux et des interventions à la télé s’inscrivent dans un montage enlevé de Nicolas Giroux. La reconstitution partielle du drame décrit en introduction s’inscrit tout naturellement dans ce panorama dans lequel les errements de la structure très patriarcale et les atteintes aux droits de la personne sont dénoncés.
C’est par des rencontres avec des amies et collègues courageuses de cette pasionaria, issue du même village kabyle que la cinéaste filme entre autres dans un train et dans des grandes et petites villes que l’impact de cette jeune femme est dévoilé.
La réalisatrice québécoise d’origine algérienne continue ainsi par ce documentaire son travail de recherche et de constatation sur l’évolution de son pays natal commencé par Le voyage de Nadia coréalisé avec Carmen Garcia disponible sur sa chaîne YouTube. De même, L’Islam de mon enfance sur la montée de la mouvance salafiste dans cette contrée du Maghreb apporte un autre vibrant exposé sur les tiraillements de cette société et dont cette Promesse constitue un témoignage nécessaire que deux jurys de Vue d’Afrique ont reconnu à juste titre.