Laurent Cantet,
le sens du collectif
RECENSION.
[ Cinéma ]
★★★★
texte
Élie Castiel
Le discours
de « sa » méthode
Il n’appartient qu’à lui, c’est son propre procédé de travail. Laurant Cantet ou le cinéma des apparences et de tout ce que ces simulacres cachent comme accents de vérité. Comme le souligne intelligemment Marilou Duponchel dans son essai d’introduction à Laurent Cantet, le sens du collectif, « Dans Arthur Rambo, qui fait écho à l’affaire Mehdi Meklat, le jeune Karim D. … est à l’image d’une France qui se rêve en nation réconciliée, égalitaire, affectionnant les histoires d’ascension social, les itinéraires miraculeux de fils d’immigrés, banlieusards devenus fiertés de la nation, ou comme ici petit génie de la littérature. » (p. 13) Et pourtant, un portrait qui se brise en mille morceaux à la suite de messages sur Twitter qui puent la misogynie, l’antisémitisme et l’homophobie. Et, j’ajouterais, qu’actualité oblige (présidentielles en France), le discours ne demeure que plus fascinant.
Belle leçon de réflexion qui pousse le spectateur le moindrement émotif à se questionner non seulement sur les libertés (extrêmes) acquises dans l’utilisation des réseaux sociaux, mais bien plus, à remettre en cause le politique et le social. L’essai de Duponchel magnifie avec brio l’ossature narrative complexe de Cantet.
Laurent Cantet valide un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. L’insigne « auteur » confirme toute son exubérante et complexe modernité.

Laurent Cantet valide un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. L’insigne « auteur » confirme toute son exubérante et complexe modernité.
Il va de soi que l’auteur ne peut pas prétendre parler de tout ce qui s’est fait en vidéo au Québec. Mais il a une expérience concrète du phénomène, en particulier durant les années 80-90. Dans les faits, Jean Gagnon est certainement l’auteur le plus qualifié pour rédiger cette partie de l’histoire de l’« art vidéographique » (comme il le dit lui-même) au Québec. Ainsi, il a été directeur des collections de la Cinémathèque québécoise. Puis, on le retrouve au Conseil des Arts du Canada, et au Musée des Beaux-Arts du Canada où il est le Conservateur des arts médiatiques; à ce titre, il va programmer de la vidéo d’art (avec très souvent des programmes papier), le tout entre 1988 et 1998. Jean Gagnon poursuit son travail en étant, actuellement, le Président du conseil d’administration de la revue Ciel variable tout en travaillant au Centre d’accès et de distribution d’art vidéo V/Tape. Cette connaissance du terrain va donc lui permettre de nous donner une grande quantité d’informations sur l’histoire générale de cette discipline artistique.
« Et moi, je traverse un pont… Encore. » (p. 133) L’auteure ne peut échapper à sa condition. Autre, femme avant tout, créatrice, amoureuse des mots.