La garde blanche

PRIMEUR
Sortie prévue
Vendredi 26 avril 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT
Exploration des risques grandissants  pour les défenseurs de l’environnement au Mexique.

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★ ½

Ressources

humaines

Dans un village mexicain, un préposé annonce les nouvelles de la journée dont une vente de produits cuisinés par une dame sur le système de haut-parleurs de la communauté.

Ce village, comme bien d’autres agglomérations, semble avoir gardé une allure différente. Mais la recherche effrénée de nouvelles ressources bouscule les rapports de force entre ces communautés autochtones et les grandes industries. Julien Élie, après son remarquable Soleils noirs sur les disparitions massives dans ce pays, examine l’emploi de milices issues de la soldatesque des cartels pour prendre le contrôle de collines, de vallées et de rivières. La cinématographie en scope d’Ernesto Andrés Pardo Ramirez et de François Messier-Rhéault entre dans les forêts, navigue dans les ruisseaux et les affluents et les lacs pour en souligner la beauté puis les changements qui s’y produisent.

Laisser tout derrière soi.

Des citoyens de divers états tels le fermier Roberto de La Rosa sont astreints à déménager loin de leurs terres ancestrales tandis que d’autres familles au loin sont décimées et amenées à vivre sous protection renforcée. Le montage de Xi Feng passe harmonieusement entre les diverses situations, intégrant des réflexions d’auteurs comme Jésus Lemus qui rajoutent un arrière-plan lumineux à ces drames de plus en plus fréquents destructeurs de la nature et des gens.

La riche bande-son de Sylvain Bellemare et l’intrigante trame musicale de Mimi Allard, magnifiquement ouvragées, participent de cette immersion dans la vie de personnes courageuses. Elles sont, tels des canaris dans la mine, directement affectées par des décisions souvent prises au loin dans des pays que nous connaissons.

La riche bande-son de Sylvain Bellemare et l’intrigante trame musicale de Mimi Allard, magnifiquement ouvragées, participent de cette immersion dans la vie de personnes courageuses.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Julien Élie

Scénario : Julien Élie
Direction photo : François Messier-Rhéault, Ernesto Pardo
Montage : Xi Feng
Musique : Mimi Allard

Genre(s)
Documentaire
Origine(s)
Canada
Année : 2023 – Durée : 1 h 49 min
Langue(s)
V.o. : espagnol ; s.-t.f. ou s.-t.a.
The White Guard
La guardia blanca

Julien Élie

Dist. [ Contact ] @
FunFilm Distribution
[ Metafilms ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
 Cinéma du Musée
 Cinémathèque québécoise

Classement
Visa En attente

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Linda veut du poulet !

PRIMEUR
Sortie prévue
Vendredi 26 avril 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT
En réponse à une bourde de sa mère, la jeune Linda exige de manger une recette de poulet spécifique.

Linda attend d’y goûter.

Brefs APERÇUS

< Pour son scénario imaginatif conciliant course-poursuite, relations familiales et amicales complexes dans un déroulé vif et rigolo parsemé d’émouvants moments musicaux ;

< Pour sa représentation d’un milieu contemporain dans lequel chaque personnage est individualisé et capable d’entraide dans un monde difficile ;

< Pour sa direction d’acteurs par Chiara Malta , réalisée en décors extérieurs, qui rajoute un arrière-plan concret aux personnalisations de ces protagonistes animés ;

< Pour la mise en images par Sébastien Laudenbach d’une grande fluidité dans lesquelles les touches de couleur propres à chaque individu évoluent dans un décor à la fois réaliste et fantaisiste ;

< Pour l’irruption de bouffées de souvenirs dans un monde toujours plus happé par l’ici et le maintenant ;

< Pour continuer de suivre les œuvres du couple Malta-Laudenbach après Simple Women et La Jeune Fille sans mains.

[ LC ]
Cote : ★★★ ½

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Chiara Malta
Sébastien Lauderbach

Genre(s)
Animation
Origine(s)
France / Italie
Année : 2023 – Durée : 1 h 16 min
Langue(s)
V.o. : français
S.-t.a. seulement

au Cinéma Moderne
& Cinéma Public
[ Séances très limitées ]

Chicken for Linda

Sébastien Laudenbach
& Chiara Malta

Dist. [ Contact ] @
Corporation Cinéma du Parc
[ Charades ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Rosalie

PRIMEUR
Sortie prévue
Vendredi 26 avril 2024

RÉSUMÉ SUCCINCT
Rosalie est une jeune femme dans la France de 1870 mais ce n’est pas une jeune femme comme les autres, elle cache un secret.

 

Le FILM
de la semaine

 

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★★

Le mari de la

femme à barbe

Quelques années après l’abouti La danseuse, sur la vie de Loïe Fuller, une des rares pionnières de la danse moderne, Stéphanie Di Giusto poursuit sa percée sur les femmes hors du commun, mais le plus intéressant dans cette démarche, leur donnant une aura de normalité qui soit dérange, ou fascine par son côté transgressif, et en quelque sorte, dort en chacun et chacune de nous.

Fascinant récit de cette Rosalie du dernier tiers du 19e siècle, souhaitant malgré sa « différence » mener une vie « normale » et surtout avoir des enfants. On peut plus ou moins deviner la suite. Le mari ne sait rien jusqu’au jour où.

Le côté dramatique du film, Di Giusto a l’air un peu s’en ficher. Et c’est tant mieux. C’est surtout sa magnifique proposition sur la différence qui anime sa réalisation, à la fois fugueuse, au tempérament emporté et, paradoxalement, d’une sérénité et tendresse peu ordinaires.

Des scènes mémorables comme les ébats du couple où les deux genres, dû à la situation, s’enlisent l’un dans l’autre, faisant disparaître en ces quelques moments d’excitation et d’amour sincère, la différence entre les genres.

Un mariage d’amour ou de raison ?

Mais c’est surtout de la condition de la femme, sexuellement, socialement, en rapport avec les autres femmes et les hommes que parlent la réalisatrice. Évitant les discours militants mis en exergue en ces temps actuels, elle déconstruit le tout en proposant non pas un débat sur la question, mais un regard personnel. Sa propre vision des choses, un choix exclusif qui établit les règles même de la politique des auteur(es), un concept de plus en plus rare par les temps qui courent, où la simplicité des discours atteignent parfois des sommets indignes hallucinants.

Il arrive parfois qu’établir des références cinématographiques avec le film dont il est question s’avère une approche négative. C’est le cas de Rosalie, œuvre individualiste, assumant sa différence avec un bonheur lucide, clair, sans ambages. Et Di Giusto, en raison des coscénaristes Alexandra Echkenazi et Sandrine Le Costumer, peut se permettre de le faire.

Mais c’est surtout de la condition de la femme, sexuellement, socialement, en rapport avec les autres femmes et les hommes que parlent la réalisatrice. Évitant les discours militants mis en exergue en ces temps actuels, elle déconstruit le tout en proposant non pas un débat sur la question, mais un regard personnel.

Tout en soulignant la splendeur des images du Franco-Grec Christos Voudouris (Before Midnight), entre le diaphane et les clairs-obscurs.

Et grâce aussi à la présence d’une Nadia Tereszkiewicz, impériale dans ses deux différences, assumant un rôle exigeant avec une force d’esprit et particulièrement une gouaille loin d’être insolente, véritable arme de survie ; une Rosalie qui dérange, puis impressionne, puis…

Mais c’est aussi le portrait d’une société actuelle où l’ignorance règne, ne jure que par le mépris de la différence. Si la découverte du mari, Abel (excellent, comme d’habitude, Benoît Magimel), de la différence de sa femme se transforme avec le temps en quelque chose de véritablement affectif, voire amoureux, c’est en tout cas la preuve que tout est possible. Après tout, n’est-il pas lui aussi, un rescapé de la dernière guerre, lui aussi défavorisé ?

Irrévocablement, à bien y penser, le film souligne également les dissensions sur les orientations sexuelles. Déjà, quelque chose d’important.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Stéphanie Di Giusto

Scénario : Stéphanie Di Giusto
Alexandra Echkenazi, Sandrine Le Costumer
Direction photo : Christos Voudouris
Montage : Nassim Gordji Tehrani
Musique : Hania Rani

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Belgique / France
Année : 2024 – Durée : 1 h 55 min
Langue(s)
V.o. : français
Rosalie

Stéphanie di Giusto

Dist. [ Contact ] @
A-Z Films
[ Gaumont ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
 Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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