Maigret et le mort amoureux

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un célèbre commissaire de la P.J. enquête sur le décès d’un diplomate.

ANGLE
| CRITIQUE |

Luc Chaput

★★★

 

Durant une enquête, Jules Maigret répond rapidement au procureur, en employant le téléphone à clapet d’un de ses détectives, car il préfère les téléphones fixes pour de plus longs entretiens.

 

Trompe-l’oeil

 

Le scénario de Bonitzer actualise ainsi au début du XXIe siècle le roman de Georges Simenon se déroulant vers 1960. Les autres versions en téléfilms français en 1980 et 2003 avec leurs parcs et les moments d’équitation avaient un plus grand déploiement avec des vues sur les grands espaces. Le réalisateur concentre surtout dans le 7e arrondissement le périmètre de l’investigation entre le ministère où travaillait l’ambassadeur et d’autres résidences où se rend le limier en marchant.

Un parfum complexe d’amour platonique de longue haleine perdure en arrière-plan de cette intrigue. La persistance de certaines comportements religieux, de conventions des relations entre les aristocrates ou grands bourgeois et leurs employés de maison se trouve dévoilée et expliquée à demi-mot par les témoins au commissaire venu comprendre les circonstances de ce trépas.

Une ironie qui ne cache guère ses intentions.

La mise en scène du cinéaste oppose les dorures des ministères et des hôtels particuliers aux bureaux plus sobres dans lesquels officient les enquêteurs. Denis Podalydès incarne un Jules Maigret plus mince mais gardant ses autres attributs iconiques et capable d’ironie et même de culot avec certains interlocuteurs. Les relations avec son épouse Louise semblent plus égalitaires que dans les romans et surtout en comparaison d’un couple impliqué dans la tourmente. Anne Alvaro incarne en Jacotte une femme qui a du répondant et l’on peut remarquer dans le rôle de l’abbé Noël Simsolo, historien du cinéma et écrivain, qui apporte une touche différente à la procédure.

La mise en scène du cinéaste oppose les dorures des ministères et des hôtels particuliers aux bureaux plus sobres dans lesquels officient les enquêteurs.

Des mouvements de caméra précis rajoutent une autre teinte à la conclusion de ce court long métrage sur la permanence de certains codes chez ces gens-là.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Pascal Bonitzer

Scénario : Pascal Bonitzer; d’après le roman de George Simenon, Maigret et les vieillards. Direction photo : Pierre Milon. Montage : Monica Coleman. Musique : Alexeï Aïgui.

Genre(s)
Policier
Origine(s)
Belgique / France
Année : 2025 – Durée : 1 h 19 min
Langue(s)
V.o. : français
Maigret et le mort amoureux

Pascal Bonitzer

Dist.
Sphēre Films
Contact/Prod.
[ SBS Productions ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Maya & Samar

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
À Athènes, la liaison torride entre deux jeunes femmes met en danger la vie de l’une, tout en propulsant l’autre vers la célébrité.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Anita Doron

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Canada / Grèce
Année : 2025 – Durée : 1 h 35 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Máya kai Samár

Anita Doron

Dist.
VVS Films
Contact/Prod.
[ Distant Horizon ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
[ Érotisme ]

Miroirs No. 3

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lors d’un week-end à la campagne, Laura, étudiante à Berlin, survit miraculeusement à un accident de voiture. Physiquement épargnée mais profondément secouée, elle est recueillie chez Betty, qui a été témoin de l’accident et s’occupe d’elle avec affection.

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★★

 

Le début du film nous met dans un certain embarras, une sorte de reflexe normal pour tout individu normalement constitué. Expression que le talentueux Christian Petzold a un certain plaisir à nous rendre perplexe, notamment dans le visage qu’exprime Laura (changeante à chaque scène Paula Beer, prenant un malin plaisir à changer de registre).

 

La déroute

 

En cours de route de cet étrange début, avant le terrible accident qui va provoquer la mort de son petit ami (avec qui elle ne s’entendait plus), elle croisera le visage de Betty (très convaincante Barbara Auer), un plan rapide mais ô combien significatif, annonciateur d’un récit aussi étrange qui évoque en quelque sorte le Teorema de Pasolini, mais dans une version plus ou moins alambiquée.

Car à mesure que la narration progresse, on entre dans le drame intime, la comédie dramatique (car il y a quand même des épisodes moins lourds) et un nouveau genre que Petzold semble inventer pour les besoins de son œuvre, une filmographique de la déroute, de l’anti-cohésion, car la vie est ainsi faite.

Qui sont ces gens qui nous regardent ?

Ce que vivent les protagonistes de ce film frappés par le deuil, qu’on devine très vite dans le film demeure que le cinéaste aime bien que les spectateurs sachent lire les images et comprendre ce à quoi il aspire, une sorte de collaboration entre l’assistance et le réalisateur qu’il considère comme des individus qui réfléchissent et analysent.

On assiste à un suspense, certes, mais pas celui des grands moments grand public de ce qu’il représente. Au contraire, un déroulement narratif qui rejoint le quotidien chez chacun des personnages selon le rythme qui donne au film son titre, Miroirs no. 3, en référence au célèbre Miroirs no. 3 – une barque dans l’océan de Maurice Ravel.

D’une part puisque la personne décédée dans cette famille embrouillée savait très bien jouer du piano et qu’elle exprimait ce morceau de Ravel de façon exemplaire ; et hasard, la nouvelle jeune femme (Laura/Paula Beer) qui prend, soi-disant, le relais de la disparue, l’exprime aussi bien.

Ce niveau hautement réfléchi de l’intrigue chez le cinéaste allemand situe le spectateur et le cinéma tout court dans une branche post-moderniste selon lequel le cinéma a encore des balises narratives à inventer.

Le dernier plan, un quasi gros plan sur Laura, souriante comme par conviction, pour la première fois dans le film, nous donne cet lumière intime et, pourquoi pas, chaleureuse, nous rappelant que les plaies peuvent se cicatriser et les nouveaux départs se croiser dans le champ des possibles.

L’œuvre de Christian Petzold, dans toute son ambiguïté, manifeste de ce désir farouche de contrôler l’expérience cinématographique comme un laboratoire expérimental, sujet à des transformations, pratiques, tentatives, quitte à risquer d’être en défaut.

Mais avant tout, l’authenticité de Miroirs no. 3 repose surtout sur le degré de psychanalyse que le scénario et la mise en scène jettent sur les personnages ; chacun à sa façon relevant le défi d’une histoire sur le deuil qu’on essaie d’amadouer pour continuer à vivre.

Le dernier plan, un quasi gros plan sur Laura, souriante comme par conviction, pour la première fois dans le film, nous donne cet lumière intime et, pourquoi pas, chaleureuse, nous rappelant que les plaies peuvent se cicatriser et les nouveaux départs se croiser dans le champ des possibles.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Christian Petzold

Scénario : Christian Peltzold. Direction photo : Hans Fromm. Montage : Bettina Böhler. Musique : Pièces du répertoire classique, dont Ravel, Chopin, et autres, ainsi que des morceaux populaires, pris au hasard des situations.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Allemagne
Année : 2025 – Durée : 1 h 26 min
Langue(s)
V.o. : allemand, s.-t.f. / s.-t.a.
Miroirs Nº 3

Christian Petzold

Dist.
Enchanté Films
Contact/Prod.
[ Films We Like ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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