Exit 8
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 10 avril 2026
Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. S’il en voit une, il fait demi-tour. S’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ.
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★ ½
Il y a des films-concepts qui intriguent d’emblée, des dispositifs minimalistes qui promettent une expérience sensorielle forte, voire hypnotique. Exit 8, adaptation d’un jeu vidéo japonais au principe pourtant simple et efficace, semblait appartenir à cette catégorie. Or, ce qui devait être une boucle fascinante se transforme rapidement en un cercle vicieux, où la répétition n’est jamais transcendée, seulement subie.
Tourner en rond
jusqu’à l’épuisement
Le personnage principal erre dans ce couloir de métro sans fin, condamné à observer, répéter, analyser chaque détail. L’idée, sur papier, a de quoi séduire : jouer avec la perception, débusquer les anomalies, faire naître un malaise diffus. Mais le film s’enlise dans son propre mécanisme. Les variations sont trop minces, trop timides, et finissent par donner l’impression que le récit piétine plutôt qu’il ne progresse. À force de revenir au point de départ, Exit 8 ne crée pas une tension croissante, mais une lassitude presque mécanique.
La répétition sonore n’aide en rien. La musique, les ambiances, jusqu’aux paroles du protagoniste qui commente inlassablement ce qu’il voit, finissent par devenir irritantes.

La monotonie du sens de l’orientation.
Ce qui aurait pu être une expérience immersive se transforme en une boucle auditive monotone, où même le travail pourtant soigné du concept sonore devient contre-productif.
On pourra toujours y lire une métaphore de l’aliénation moderne : l’enfermement psychologique, la pression constante des espaces urbains saturés, ou encore l’impression d’être coincé dans une routine déshumanisante. Mais ces pistes restent à l’état d’esquisses, jamais pleinement exploitées. Le film effleure ses idées sans les creuser.
Au final, on se retrouve devant un exercice de style un peu creux, qui confirme, une fois de plus, que le passage du jeu vidéo au cinéma demeure un terrain glissant, souvent plus proche du faux pas que de la révélation.
Privé de véritable montée dramatique et d’un sentiment d’urgence, Exit 8 peine à instaurer un suspense durable. Même son versant cauchemardesque manque d’audace, comme s’il n’osait jamais basculer dans l’inconfort total. Au final, on se retrouve devant un exercice de style un peu creux, qui confirme, une fois de plus, que le passage du jeu vidéo au cinéma demeure un terrain glissant, souvent plus proche du faux pas que de la révélation.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Genki Kawamura
Scénario : Genki Kawamura, Hirase Kentano; d’après le jeu vidéo de Kotake Create. Direction photo : Keisuke Immamura. Montage : Sakura Seya. Musique : Shouhai Amimori, Yasutaka Nakata.
Genre(s)
Suspense fantastiques
Origine(s)
Japon
Année : 2025 – Durée : 1 h 35 min
Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.a.
8: Ban Deguchi

Genki Kawamura
Dist.
Entract Films
Contact/Prod.
[ Elevation Pictures ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
