The King’s Man

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Au début du XXe siècle, un aristocrate britannique s’implique dans la lutte contre une organisation belliciste occulte.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Secrets

rocambolesques

Durant la Première Guerre mondiale, Conrad, l’enfant unique du duc d’Oxford, contre l’avis de son père, s’enrôle comme simple soldat dans l’armée britannique.

   Le réalisateur Matthew Vaughn avait réussi à adapter en 2014 la bande dessinée éponyme de Mark Millar et Dave Gibbons dans un long métrage Kingsman: The Secret Service qui offrait des variations intéressantes sur les services secrets depuis l’arrivée du phénomène James Bond. Le deuxième opus The Golden Circle, en introduisant un pendant américain à cette organisation, avait connu beaucoup moins de succès car il contrôlait difficilement ses aspects extravagants.

   Le titre de cet opus sépare les deux termes, reflet de l’amitié entre le duc d’Oxford et le roi George V auquel Tom Hollander donne une bonhomie guindée. Une tragédie familiale plombe les relations entre le duc Orlando et son fils. En Orlando, Ralph Fiennes allie une prestance naturelle avec de bonnes qualités physiques dans les nombreuses scènes d’actions auxquelles il participe avec entrain, aidé de ses deux serviteurs et amis Polly et Shola joués avec assurance par Gemma Arterton et Djimon Hounsou.

Une confiance qui se traduit par l’offrande calculée d’une arme.

   Vaughn et son coscénariste Karl Gajdusek se réapproprient certains moments importants des premières vingt années du XXe siècle pour y insérer l’histoire de la création de ce bureau privé de renseignements et d’actions surnommé Kingsman en fabulant sur l’implication d’une organisation belliciste secrète pour expliquer le tour encore plus catastrophique qu’ils auraient pu prendre.

La mise en scène efficace de Vaughn amène le spectateur dans un théâtre d’ombres grand-guignolesques d’il y a environ un siècle dont il lui faudra ensuite distinguer le vrai du faux.

   Le caractère mortifère et héroïque du grand conflit mondial est mis en évidence dans des séquences mettant en scène l’odyssée de Conrad et qui reconnaissent l’impact de 1917 de Sam Mendes dans cette représentation. Rhys Ifans s’en donne à cœur joie pour être un Raspoutine éminemment plausible dans son étrangeté diabolique. Plusieurs des combats rapprochés en mettent plein la vue, chorégraphiés avec grand art par Bradley James Allan récemment décédé. La mise en scène efficace de Vaughn amène le spectateur dans un théâtre d’ombres grand-guignolesques d’il y a environ un siècle dont il lui faudra ensuite distinguer le vrai du faux.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Matthew Vaughn

Scénario
Matthew Vaughn

D’après la BD The Secret Service
de Mark Millar & Dave Gibbons

Direction photo
Ben Davis

Montage
Jason Ballantine

Robert Hall

Musique
Dominic Lewis

Matthew Margeson

Genre(s)
Action

Origine(s)
États-Unis
Grande-Bretagne

Année : 2021 – Durée : 2 h 11 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f. / Version française

The King’s Man : Première mission

Dist. [ Contact ] @
20th Century Studios

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

[ Violence ]

Diffusion @
Cinéma du Parc
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Matrix Resurrections

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Le film nous replonge dans deux réalités parallèles – celle de notre quotidien et celle du monde qui s’y dissimule.

SANS
COMMENTAIRES.

POUR VOTRE INFORMATION
Pour des raisons que nous échappent, n’étant plus dans la liste

des médias accrédités de la Warner Bros. (bureau de Toronto),
nous ne couvrirons plus les films de cette maison de distribution.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Lana Wachowski

Genre(s)
Science-fiction

Origine(s)
États-Unis

Année : 2021 – Durée : 2 h 28 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

La matrice : Résurrections

Dist. [ Contact ] @
Warner Bros. Canada

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

The Tragedy of Macbeth

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Un seigneur écossais est convaincu par un trio de sorcières qu’il deviendra le prochain roi d’Écosse. Son ambitieuse épouse le soutient dans ses plans de prise du pouvoir.

CRITIQUE.

★★★★

texte
Élie Castiel

Il y a dans The Tragedy of Macbeth, une sorte de prédestinée annoncée par l’une ou peut-être les trois sorcières de l’écrit de Shakespeare. Comme si Joel Coen était tenu de signer l’adaptation cinématographique en solo. Comme un signe des Dieux.

   Il y a aussi dans The Tragedy of Macbeth, quelque chose qui évoque Orson Welles, sans doute Dreyer et pourquoi pas, sans regrets, Ingmar Bergman. Ce côté tragique empreint de la tragédie grecque antique et qui, mis en perspective, se transforme en art. Notamment lorsqu’il s’agit d’une relecture, d’une quasi-déconstruction du récit shakespearien où tout est permis, même le concept le plus élémentaire. Pour créer quelque chose de nouveau tout en maintenant un certain équilibre essentiel avec l’œuvre originale.

   Dès les premières images telles que véhiculées par Coen (encore une fois, seulement Joel), un rendez-vous avec la mise en scène théâtrale rendue cinématographique grâce aux exploits étourdissants du Français Bruno Delbonnel (entre plusieurs autres, Faust d’Alexandre Sokourov, en 2011) ; un dialogue effervescent avec les ombres et la lumière, avec ce clair-obscur où jaillissent les zones d’ombres, les contrastes avec celles claires qui, justement, font la tragédie.

La morale épurée du plan

Pour un symétrie irrévocable de la tragédie.

   La rédemption se trouve dans l’ultime geste que Coen présente à sa façon selon les codes du théâtre shakespearien. Le sang est présent, non pas suggéré comme dans la tradition grecque. Quelque chose qui a à voir avec les terres nordiques, comme l’Écosse médiévale dont il est question dans Macbeth.

   La transition entre les différents actes donne à cette proposition minimaliste un effet plutôt « miroir » qui opère magnifiquement bien, ne s’embarrassant guère de détails redondants ou très explicatifs. Joel Cohen a le sens inné de l’épuré, de l’ébauche accomplie où le sens demeure palpable malgré tout.

Et un plan final qui confirme que malgré sa théâtralité totalement assumée, le film de Joel Coen affirme également, impérieusement, sa plus fidèle allégeance cinématographique.

   Deux présences remarquables. Celle d’abord de Denzel Washington qui fait tous ses efforts pour rendre « son » Macbeth aussi puissant que crédible. Quelques trébuchements, certes, mais réussite en fin de parcours. Et celle par qui le scandale (plutôt le meurtre) arrive, Lady Macbeth, souverainement associée au corps d’une extraordinaire comédienne, Frances McDormand. Reine assoiffée de pouvoir, femme fatale, épouse amoureuse malgré tout. Et dans la peau de McDormand, une épiphanie tragique qui se concrétise dans la séquence magique de l’hypnose annonciatrice, une sorte de révélation.

   Et un plan final qui confirme que malgré sa théâtralité totalement assumée, le film de Joel Coen affirme également, impérieusement, sa plus fidèle allégeance cinématographique. Le plan n’est plus seulement une question de morale ; ici, il évite sournoisement les contours sinueux de l’ellipse. Visuellement impeccable.

 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Joel Coen

Scénario
Joel Coen

D’après la pièce de Shakespeare

Direction photo
Bruno Delbonnel

Montage
Joel Coen

Lucian Johnston

Musique
Carter Burwell

Genre(s)
Drame

Origine(s)
États-Unis

Année : 2021 – Durée : 1 h 45 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

La tragédie de Macbeth

Dist. [ Contact ] @
Cineplex Pictures

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

En salle(s) @
Cinéma du Musée

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 739 740 741 742 743 962