Invisibles

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Elizabeth, une danseuse burlesque et travailleuse du sexe, voit sa vie bouleversée par la rencontre d’un client en situation de handicap.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
  Élie Castiel

★★★ ½

 

Strip-teaseuse, travailleuse du sexe, accompagnante sexuelle pour personnes (hommes) atteints d’handicap.

 

Et la tendresse… bordel !

 

Un nouveau regard féminin qui, au cours des décennies, notamment depuis le mouvement des femmes à la fin des années 1960 a changé maintes fois de visage et de mode de pensée. À l’aube de ce second quart du nouveau siècle, une proposition provocante féminine plus que féministe. Où sont rendues les femmes ? semble dire Junna Chif, quelques clips vidéo et un court sujet. Avec Invisibles, comme si on n’existait pas, un premier long métrage plein de promesses, non seulement dû à sa mise en scène camp, totalement libre (on peut comprendre le « interdit aux moins de 16 ans » de l’ex-régie du cinéma qui, en passant, ne semble pas avoir de nom) ; avant tout, Invisibles lance vigoureusement le débat sur la sexualité autant féminine que masculine, et en se lançant dans celle des personnes handicapées – encore une fois, hommes, même si furtivement, une femme elle aussi en état physique défavorisé demande si Elizabeth (excellente Nadia Essadiqi) offre ses services aux femmes – le film ne va pas plus loin.

Le film est aussi un discours sur la sexualité à l’écran et ses diverses manifestations, sur ce qu’on peut montrer, jusqu’où on peut aller, jusqu’à quel point on peut ou pas accepter les demandes des clients et, du coup, Chif reprend un vieux cliché, lorsqu’un client tombe amoureux de l’aidante/travailleuse.

Dépasser les contours de l’expérience charnelle.

Un cliché que nombre de cinéastes avaient abordé au cours des décennies, surtout au siècle derniers – comme exemples, Irma la Douce, du grand Billy Wilder, et le succès planétaire Pretty Woman, de Gary Marshall.

Le cinéma fait des miracles, mais par sa forme transgressive, son filmage à la trash, le format d’image volontairement
2.35 : 1 déconstruit, et la direction d’actrices (et d’acteurs), ces femmes invisibles devient perceptibles, ouvertes au monde, s’inscrivant dans un état d’apesanteur où le corps se libère, flotte dans l’espace social comme, si par magie, rien ne serait plus interdit.

Un film sensible, amoureux, où la tendresse n’est d’autre qu’un sentiment plus généreux que l’amour, puisqu’il est sans conditions.

Le sexe, encore tabou dans notre social quotidien, même si tout le monde y pense constamment, allège le poids, ici, de l’interdit, et les fantasmes n’ont plus de secrets.

Si, dans la fiction, la naïveté précoce de la jeune femme nous paraît par-dessus tout quasi volontaire, pour se donner le droit d’aller de l’avant, elle grandit, s’attendrit avec un des clients et l’histoire d’amour peut se réaliser, ou pas, selon ses convictions.

Junna Chif joue avec les intentions, les promesses d’une autre sorte de vie, et c’est ce qu’on retiendra vraiment de ce film d’apprentissage, sur comment s’occuper de ces délaissés du sexe et de parvenir soi-même à une sorte d’équilibre mental et physique.

Un film sensible, amoureux, où la tendresse n’est d’autre qu’un sentiment plus généreux que l’amour, puisqu’il est sans conditions.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Junna Chif

Scénario : Junna Chif; avec la collaboration d’Isabelle Raynauld. Direction photo : Louka Boutin. Montage : Junna Chif, Auble Foglia, Marie Rodriguez. Musique : Pierre-Philippe Côté.

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 35 min
Langue(s)
V.o. : français
Invisibles

Dist.
FunFilm Distribution
Contact/Prod.
[ Les Films du Récif ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Parc ]
Cinémathèque québécoise

Junna Chif

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
[ Érotisme ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

L’inconnu de la Grande Arche

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un architecte danois remporte un concours pour un grand projet.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

Dessein

LAMINÉ

Pendant la visite d’une église qu’il a complètement conçue, un architecte joue à l’orgue de Bach pour son confrère.

Cet architecte danois, Johan Otto Van Spreckelsen, dit J.O.S., était complètement inconnu lors du dévoilement du gagnant du concours de la Tête-Défense voulu par François Mitterrand pour ancrer ce quartier sis au bout de la perspective historique débutant au Louvre.

Le scénario du cinéaste, basé sur le récit historique de Laurence Cossé, se concentre donc sur le destin de cet architecte qui n’a pas d’agence et qui est professeur dans son pays après des emplois ailleurs. La distance entre l’idéateur de l’Hypercube et l’organigramme technocratique français passe de l’ironie au début lors du dévoilement du lauréat aux relations de plus en plus conflictuelles avec ses interlocuteurs.

La connexion avec le président garde un côté débonnaire. Cette Arche fait partie des grands projets architecturaux (Louvre, Opéra, Bibliothèque) par lesquels il veut assurer son empreinte historique dans la capitale comme plusieurs de ses prédécesseurs chefs d’état.

Chacun réfléchissant à comment trouver un compromis.

L’utilisation du format carré de l’image permet ainsi d’intégrer le visage du dirigeant dans la maquette du Cube qu’il inspecte lors d’une de ses rencontres.

La cinématographie de David Chambille alterne avec doigté les larges perspectives les rues de la capitale et les bureaux peints de dorures ou plus fonctionnels dans lesquels se déroulent ces dialogues à fleurets pas toujours mouchetés.

Swann Arlaud insuffle une teinte d’admiration envers son collègue scandinave à son Andreu, responsable de la réalisation concrète de cette idée. Xavier Dolan, en Subilon, donne un portrait très plausible de ces technocrates nerveux-placides obligés de trouver les argents pour amener à bon port ces bons plaisirs du monarque élu.

Stéphane Demoustier, à partir de ce cas d’espèce encore plein d’ombres sur le protagoniste, a réussi un exposé filmique captivant sur le fardeau des compromis dans la construction d’une œuvre.

Claes Bang, jouant de sa grande stature, rend perceptible la transformation de sa joie (Douce France) vers une déception profonde. Le parcours dans ces lieux, en constructions pas si éloignées dans le temps, est subtilement intégré par le travail de l’équipe aux effets spéciaux de Lise Fischer, gagnante d’un César.

Stéphane Demoustier, à partir de ce cas d’espèce encore plein d’ombres sur le protagoniste, a réussi un exposé filmique captivant sur le fardeau des compromis dans la construction d’une œuvre.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Stéphane Demoustier

Scénario : Stéphane Demoustier; d’après le roman de Laurence Cossé, La Grande Arche. Direction photo : David Chambille. Montage : Damien Maestraggi. Musique : Olivier Marguerit.

Genre(s)
Chronique politico-sociale
Origine(s)
France / Danemark
Année : 2025 – Durée : 1 h 47 min
Langue(s)
V.o. : français
L’inconnu de la Grande Arche

Dist.
TVA Films
Contact/Prod.
[ Le Pacte ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Stéphane Demoustier

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Per Aspera Ad Astra

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un futur proche, l’émergence du système de rêves virtuels Good Dreams permet aux individus de créer et de contrôler leurs rêves.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Yan Han
Channing Huang

Genre(s)
Aventures de science-fiction
Origine(s)
Chine
Année : 2026 – Durée : 1 h 51 min
Langue(s)
V.o. : mandarin; s.-t.a.
Xing He Ru Meng

Han Yan, un des co-réalisateurs

Dist.
Imtiaz Mastan
Contact & Prod.
[ CMC Pictures ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

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