P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 07 juillet 2023
RÉSUMÉ SUCCINCT.
En 1940, dans un village de colons, l’amitié entre Jules, jeune garçon atteint d’une maladie rare de la peau, et Asha, une jeune fille autochtone.
CRITIQUE Luc Chaput
★★★
Dans une grande maison, un adulte autochtone donne à un petit garçon un bracelet pour son poignet.
Dans les années 40, dans un Québec alors encore plus plein de forêts giboyeuses, une infirmière et son fils Jules arrivent en hiver chez son frère, homme influent de la place. L’oncle Jovite assigne une grande chambre au grenier à cet enfant qui a une maladie de peau.Suite
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 07 juillet 2023
RÉSUMÉ SUCCINCT. Divorcé, Jacques tient seul une petite cave à vins, au bord de la faillite. Hortense, engagée dans l’associatif et déterminée à ne pas finir vieille fille, entre un jour dans sa boutique et décide de s’inscrire à un atelier dégustation.
CRITIQUE Élie Castiel
★★★
Homme de théâtre et, pour le cinéma, faisant en sorte qu’il s’agit d’un art populaire pimenté de petites trouvailles en matière de mise en scène. Ici, plus connu pour L’étudiante et Monsieur Henri, sa propre adaptation à l’écran d’une de ses pièces.
Pour cette dégustation, un personnage hors-norme, le Vin, ses parfums, ses particularités, ses prises de position, son amertume parfois, ses coups de gueule, ses débauches.
Et les autres, les personnages, ceux et celles qui le goûtent et qui nous font penser étrangement à leur substitut Dyonésien de la mythologie grecque.
Ce rapport est bien illustré dans La dégustation, justement dans la séquence où quelques convives s’animent pour se délecter de ce produit et, par accoutumance, se livrer à des paroles aussi drôles que tâtant le dramatique. Jouant avec les registres de l’art dramatique, ici se servant du cinéma.
S’enivrer de tendresse
Et si on essayait ?
Effectivement, cette partie du film révèle la vraie signification du film dont il est question, une drôle d’histoire d’amour entre un homme et une femme au milieu de leur existence, métaphore avec la durée d’un vin avant qu’il n’arrive à sa pleine maturité, atteignant ainsi son apogée.
Si d’une part, Calbérac tente par tous les moyens d’éviter le côté théâtral de l’entreprise, force est de souligner qu’il compte quand même et davantage sur l’apport des deux vedettes principales – quelque chose que l’art dramatique, le jeu sur scène épie depuis que cet art existe.
Isabelle Carré, comme d’habitude, s’inscrit dans un terrain d’interprétation qu’elle maîtrise avec le plus grand soin, aussi vulnérable que battante, s’inventant des univers qui n’existent sans doute pas, s’enivrant de tendresse pour saisir « le moment »
Aucune fausse note (ou presque) dans ce film, drôle, émouvant, sincère, d’une tendresse peu ordinaire qu’on suit sans aucun moment d’ennui.
Et Bernard Campan, jamais aussi parfaitement « parfait », déambulant de scène en scène avec une assurance inusitée. Dévoilant finalement sa déchirure, son âme tragiquement blessée, pour finalement (re)trouver ce qu’il lui manquait, sans qu’il s’en rende vaiment compte. Ou sans doute que oui. Dans la fiction cinématographique, des méthodes rarement vues pour déguster le vin, pour apprécier sa véritable saveur, ses penchants qui nous échappent. Un cours pédagogique que le réalisateur se permet en toute connaissance de cause.
D’autre part, comment ne pas souligner le jeu du jeune Mounir Amamra (Steve) qui confirme jusqu’à quel point les comédiens et les comédiens aux origines issues de l’immigration, notamment nord-maghrébine, s’avèrent d’excellents interprètes.
Aucune fausse note (ou presque) dans ce film, drôle, émouvant, sincère, d’une tendresse peu ordinaire qu’on suit sans aucun moment d’ennui.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation Yvan Calbérac
Scénario Yvan Calbérac Direction photo Philippe Guilbert Montage Véronique Parnet Musique Laurent Aknine
Ivan Calbérac. En terrain connu.
Genre Comédie dramatique
Origine France Année : 2021 – Durée : 1 h 32 min Langue(s) V.o. : français La dégustation
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 07 juillet 2023
RÉSUMÉ SUCCINCT. À Téhéran, un homme et une femme découvrent par hasard qu’un autre couple leur ressemble trait pour trait.
Le FILM de la semaine
CRITIQUE Pascal Grenier
★★★ ½
Peu connu au Québec, le cinéaste Mani Haghighi jouit pourtant d’une réputation mondiale comme étant un des réalisateurs iraniens les plus intéressants du 21è siècle. Ce dernier a d’ailleurs fait ses études universitaires au Canada dont un B.A en philosophie de l’Université McGill en 1991 avant de se tourner vers le cinéma au début du nouveau centenaire.
Il s’est imposé comme une valeur sûre sur la scène internationale avec des films comme Le Dragon arrive / Ejdeha Vared Mishavad! et Pig / Khook. Son huitième long métrage est un thriller intelligent et un bel exemple de cinéma d’auteur qui flirte avec différents genres. Ça débute comme un drame psychologique avec une possible liaison extra conjugale avant de bifurquer vers un cinéma fantastique réaliste et un suspense proche du film noir.
Faux-semblants
Confronter l’autre, qui se cache derrière la porte.
Moins expérimental que certains de ses films précédents, le cinéaste parvient à garder l’équilibre de ce foisonnement de genres avec brio. Les comédiens, dont l’excellent Navid Mohammadzade dans un double rôle, se prêtent au jeu avec la conviction voulue. En revanche, on peut reprocher un côté manichéen dans l’agencement narratif qui relève presque du film à concept. Mais heureusement, le récit finit tant bien que mal par former un tout uniforme de façon convaincante.
Et à travers ce jeu de miroirs, on peut déceler un sous-texte social et politique de gens qui sont contraints de vivre avec une double identité dans les théocraties encore en vigueur aujourd’hui. C’est peut-être là où le film prend tout son sens et puise son essence d’un cinéma nécessaire et essentiel dans le panorama du monde actuel.
Dans un Téhéran où il pleut sans cesse, la caméra de Haghighi se promène entre ce couple et son « clone » dans un chassé-croisé où ce dernier laisse planer des zones d’ombres. Il joue habilement avec plusieurs genres alors que sa rhétorique trouve son équivalent dans la peur et cette tension qui habitent les personnages et leur désespoir qui en découple.
Et à travers ce jeu de miroirs, on peut déceler un sous-texte social et politique de gens qui sont contraints de vivre avec une double identité dans les théocraties encore en vigueur aujourd’hui. C’est peut-être là où le film prend tout son sens et puise son essence d’un cinéma nécessaire et essentiel dans le panorama du monde actuel.