Les Occidentalisés
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 31 juillet 2026
Face à un blocage créatif, Gilda Pourjabar retourne en Iran pour échanger avec son frère, l’illustrateur Siamak, sur leur rapport à l’art populaire occidental, dans une culture qualifiée d’« occidentalisée » par le régime.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★ ½
C’est un film intime, personnel, ressemblant à tout et à rien, nourri d’une urgence, d’un défi, certes, d’une intransigeance face à soi-même et, par ricochet, aux images en mouvement. Aller dans les souvenirs d’enfance, dans le cas du frère, né avant 1979, année charnière, se rappeler d’une autre époque, dans le cas de Gilda Pourjabar, par le discours oral, puisque, elle, née durant le régime de Mollahs.
Un certain humour
comme arme de combat
Et quoi de mieux, de plus inspirant, que d’avoir recours au cinéma d’animation, plus proche de la bande dessinée, planche de salut pour son frère Siamak Pourjabbar (non pas une erreur d’orthographe, pour le masculin, le nom de famille prend deux ‘b’ – c’est comme ça).
D’une part pour le côté neutre, que mieux que le penchant fédérateur que procure la BD ou le graphisme dans toute activité artistique, mais dans le même temps, pour se protéger contre toute atteinte à sa vie de la part des autorités.
Le côté archives (photos de famille, actualités, home-movies) n’en est pas moins important. Ce film protéiforme est d’autant plus anarchique qu’il ne paraît, engagé dans une voie presque sans issue d’où il en ressort intacte.

L’humour graphique comme antidote au sérieux du monde.
Plus que tout, nous assistons à une certaine jeunesse iranienne qui a toujours vécu selon une appréciation sincère de la musique, des films et autres disciplines culturelles de l’Occident libre. Par quels détours y arriver à tricher, à ce que les forces des Gardiens de la révolution ne s’en rendent pas compte.
La réalisatrice est présente dans le film. Sa présence lui paraît indispensable puisqu’il s’agit d’un film personnel en même temps qu’une critique politique.
Dommage que l’affaire Mahsa Amini en septembre 2022 ne soit évoquée que partiellement (images d’archives). Idem pour les suites du mouvement étudiant (et intellectuel) ayant provoqué plusieurs morts et faits les manchettes à travers le monde.
Nous sortons de la projection revigorés, scandalisés aussi prenant conscience de la tragédie d’un pays encore en proie à la dictature sanguinaire d’un régime dictatorial dont les fondements sont issus d’un Coran mal interprété.
Le monde, en ce moment, est une poudrière. Le film de Gilda Poujabar nous montre les premiers relents d’une histoire, pour l’instant, sans fin. Un film essentiel pour ceux et celles pour qui le cinéma est aussi et surtout un outil des conscientisation sociale et politique.
Et quand on pense qu’une certaine gauche islamo-gauchiste défend encore ce pays face aux politiques actuelles. Mais nous savons très bien pourquoi !
Le monde, en ce moment, est une poudrière. Le film de Gilda Poujabar nous montre les premiers relents d’une histoire, pour l’instant, sans fin. Un film essentiel pour ceux et celles pour qui le cinéma est aussi et surtout un outil des conscientisation sociale et politique.
Surtout lorsqu’il parvient à éveiller nos neurones collectifs par le biais de l’humour.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Gilda Pourjabar
Idée : Gilda Poujabar. Direction photo : Davood Malek Hosseini. Montage : Gilda Pourjabar. Musique : Kamran Arashnia.
Genre(s)
Documentaire biographique
Origine(s)
Canada / Iran
Année : 2025 – Durée : 1 h 27 min
Langue(s)
V.o. : farsi; s.-t.f.
Gharbzadegi
The Westoxicateds
Distributeur
Enchanté Films
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Gilda Pourjabar
Crédit : @ GoldenApricot
Diffusion
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le monde, en ce moment, est une poudrière. Le film de Gilda Poujabar nous montre les premiers relents d’une histoire, pour l’instant, sans fin. Un film essentiel pour ceux et celles pour qui le cinéma est aussi et surtout un outil des conscientisation sociale et politique.