René-Lévesque.
Quelque chose comme un grand homme
RECENSION.
[ Bande DESSINÉE ]
★★★ ½
texte
Luc Chaput
Le dessein d’un homme
Un journaliste devient homme politique, chef d’un parti porteur d’un grand projet de changement de société. Il connaît des réussites et des échecs. Cela pourrait être un long métrage biographique comme nous, cinéphiles, en avons souvent regardé. Ce livre est un survol similaire en treize chapitres de bandes dessinées, œuvres de treize illustrateurs différents. Le scénario de l’éditeur, professeur et auteur Marc Tessier s’appuie sur une bibliographie conséquente et vise à faire lire et donc entendre pour certains les paroles de René Lévesque. Les épisodes choisis vont de l’horreur (Dachau) au drame collectif ou personnel. Une grande place à plusieurs reprises est donnée aux collaborateurs et amis que ce soit pour l’émission Point de mire que dans la bataille pour la nationalisation de l’hydro-électricité. La chronique de ce fait d’armes, avec ses tractations et ses longues discussions, prend près de 50 pages et donc pas loin du cinquième du livre. Elle en constitue le noyau majeur.Suite

Kipnis défend ses idées et le fait avec panache. Face à un texte de seulement soixante-dix pages, nous nous sommes permis de le relire avec, comme point saillant le constat que l’auteure (je n’aime pas le terme autrice – On dit bien docteure et non pas doctrice, alors pourquoi pas. Cessons de perdre notre temps avec des technicalités sans importance, du moins en ce qui nous concerne) fait de ce mouvement intellectuel : la transgression est devenue (malheureusement ?) une activité démocratique. À tel point, que des victimes ont vu le jour, devenant elles-mêmes, parfois, des pourfendeurs de ceux qui bousculent l’ordre établi. La droite contre la gauche, mais à échelle de masse. Plutôt inquiétant.