L’eau chaude, l’eau frette

RECENSION.
[ Scénario ]

★★★

texte
Pierre Pageau

La littérature sur le cinéma au Québec ne nous a pas souvent donnés des scénarios.  On se souviendra que Pierre Perrault a produit les siens, en particulier pour sa trilogie de L’Isle-aux-Coudres; Denys Arcand a fait la même chose pour quelques-uns de ses films.

   Comme c’est le cas pour la plupart de ces publications, il s’agit ici de fac-similés du scénario original. L’ouvrage nous propose en effet la version originale, telle que conservée par la Cinémathèque québécoise; le texte intègre de légers ajustements survenus avec la version restaurée de 2020 par Éléphant. Et, pour notre plus grand bonheur, on a cru bon d’ajouter des illustrations d’Isabelle Guimond.

Au gré

des péripéties

Impossible cependant de ne pas ressentir un grand MANQUE à la lecture de ce livre : celui du film lui-même. Il compte a une telle fulgurance visuelle, poétique, que ce scénario ne peut que seulement suggérer. Il nous engage probablement à revoir le film.

Suite

Mad Max,
au-delà de la radicalité

RECENSION.
[ Essais-Cinéma ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel

Une obsession 

de la finalité

De ses origines helléniques, puisque nombreux sont ceux qui savaient déjà que son vrai nom est George Miliotis (Yorgos Miliotis en grec), le réalisateur iconoclaste australien conserve cette tendance vers le tragique, comme une malédiction des Dieux portée sur les Hommes et qu’on retrouve dans cette série d’essais autour du personnage de Mad Max.

   Entre l’œuvre originale, Mad Max (1979) – au Québec, Bolides hurlants, et le quatrième épisode, Mad Max: Fury Road (2015) – Au Québec : Mad Max : La route du chaos), des années de pauses pour tourner d’autres films, sans rapport avec la franchise, sauf sans doute dans le cas de Babe, dû sans doute à son discours social. Un fait à remarquer, dans ce dernier chapitre de Mad Max, il propose à sa compatriote Eleni Karaindrou de collaborer à la partition musicale, s’ajoutant à celle de Junkie XL. Karaindrou, une habituée des films du regretté Theo Angelopoulos, comme vous le devinez, lui aussi Grec.Suite

BDQ
Histoire de la bande dessinée au Québec

RECENSION.
[ Histoire culturelle ]

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Un arbre aux multiples

feuilles ornées de bulles

La bande dessinée au Québec connaît actuellement un âge d’or avec des éditeurs comme La Pastèque et des artistes tels Guy Delisle et Michel Rabagliati. Son histoire est pourtant longue et complexe et ce gros bouquin, par Michel Viau, version refondue de l’édition de 20014, en est la démonstration la plus évidente.

   Michel Viau, professeur, collectionneur et auteur du BDQ : Répertoire des publications de bandes dessinées au Québec des origines à nos jours en 1999 commence son récit après la Conquête de 1760 puisque des journaux sont alors publiés. En 1792, à Québec, une affiche électorale avec des dessins contenant des phylactères et des légendes est publiée. Elle serait la première de ce type en langue française. Les dessins légendés sont ensuite plus nombreux et des illustrateurs tels Henri Julien deviennent célébrés. Au XXXe siècle, les journaux publient de plus en plus des séries mettant en vedette des personnages du cru comme Le Père Ladébauche et Timothée. L’arrivée des comics américains est favorisée par la création d’organisations de vente appelées syndicates qui réduisent les coûts pour les journaux.

   L’emprise de la religion catholique amènera, comme pour le cinéma, à de nombreuses campagnes contre l’influence des comics sur la population. L’offre par les organisations catholiques de bandes dessinées pour les jeunes dans les revues Claire et François connaîtra un certain succès que décrit comme pour les autres étapes l’auteur avec moult exemples. Le style est vif et informatif. Le livre divisé en neuf chapitres comprenant chacun plusieurs sections est complété par une bibliographie et un index complet qui permet de retrouver facilement les Raoul Barré, Albéric Bourgeois et Albert Chartier qui ont œuvré avec bonheur dans ce domaine artistique.Suite

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