La vénus électrique

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 31 juillet 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une artiste et un peintre éploré se croisent et cela produit des flammèches.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Luc Chaput

★★★ ½

Une employée de fête foraine s’introduit dans la roulotte d’une consœur mieux considérée et y fait une rencontre inattendue.

 

Le théâtre

de la vie

 

L’action se déroule dans les années 20 en région parisienne au moment où le cinéma prenait l’ascendant sur certains autres arts qui l’avaient vu naître aussi dans ce contexte de bonimenteurs. Il commençait à en intégrer la plupart des modes. Le cinéaste et ses deux collaborateurs Benjamin Charbit et Benoît Graffin élargissent la proposition d’une partie de Planetarium de Rebecca Zlotowski dans lequel Salvadori incarnait un metteur en scène de cinéma dans le Paris des années 30.

Quelque chose qui cloche. Va savoir quoi !

Suzanne est sous la coupe de son employeur Titus pour ce spectacle de la Vénus. Elle répète plusieurs fois chaque jour les didascalies d’une performance aux accents stupéfiants. Son improvisation rapide et réussie de médium aux dépens d’Antoine, peintre fortement aviné, lui ouvre une avenue loin des venelles de la banlieue. Elle améliore son rôle poussé par le galeriste Armand et trouve dans le journal de la défunte Irène des éléments qui arrondissent sa représentation de cette personne aimée par le peintre.

Ce texte d’une femme plus délurée qu’elle, évoquant La Ruche et autres lieux de cette métropole artistique, lui donnent des schémas pour des scènes à venir et des répliques aux conséquences inespérées. Le montage d’Anne-Sophie Bion alterne avec élégance les deux vies parallèles qui permettent la création de vrais mensonges. Vimala Pons avec son allant, son bagout, incarne une Eurydice difficile à égaler par la naïve Suzanne.

Le cinéaste et ses deux collaborateurs Benjamin Charbit et Benoît Graffin élargissent la proposition d’une partie de Planetarium de Rebecca Zlotowski dans lequel Salvadori incarnait un metteur en scène de cinéma dans le Paris des années 30.

La reconstitution historique des divers voisinages apparaît crédible avec un accent mis sur le clinquant du spectacle de bateleurs et l’atmosphère plus feutré des échanges dans le marché de l’art. Le cinéaste rend des hommages discrets entre autres à It Happened One Night de Capra et Nightmare Alley de Goulding.

Il offre à ses interprètes un champ des possibles pour leur permettre de briller. Pio Marmaï, complice habituel, prend des risques acrobatiques pour rendre les diverses facettes de cet Antoine en processus de deuil. Anaïs Demoustier apporte sa palette à la fois sombre et lumineuse à cette Suzanne éprise d’une vie meilleure. Gilles Lellouche dévoile lentement les craquelures d’Armand, le galériste et ami d’Antoine. Pierre Salvadori a, dans cette comédie romantique aux accents fantastiques, réussi un hommage assumé à un certain cinéma populaire plus ouvragé qu’il n’en a l’air.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Pierre Salvadori

Scénario : Pierre Salvadori, Benjamin Charbit, Benoît Graffin, Rebecca Zlotowski. Direction photo : Julien Poupard. Montage : Anne-Sophie Bion. Musique : Camille Bazbaz.

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Belgique / France
Année : 2026 – Durée : 2 h 02 min
Langue(s)
V.o. : francais; s.-t.a.
The Electric Kiss

Distributeur
Axia Films

Contact info.
[ Goodfellas ]

Pierre Salvadori
Crédit : @ BrunoMartin

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Musée ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Les Occidentalisés

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 31 juillet 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Face à un blocage créatif, Gilda Pourjabar retourne en Iran pour échanger avec son frère, l’illustrateur Siamak, sur leur rapport à l’art populaire occidental, dans une culture qualifiée d’« occidentalisée » par le régime.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Élie Castiel

★★★ ½

C’est un film intime, personnel, ressemblant à tout et à rien, nourri d’une urgence, d’un défi, certes, d’une intransigeance face à soi-même et, par ricochet, aux images en mouvement. Aller dans les souvenirs d’enfance, dans le cas du frère, né avant 1979, année charnière, se rappeler d’une autre époque, dans le cas de Gilda Pourjabar, par le discours oral, puisque, elle, née durant le régime de Mollahs.

Un certain humour

comme arme de combat

Et quoi de mieux, de plus inspirant, que d’avoir recours au cinéma d’animation, plus proche de la bande dessinée, planche de salut pour son frère Siamak Pourjabbar (non pas une erreur d’orthographe, pour le masculin, le nom de famille prend deux ‘b’ – c’est comme ça).

D’une part pour le côté neutre, que mieux que le penchant fédérateur que procure la BD ou le graphisme dans toute activité artistique, mais dans le même temps, pour se protéger contre toute atteinte à sa vie de la part des autorités.

Le côté archives (photos de famille, actualités, home-movies) n’en est pas moins important. Ce film protéiforme est d’autant plus anarchique qu’il ne paraît, engagé dans une voie presque sans issue d’où il en ressort intacte.

L’humour graphique comme antidote au sérieux du monde.

Plus que tout, nous assistons à une certaine jeunesse iranienne qui a toujours vécu selon une appréciation sincère de la musique, des films et autres disciplines culturelles de l’Occident libre. Par quels détours y arriver à tricher, à ce que les forces des Gardiens de la révolution ne s’en rendent pas compte.

La réalisatrice est présente dans le film. Sa présence lui paraît indispensable puisqu’il s’agit d’un film personnel en même temps qu’une critique politique.

Dommage que l’affaire Mahsa Amini en septembre 2022 ne soit évoquée que partiellement (images d’archives). Idem pour les suites du mouvement étudiant (et intellectuel) ayant provoqué plusieurs morts et faits les manchettes à travers le monde.

Nous sortons de la projection revigorés, scandalisés aussi prenant conscience de la tragédie d’un pays encore en proie à la dictature sanguinaire d’un régime dictatorial dont les fondements sont issus d’un Coran mal interprété.

Le monde, en ce moment, est une poudrière. Le film de Gilda Poujabar nous montre les premiers relents d’une histoire, pour l’instant, sans fin. Un film essentiel pour ceux et celles pour qui le cinéma est aussi et surtout un outil des conscientisation sociale et politique.

Et quand on pense qu’une certaine gauche islamo-gauchiste défend encore ce pays face aux politiques actuelles. Mais nous savons très bien pourquoi !

Le monde, en ce moment, est une poudrière. Le film de Gilda Poujabar nous montre les premiers relents d’une histoire, pour l’instant, sans fin. Un film essentiel pour ceux et celles pour qui le cinéma est aussi et surtout un outil des conscientisation sociale et politique.

Surtout lorsqu’il parvient à éveiller nos neurones collectifs par le biais de l’humour.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Gilda Pourjabar

Idée : Gilda Poujabar. Direction photo : Davood Malek Hosseini. Montage : Gilda Pourjabar. Musique : Kamran Arashnia.

Genre(s)
Documentaire biographique
Origine(s)
Canada / Iran
Année : 2025 – Durée : 1 h 27 min
Langue(s)
V.o. : farsi; s.-t.f.
Gharbzadegi
The Westoxicateds

Distributeur
Enchanté Films

Contact info.
[ FilmsWeLike ]

Gilda Pourjabar
Crédit : @ GoldenApricot

Diffusion
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Sheep in the Box

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 31 juillet 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’arrivée d’un robot-enfant bouleverse la vie d’un couple.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Luc Chaput

★★★

 

Dans une menuiserie nippone, Aiko, vieil employé, coupe des morceaux de bois. Il fait sentir au fils de son patron diverses essences et lui en signale la complexité avant de déclarer que les arbres continuent à vivre après leur mort.

 

La veine du bois

 

À Kamakura, au sud-ouest de Tokyo, l’espace urbain empiète de plus en plus sur la forêt. Une architecte propose de construire une maison moderne au sommet d’une butte déboisée. Otone et Kensuke ont perdu leur fils Kakeru, tué par un chauffard il y a deux ans. Ils reçoivent l’offre d’une compagnie de robotique qu’ils accueillent avec circonspection. L‘arrivée du clone-robot de leur enfant chéri de 7 ans génère des tensions dans ce couple à prime abord désassorti. L’architecte est occupée à concilier propositions audacieuses et goûts changeants des clients alors que son mari dirige une petite entreprise de menuiserie-charpenterie.

Le scénario du cinéaste explore les réactions de l’entourage face à cette nouvelle version du fiston. Tout au long du film, le temps ensoleillé ou à peine nuageux nimbe d’une douce lumière ces pérégrinations captée par Ryūto Kondō, le directeur photo également de Monster.

Une famille tout à fait normale.

La mise en scène précise de Kore-eda intègre des images de disparitions d’enfants. La visite médicale de reconfiguration apporte un indice que le scénario laisse en plan. Comme dans son chef d’œuvre Shoplifters (Manbiki kazoku), le réalisateur dévoile la constitution de nouveaux liens familiaux et les tensions que cela crée dans la parentèle.

Œuvre mineure de ce cinéaste, ce long métrage de science-fiction prochaine rejoint par certains aspects thématiques la vision d’un monde dans lequel l’humain fait partie de la nature que les films du studio Ghibli ont portée à un si haut niveau.

Un humour léger tempère les épisodes de deuil. Les différences physiques et de parcours des deux acteurs principaux, Daigo Yamamoto étant un comique télévisuel et Ayase Haruka une actrice et chanteuse, permettent d’offrir d’autres bases à cette relation triangulaire avec Kakeru 2, interprété avec une grande justesse par Rimu Kuwaki.

Œuvre mineure de ce cinéaste, ce long métrage de science-fiction prochaine rejoint par certains aspects thématiques la vision d’un monde dans lequel l’humain fait partie de la nature que les films du studio Ghibli ont portée à un si haut niveau.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Hirokazu Kore-eda

Scénario : Hirokozu Kore-eda. Direction photo : Ryûto Kondô. Montage : Hirokazu Kore-eda. Musique : Yûta Bandoh.

Genre(s)
Drame de science-fiction
Origine(s)
Japon
Année : 2026 – Durée : 2 h 07 min
Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.a.
Hako No Naka No Hitsuji

Distributeur
Entract Films

Contact info.
[ Elevation Pictures ]

Hirokazu Kore-eda
Crédit : IMDb

Diffusion
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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