Il était une fois à Gaza

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Gaza en 2007. Yahya, étudiant rêveur, se lie d’amitié avec Osama, dealer charismatique au grand cœur. Ensemble, ils montent un trafic de drogue, caché dans leur modeste échoppe de falafels. Mais…

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★

 

Il y a, dans Il était une fois à Gaza, une volonté manifeste de raconter l’indicible par le biais du dérisoire. Les frères Arab et Tarzan Nasser, déjà derrière Gaza mon amour, déplacent leur regard vers une fable tragicomique située en 2007, où deux comparses (joués par Nader Abd Alay et Majd Eib) jonglent entre trafic de médicaments et service de falafels avec une désinvolture qui tient autant de la survie que du pied de nez au chaos ambiant.

 

Chroniques falafelliennes

d’un quotidien fracturé 

 

D’emblée, le film séduit par son ton. Cette manière de faire cohabiter humour noir et quotidien fracturé rappelle que, même dans les zones les plus meurtries, l’absurde devient parfois une arme de résistance. Certaines scènes, notamment celles situées dans l’échoppe, dégagent une chaleur humaine indéniable, un sens du détail qui ancre les personnages dans une réalité tangible malgré le contexte politique en toile de fond.

Éviter surtout la figure du double.

Mais là où le bât blesse légèrement, c’est dans cette hésitation constante entre divertissement et charge sociale. Oui, la corruption est évoquée, esquissée à coups de situations ironiques et de figures d’autorité grotesques, mais le film n’ose jamais vraiment plonger les mains dans le cambouis. Il reste à la surface de ses propres ambitions, préférant le sourire en coin à la morsure franche. Quant aux enjeux plus larges — notamment la violence systémique et ce qui relève d’une tragédie collective — ils sont relégués à l’arrière-plan, comme s’ils risquaient de déséquilibrer l’équation narrative.

C’est un film qui divertit avec intelligence, mais qui laisse en suspens l’impression qu’il aurait pu frapper plus fort. Une œuvre attachante, lucide par moments, mais qui choisit finalement la retenue là où l’on espérait un coup de poing.

Sur le plan formel, la mise en scène demeure efficace sans être mémorable. On sent une certaine retenue, presque une prudence, là où un traitement plus viscéral aurait pu donner au récit une ampleur supplémentaire. Le film emprunte aussi, sans grande surprise, les sentiers déjà bien balisés du récit de vengeance, ce qui atténue l’impact de certaines révélations.

Cela dit, il serait injuste de bouder le plaisir qu’il procure. Il était une fois à Gaza fonctionne, souvent même très bien, grâce à la chimie de ses acteurs et à un sens du rythme qui maintient l’attention. C’est un film qui divertit avec intelligence, mais qui laisse en suspens l’impression qu’il aurait pu frapper plus fort. Une œuvre attachante, lucide par moments, mais qui choisit finalement la retenue là où l’on espérait un coup de poing.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Arab Nasser
Tarzan Nasser

Scénario : Arab Nasser, Tarzan Nasser, Marie Legrand. Direction photo : Christophe Graillot. Montage : Sophie Reine. Musique : Amine Bouhafa.

Genre(s)
Comédie dramatique satirique
Origine(s)
Allemagne / France
Palestine / Portugal
Année : 2025 – Durée : 1 h 30 min
Langue(s)
V.o. : arage; s.-t.a. / s.-t.f.
Once Upon a Time in Gaza
Kan Yaman fi Ghaza

Arab Nasser (à gauche)
& Tarzan Nasser

Dist.
FunFilm Distribution
Contact/Prod.
[ The Party Film Sales ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]
Séances très limitées

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Jeunes mères

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Portraits croisés de jeunes femmes devenues mères récemment.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

 

 

Adultes

très tôt

Dans un centre social, une résidente doit sortir pour une rencontre. Une de ses consœurs se propose de la remplacer pour une tâche ménagère prévue.

La séquence se déroule dans ce que l’on nomme une maternelle en Belgique francophone. Cette résidence pour adolescentes enceintes et ayant peu de soutien extérieur leur fournit gîte, aide médicale, sociale et psychologique pour leur permettre de naviguer ce changement de cap majeur. Le scénario des frères Jean-Luc et Pierre Dardenne suit les parcours de quatre d’entre elles.

Les jeunes actrices, ayant récemment pour la plupart atteint ce statut professionnel, réussissent en quelques gestes et paroles à établir leurs individualités et donc leurs façons de réagir aux joies et aux embûches. Les interprètes du personnel d’encadrement, également investies dans le projet, privilégient l’écoute de ces adolescentes considérées par le fait même comme des adultes dans des échanges souvent quasi égalitaires sur des points précis ou plus généraux.

Une prise en charge rassurante.

La cinématographie de Benoît Dervaux emploie habituellement la lumière naturelle dans des plans séquences qui donnent d’autres possibilités d’expressions dans ce long métrage quasi choral. Ce film, peut-être ultime de la fratrie, se distingue de leurs œuvres antérieures telles Rosetta qui mettaient en présence un nombre limité de protagonistes. L’insertion dans l’environnement liégeois habituel donne d’ailleurs lieu à une balade à deux sur un scooter qui évoque entre autres Le gamin au vélo pour son appel conjoint et allègre à la liberté de mouvement.

Les interprètes du personnel d’encadrement, également investies dans le projet, privilégient l’écoute de ces adolescentes considérées par le fait même comme des adultes dans des échanges souvent quasi égalitaires sur des points précis ou plus généraux.

C’est pourtant l’ajout de trente-deux bébés de différents âges pour incarner ces divers poupons et mômes qui pimentent de manière inattendue les interactions, les gestes et les paroles des personnes plus âgées qui les côtoient. Parmi les jeunes actrices bien dirigées et remarquablement douées, il faut pourtant souligner Lucie Laruelle en Perla et dans le groupe de leurs aînées, India Hair, remarquée entre autres dans Le rendez-vous de l’été, dans le court rôle de Morgane, la mère de Jessica. Cette fiction documentaire méritait assurément les prix du scénario et du Jury œcuménique décernés au dernier festival de Cannes.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-Pierre Dardenne
Luc Dardenne

Scénario : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne. Direction photo : Benoît Dervaux. Montage : Marie-Hélène Dozo. Musique : Chanson, L’adieu & Sonate pour piano No 11, de Mozart.

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Belgique / France
Année : 2025 – Durée : 1 h 44 min
Langue(s)
V.o. : français
Jeunes mères

Luc Dardenne (à gauche)
& Jean-Pierre Dardenne

Dist.
Axia Films
Contact/Prod.
[ Goodfellas ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Ma fille tu seras libre

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Zarmina, une Afghane ayant fui un mariage forcé à 15 ans, se retrouve à Montréal. Quinze ans plus tard, elle doit affronter le pacte qu’elle avait signé, forçant sa propre fille à épouser un cousin en Afghanistan.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Bachir Bensaddek

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 30 min
Langue(s)
V.o. : français; s-t.a.
You Will Be Free

Bachir Bensaddek

Dist.
Les Films Opale
Entract Films
Contact/Prod.
[ Caramel Films ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

1 38 39 40 41 42 959