Le réalisme magique du cinéma chinois

RECENSION.
[ Essai-Cinéma ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel

Sinologue non seulement par choix, mais à en juger par le livre de Hendy Bicaise, critique de cinéma et cofondateur du site Accreds.fr et coauteur du livre Contes de l’au-delà, le cinéma de M. Night Shyamalan (Vendémiaire, 2015), un intérêt particulier pour le cinéma de ce pays, longtemps voué aux interventions occidentales le plus souvent modestes, puis suivies d’un soudain éclat dans le milieu festivalier, pour finalement devenir un cinéma cinéphile au sens large du terme.

Films d’auteurs, films de genre, fictions autant que documentaires; à travers cette panoplie d’identités cinématographiques, le regard étranger cherche à comprendre l’isolement physique et culturel d’une nation qui offre le plus souvent une cinématographie axée sur une réflexion profonde autour de la condition humaine.

Je dois avouer ne pas être un inconditionnel du cinéma chinois. N’ayant pas trouvé preneur pour la recension du Réalisme magique du cinéma chinois, je me suis imposé le défi de le lire, bien sûr, et d’en tirer mes conclusions. Je suis surpris!

Parcours

de

combattants

Suite

L’homme de paille :
L’instrumentalisation du racisme, des
libertés publiques et de Monsieur Patate

RECENSION.
[ Sociopolitique ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel

« Rêveries

d’un

promeneur

solitaire »

D’entrée de jeu, on constate, et on peut bien le comprendre, que Frédéric Bérard a une prédilection pour Albert Camus, lui le Français, dont, entre autres, le catholicisme n’est pas nécessairement une foi, mais un rapport philosophique au monde, et Hannah Arendt, elle la juive-allemande, rescapée de la Shoah et qui a fait de cette expérience un récit existentiel sur la notion du mal. Deux colonnes de la pensée du XXe siècle, un moment de l’Histoire où malgré les tragédies encourues, était équipé de têtes pensantes, d’homme et de femmes totalement inspiré(es) pour combattre intellectuellement les tares et vicissitudes de leur époque.

Mais L’homme de paille est un essai bien vivant, l’esprit du livre est contemporain, même très proche de notre actualité québécoise, un journal de bord s’étalant de février à décembre 2021, et pas nécessairement par ordre chronologique. Suivant un rythme particulier bien bérardien, une « mise en scène » inspirée des états d’âme, d’incidents de parcours, de faux pas et autres incidences névralgiques de nos élites, nos penseurs qui nous gouvernent, mais souvent s’improvisent.Suite

Laurent Cantet,
le sens du collectif

RECENSION.
[ Cinéma ]

★★★★

texte
Élie Castiel

Le discours

de « sa » méthode

Il n’appartient qu’à lui, c’est son propre procédé de travail. Laurant Cantet ou le cinéma des apparences et de tout ce que ces simulacres cachent comme accents de vérité. Comme le souligne intelligemment Marilou Duponchel dans son essai d’introduction à Laurent Cantet, le sens du collectif, « Dans Arthur Rambo, qui fait écho à l’affaire Mehdi Meklat, le jeune Karim D. … est à l’image d’une France qui se rêve en nation réconciliée, égalitaire, affectionnant les histoires d’ascension social, les itinéraires miraculeux de fils d’immigrés, banlieusards devenus fiertés de la nation, ou comme ici petit génie de la littérature. » (p. 13) Et pourtant, un portrait qui se brise en mille morceaux à la suite de messages sur Twitter qui puent la misogynie, l’antisémitisme et l’homophobie. Et, j’ajouterais, qu’actualité oblige (présidentielles en France), le discours ne demeure que plus fascinant.

   Belle leçon de réflexion qui pousse le spectateur le moindrement émotif à se questionner non seulement sur les libertés (extrêmes) acquises dans l’utilisation des réseaux sociaux, mais bien plus, à remettre en cause le politique et le social. L’essai de Duponchel magnifie avec brio l’ossature narrative complexe de Cantet.

Laurent Cantet valide un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. L’insigne « auteur » confirme toute son exubérante et complexe modernité.

Suite

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